Protégeons nos enfants, nos familles de la bêtise et de la violence

Le 27 juillet 2016, nous avions rencontré la représentante du ministère des Familles, des Femmes et des enfants. Ce rendez-vous avait pour objectif de présenter l’association et de décliner, ce qui nous semblaient essentiels, selon les trois problématiques : Familles, Femmes, Enfant

Ces éléments étaient d’ailleurs inclus dans notre premier manifeste écrit en 2013. Et aussi dans la quatrième et dernière partie « Repenser l’organisation juridique et le cadre éthique. Stop aux incompréhensions, place à la réflexion » de notre manifeste actualisé en 2016.

En 2016, lors du rendez-vous au ministère des Familles, des femmes et des enfants, nous avions beaucoup insisté sur la nécessaire protection que l’Etat, devait apporter aux enfants nés grâce à une AMP, vis à vis des propos, des images tenus par les « anti-pma », car nous savions qu’ils allaient revenir un jour ou l’autre. Nous avions insistés sur la violence que pouvait ressentir les enfants en âge de comprendre les propos qui étaient hurlés dans les rues, les visuels distribués et affichés. Nous ne voulions pas revivre les violences symboliques, verbales, visuelles entendues et vues en 2011-2012 : « les enfants nés par AMP, sont des enfants avec des problèmes psychologiques. Ces enfants ne sont pas normaux. L’AMP c’est contre nature, pour les homo comme pour les hétéro, Etc….. »

Ce week-end les « anti-pma » sont revenus en force et en violence avec une affiche, un tract, insultant nos enfants ! Dans les médias, ils avaient de nouveau beaucoup de place, depuis quelques temps déjà (suite à l’annonce début septembre par la secrétaire d’état « chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes » de l’ouverture de l’AMP à toutes les femmes) et donc dans la vraie vie aussi : Un bus se balade en région parisienne pour distiller des idées sur la question du genre, ils sont reçu dans tous les médias, des affiches viennent d’être publiées par ces gens de « LaManifPourTous » comparant les bébés nés grâce à une AMP à des légumes OGM.

Il n’est plus possible de laisser l’espace public et médiatique à ces groupes (puissants financièrement) qui veulent imposer à tous, leur manière de penser la famille et les enfants. Mobilisons-nous pour que les plus de 25000 enfants qui naissent chaque année en France grâce à une AMP, ne subissent pas les stigmatisations et les discriminations que ces groupes diffusent sans honte et sans vergogne.

Nous allons aujourd’hui, renvoyer aux ministères concernés notre demande de protection de nos enfants et de nos familles :

  • Lutte contre les idées très négatives diffusées par certains idéologues de la famille (qui n’aurait qu’une forme) et protection pour les enfants nés grâce à une technique d’AMP, par un don de gamètes.
  • Communication et positionnement claire de la part des instances publiques vis à vis des familles, des enfants et des couples en parcours d’AMP par rapport aux anti-pma. Le recours à l’assistance médicale à la procréation est un droit en France. Les enfants qui naissent grâce à ces techniques, les familles qui se créent ainsi n’ont pas à subir des discriminations.

Marlène Schiappa a demandé le retrait de ce visuel

Nous allons re-demander une audience avec les ministères concernés.

#1couple6 #ProtégeonsNosEnfants

 

AMP-TRAVAIL témoignage et dernières infos très importantes !

Bonjour,

Je tenais à vous faire parvenir ce petit mail afin de vous remercier sur toutes les actions que vous menez notamment la loi pour la conciliation du travail et de la pma.

Nous sommes en parcours PMA depuis le mois d’août 2014, le début était tout gentillet (examens, stimulations simples, etc.). Mais le parcours s’est endurci en octobre 2015 (IAC), j’ai fait le choix de l’évoquer vaguement à mon employeur.

La fin de l’année 2015 a été difficile, je suis dans une Très Petite Entreprise, 3 salariés, beaucoup de déplacements.

Début 2016 (la FIV est à l’honneur), j’étais très stressée de pouvoir tout concilier, je fais donc le choix d’évoquer la PMA à mon directeur, et le décret qui va avec, je viens de changer de centre, 1h15 de route de route soit 2h30 AR.

Je sais que mon planning FIV sera un enfer. Mon directeur a du mal à comprendre, mais se renseigne auprès de notre service social, qui évidemment confirme mon droit. 

Le début a été un peu chaotique, j’ai de la route, beaucoup de rdv, comme souvent, prévus au dernier moment.  Je dois très souvent être remplacée, j’arrive fréquemment en retard, mais je ne prend pas d’arrêt maladie, je ne suis pas malade. Je respire de pouvoir être couvert par ce décret, de ne pas prendre des heures (que je dois rendre), que mes rendez-vous soient comptabilisés dans mon temps de travail.

C’est vrai pour certains ce n’est pas juste, mais est ce qu’un parcours de PMA est juste ? Un parcours PMA est tellement difficile moralement et physiquement, financièrement aussi.

Savoir que ce ne sera pas un prétexte pour me licencier et m’autoriser à aller à mes rdv, m’enlève un gros poids sur le cœur. Nous sommes déjà confrontés à tellement d’ignorance d’un parcours PMA dans le monde médical : laboratoire, pharmacie, etc.

Moi j’ai fait le choix de l’évoquer à mon travail, mais je sais que peu de femmes n’osent s’en servir, on ne sait pas quelle réaction nous allons avoir en retour.

Nous marchons dans l’ombre avec notre parcours, peu de personnes ne peuvent comprendre la dure réalité d’un tel parcours.

Merci, merci et merci.

Un couple anonyme en PMA.

Ce témoignage nous permet de faire le point, sur l’application de ce nouveau droit AMP-TRAVAIL, après bientôt une année d’action. L’année dernière à la même époque, j’étais en train de rédiger les amendements, en lien avec différents attachés parlementaires, pour inclure les hommes dans les autorisations d’absence AMP-TRAVAIL de la loi santé !

Tous les témoignages que nous recevons ne sont pas tous aussi positifs. En effet, nous constatons depuis bientôt un an que nous recevons des demandes d’aides ou de conseils sur la mise en application de ce droit, que justement le DROIT, LA LOI sont loin d’être des évidences pour bons nombres d’employeurs du secteur privé  :

  • Refus d’appliquer le code du travail
  • Refus de reconnaitre qu’il existe un article L.1225-16 du code du travail
  • Interprétation aléatoire du texte
  • Mauvaise foi
  • Pressions, menaces exercées sur le ou la salarié-e.
  • Méconnaissance sur la mise en application de ce droit, qui est pourtant le même que pour les autorisations d’absence pour suivi de grossesse (qui existe donc depuis de nombreuses années).
  • Vouloir outrepasser le secret médical

La dernière situation en date, un monsieur salarié en intérim, dans une agence du réseau R., qui a prévenu l’agence d’intérim, l’entreprise employeur plusieurs semaines à l’avance de sa possible absence pour la ponction et le jour du transfert (trois heures de route, donc deux journées HS). L’agence d’intérim lui a d’abord répondu : « que pour en bénéficier, il aurait fallu qu’il prévienne de la date au moment de sa prise de poste« . Ce qui en parcours d’AMP n’est pas possible. Nous espérons  que ceci est un cas isolé, dans ce groupe du moins.

Puis lorsque le monsieur a insisté en parlant du code du travail. La réponse a été sans appel : « cette fois l’agence lui a relu la loi et lui a fait remarqué qu’il n’y avait pas la mention « travailleur intérimaire« . Effectivement, il est indiqué, SALARIE, mais à ce que nous savons un intérimaire, est un salarié !

Une situation totalement abusive, mais terriblement compliquée à vivre quand on connait la situation du marché de l’emploi et celui encore plus précaire de l’intérim.

Les personnes qui ont pris contact avec nous, ont donc souvent besoin d’être conseillées sur le code du travail, les représentants du personnel, le recours à une organisation syndicale. Elles ont surtout besoin d’être rassurée d’être dans le droit, ce qui est loin d’être évident, surtout quand l’on connait les pressions qui s’exercent sur les salariés dans le monde du travail. Comment s’opposer à son employeur, même quand celui-ci est de mauvaise foi et refus d’appliquer la loi ?

Il y a un énorme travail à faire pour lutter contre les discriminations aux travail et pour la bientraitance professionnelle. Un salarié bien traité sera toujours plus productif qu’un salarié mal-traité, sous pression Après les employeurs ne sont pas contents, quand leurs salariés sont en arrêt maladie……Ce nouveau droit est censé mieux articuler l’organisation des soins en AMP et la vie professionnelle. Nous envisageons plusieurs actions en 2017.

Mais nous vous proposons aussi de nouveaux outils en plus du dossier AMP-TRAVAIL que BAMP propose à ses adhérents, vous pouvez présenter à votre employeur ou votre DRH récalcitrante ce document « Guide pratique du manager de proximité« , édité en 2016 par l’observatoire de l’équilibre des temps et de la parentalité en entreprise. Il indique dans ses annexes juridiques, toutes les situations d’absences……..dont le recours à l’AMP !

Dans son autre guide « Guide de la parentalité à 360°« , il consacre plusieurs pages à l’adoption et à l’AMP. Voilà donc un document de plus, sur lequel vous appuyer pour convaincre votre employeur de vos droits et de l’intérêt d’avoir des salariés bien traités.

CONCERNANT LA FONCTION PUBLIQUE

Nous attendons toujours le vote et la promulgation de la loi « Égalité et Citoyenneté » qui contient un amendement gouvernemental déposé par la ministre de la fonction publique Annick GIRARDIN, demandant à inclure dans ce nouveau droit tous les agents de la fonction publique.

En effet, certaines hiérarchies se cachent encore derrière le fait que le code du travail ne s’applique pas de fait et sur l’absence de délibération autorisant ces absences, pour refuser ou compliquer l’accès à ce droit. Jusqu’à présent, nous ne pouvions qu’inciter les agents de la fonction publique à ce rapprocher de leurs organisations syndicales, en indiquant que certains agents de la fonction publique bénéficient de ce nouveau droit sans soucis et ce depuis janvier 2016, (voir par exemple le CHU de Clermont-Ferrand), créant ainsi des discriminations liées aux appréciations différentes de l’application de ce droit.

Pourtant, les choses se précisent car en effet comme nous le précisait une de nos lectrices « Ça avance du côté de la fonction publique, il a été inscrit dans le plan interministériel pour l’égalité professionnelle homme – femme, que l’article relatif à la Pma dans la loi santé devait être transposé dans la fonction publique. N’hésitez donc pas à saisir vos organisations syndicales pour accélérer le processus auprès de la ministre à la fonction publique Annick Girardin dont le cabinet est déjà bien sollicité sur le sujet ( cibler le conseiller en charge de votre fonction publique : État/ territorial/ hospitalière… les choses commencent à avancer« .

Vous pouvez maintenant aller voir vos hiérarchie avec le dossier de presse du 1er plan interministériel de l’égalité homme/femme et avec l’amendement n° 1385 de la loi égalité et citoyenneté. Ce n’est pas encore une loi, mais c’est quand même un engagement clair et net : « L’Etat, en tant qu’employeur et porteur de politiques publiques, dispose d’un devoir d’exemplarité en matière d’égalité professionnelle. C’est pourquoi plusieurs mesures de ce plan concernent directement la fonction publique :

• Inscription de l’égalité professionnelle dans la lettre de mission de chaque directeur-directrice général.e ;

• Mise en place de mesures en faveur de l’articulation des temps de vie au sein de la fonction publique : promotion du guide sur les congés familiaux élaboré par le ministère de la Fonction publique, mise en place de l’extension des autorisations d’absence pour PMA pour l’ensemble des agents publics et application de la charte « 15 engagements pour l’équilibre des temps ».
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Page 11 du dossier de presse du 1er plan Interministériel sur l’égalité homme – femme. Si vous voulez vérifier c’est par ici

Comme quoi, la mobilisation porte ces fruits, fin juillet, nous avions rencontré une représentante du Ministère des Familles, de l’Enfance et des droits de Femmes. Nous avions grandement insisté sur ce point.  Vos hiérarchies, ne peuvent plus se cacher, à vous de jouer et de demander la mise en application de ce droit.

Voir ici nos différentes démarches sur AMP-TRAVAIL. N’oubliez pas, aussi de diffuser les affiches.