La loi de bioéthique, début des débats à l’Assemblée Nationale

Aujourd’hui, c’est le début des débats au sujet de la révision de la loi de bioéthique à l’Assemblée Nationale. L’ensemble des députés vont débattre du projet de loi de bioéthique, à partir du texte que la commission spéciale a préparé. C’est parti pour plusieurs semaines de discussions, de débats.

Le texte qui va être débattu c’est celui-ci, pour lequel notre association a travaillé avec d’autres associations pour qu’il soit déjà amendé, tant sur ces aspects sociétaux que médicaux.

De nouveaux amendements ont été déposés la semaine passée, notamment pour obtenir le DPI-A et l’amp post-mortem et pour que le critère pathologique ne soit pas retiré, car c’est symboliquement difficile pour toutes les personnes qui souffrent d’infertilité de voir que même la ministre de la santé minimise et va même jusqu’à dire que c’est pour beaucoup un problème psychologique…… 

Rien n’est acquis, tant que la loi n’est pas votée et publiée au journal officiel. Il faut rester mobilisés, car concernant par exemple la filiation des enfants nés via un don de gamètes, beaucoup de députés « influents » (car très actifs et mobilisés sur ce sujet) pensent qu’il faut mettre en place une filiation spécifique pour tous les enfants qui naissent via un don de gamètes. Vous pouvez continuer à les interpeller directement, via nos deux campagnes Factio :

Un grand merci à ceux qui ont obtenu ces dernières semaines un RDV avec leur parlementaires ou qui ont envoyé un courrier argumenté à leurs députés.

Vous pouvez aussi continuer à partager les deux campagnes citoyennes BAMP pour que le plus grand nombre de personnes puissent être au courant et puisse se positionner et alerter ses parlementaires.

 

 

 

 

 

https://youtu.be/7qllzN2gMzQ

 

 

#bioéthique #1couple5 

 

2137 ce n’est pas suffisant !

Nous sommes environs 15% de la population en âge de procréer qui rencontrons des problèmes de fertilité. Sans compter toutes les personnes qui ne sont pas encore dans un désir d’avoir des enfants, et qui ne savent pas qu’elles peuvent potentiellement rencontrer des problèmes de fertilité.

15 %, voire plus, et pourtant cette pétition qui cherche à faire entendre les voix des personnes infertiles, stériles, en parcours d’Assistance Médicale à la Procréation ne comptabilise que peu de signatures (2137. Les hérissons remportent par exemple, beaucoup plus de signatures ! 😉  )

 Les enjeux sont pourtant importants, la santé, la santé reproductive, l’avenir de nos enfants qui, si nous ne faisons rien, vont hériter de nos difficultés à procréer.

Alors, oui c’est difficile de s’afficher « infertile », mais n’est-ce pas plus difficile encore de se dire, si j’avais su, si j’avais pu.

C’est maintenant et demain qu’il faut que les choses changent, pour plus de prévention, plus d’information, pour une meilleure prise en charge de l’infertilité, pour l’amélioration de la recherche, pour une société plus bienveillante. Notre environnement se dégrade, nos gamètes, notre santé en générale en souffrent, mais demain, cela n’ira pas mieux. Surtout, si on ne fait rien et que l’on préfère ne pas voir, ne pas entendre, ne pas dire.

Merci aux personnes qui sans être directement concernées par l’infertilité et l’AMP, se sont mobilisées, ont partagé et ont surtout laissé des messages qui font chaud au cœur.

Pour nos enfants, pour vos enfants, pour l’avenir, pour demain. Réagissez !

Partagez, signez, diffusez

Merci à tous les signataires !

 

La pétition BAMP c’est par ici pour partager et signer, merci !

Merci à tous, pour votre mobilisation – AMP/TRAVAIL

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Amendement 301 bis, N’oublions pas les hommes !

 

Le bureau de l’association BAMP (5 personnes) se mobilise depuis des mois, sur ce projet d’amélioration de la prise en charge sociale des couples salariés et en parcours d’AMP. Suite à vos nombreuses remarques sur les difficultés à concilier le parcours de soin avec une activité professionnelle, suite à notre rencontre en 2013 avec Lucile HERTZOG, sociologue qui réalise sa thèse sur ce sujet, nous avons réalisé un dossier AMP/TRAVAIL que nous avons commencé à présenter aux députés rencontrés et ce dès 2014.

Nous avons réalisé, avant l’été 2015,  un document finalisé pour présenter aux sénateurs et députés nos constats et nos propositions. Dans ce document, nous allions plus loin que l’autorisation d’absence votée par le Sénat. En effet, nous avions demandé une protection aussi contre les licenciements abusifs, contre la discrimination et le harcèlement que certains et certaines d’entre-vous vivent dans leur emploi du fait des absences pour suivre le protocole de soin AMP.

Le 25 septembre, jour où BAMP vous annonçait en exclusivité suite à une information obtenue sur le terrain (FFER 2015 à Montpellier), la proposition et le vote des sénateurs sur l’autorisation d’absence.

Information reprise par SANTE MAGAZINE sur son site internet.

Depuis trois semaines maintenant nous avons relancé encore plus fortement notre action. Tous les députés ont de nouveau reçu par mail nos documents. Les adhérents de l’association BAMP et les personnes concernées se sont engagées à leur tour pour voir ce projet aboutir. Des parents de couples infertiles se mobilisent aussi, en prenant des rendez-vous pour aller parler à leurs députés de la situation vécue par leurs enfants. Un grand merci à eux !

Nous avons aussi déjà reçu un courrier d’un député du Pas de Calais qui nous confirme par écrit qu’il va transmettre à son groupe parlementaire et qu’il apportera un amendement pour que les hommes soient inclus dans la loi.

Nous recevons aussi des retours très positifs des adhérents qui ont eu des rendez-vous depuis lundi avec différents députés, dans différents départements. Ces derniers comprennent bien notre demande de protection et d’égalité de traitement. Ils vont transmettre à leur groupe parlementaire et proposer un amendement. D’autres rendez-vous sont déjà programmés la semaine prochaine. Pour voir la liste des députés non encore contactés, c’est par ici, ils sont en bleu. N’oubliez pas un mail, un tweet, une visite à la permanence de votre député, un appel téléphonique, tout est possible.

Les députés et les sénateurs qui vont siéger dans la commission mixte paritaire, doivent avoir au moins entendu parlé une fois d’INFERTILITE, d’AMP, de COUPLES, de BESOIN DE PROTECTION, des HOMMES AUSSI et d’AUTORISATION D’ABSENCE, d’AMENDEMENT 301 bis. Les choses sont en train de se jouer. Pour rappel le calendrier à voir ici.

Nous espérons aussi un article sur ce sujet dans Le Monde, suite à un contact téléphonique jeudi soir avec une journaliste. Un autre dans le magazine CAUSETTE, suite à un contact mercredi avec un de leur journaliste. Le 3 novembre, BAMP est invité en direct dans une émission télévisuelle régionale du matin, pour parler de cette action sur AMP/TRAVAIL.

ça bouge, grâce à VOUS, grâce à BAMP !

Alors poursuivons la mobilisation auprès de nos représentants au Parlement.

Le message est simple :

  • Votez pour l’amendement 301 bis, autorisant les femmes à s’absenter pour suivre leur protocole de soin AMP.
  • Proposez un amendement pour y ajouter les hommes, qui ont eux aussi besoin d’autorisation d’absence pour suivre le parcours de soin AMP.

 

Merci aux  associations ENDOMIND et AMPHORE de soutenir notre action.

Nous actualisons la liste des députés contactés par vos soins, tous les jours. Nous pouvons vous aider pour préparer votre lettre et/ou l’entretien.

BAMP transparence, action, engagement collectif.
TÉMOIGNER – INFORMER – AGIR
Parlons d’infertilité autrement, changeons les choses !
#N’oublions pas les hommes !

 

 

Don Des Fées Mères – Interview du mois

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Aujourd’hui nous vous proposons les questions-réponses de l’interview du mois, pour mettre en avant une jeune femme qui œuvre dans sa région pour promouvoir le don d’ovocyte.

En France, le manque de donneuses pousse les couples qui veulent voir leur temps d’attente réduit, à trouver eux-mêmes une ou des donneuses qui doivent ensuite s’adresser au CECOS de leur région. Situation parfois délicate au regard de la loi de bioéthique qui exige que le don soit librement consenti, anonyme, gratuit.

Il faut donc naviguer tout en nuance, entre ce qu’autorise la loi (informer sur les besoins en don de gamètes) et ce qu’interdit la loi (faire de la publicité pour inciter les gens à donner leurs gamètes). Pas facile.

Nous vous laissons donc découvrir l’interview de cette femme que nous appellerons Don Des Fées Mères (elle souhaite préserver son anonymat) et qui se mobilise pour communiquer sur le don d’ovocyte dans l’espoir de trouver une donneuse pour elle et pour d’autres femmes.
1. Vous avez ouvert un blog et une page facebook pour parler du don d’ovocyte en France, pourquoi une telle démarche ?

Après 4 stimulations pour FIV en un an, après de nombreux entretiens, prises de sang, etc… Je me suis retrouvée démunie de mes repères liés à la PMA. J’avais besoin de garder un lien avec le milieu en attendant les rendez-vous et les interventions plus espacées en DO qu’en stimulation pour FIV. Le blog et le profil Facebook ont comblé le manque et tant qu’il y a un lien avec la PMA, il y a espoir. Ce lien, je l’ai créé à travers les médias. C’est aussi une façon de trouver une fée (donneuse) afin de réduire mon attente en don d’ovocytes.
Au départ, j’ai dit au spécialiste, mais je ne connais personne…Puis cette idée de blog a germé dans mon esprit, en plus j’aime écrire…et puis maintenant, j’espère trouver une donneuse, des donneuses, tout en continuant avec ce mode de communication. Et puis, petit à petit, j’ai voulu apporter un côté positif et une forme d’espoir en démontrant que oui, on existe pendant l’attente.

2. Votre parcours d’AMP vous a donc mené à avoir besoin d’un don d’ovocyte. Qu’avez-vous ressenti lorsque le médecin vous a dit que vous devriez peut-être avoir besoin d’un don d’ovocyte pour devenir maman ?

Au vu de ma situation de santé, c’était la seule chance qui s’offrait à moi pour espérer devenir maman. Un choc, des pleurs, un repli sur moi-même, beaucoup d’échanges avec mon mari, un rendez-vous avec le psychologue. Un deuil d’un enfant biologique que je n’aurai jamais. Et puis, le peut être est rapidement devenu réalité et quand les choses se sont précisées, je suis allée de l’avant car le lien avec la PMA n’était pas rompu. C’est ce que je leur dis aux sages-femmes en PMA quand elles me demandent comment je vais. Tant que je suis là, c’est que tout va bien.
Ensuite, une opération pour bien préparer le terrain, un cycle test pour observer le comportement de mon utérus, les rendez-vous obligatoires (tribunal, psychologue, spécialiste, laboratoires d’analyse). Une émulation de petites choses qui occupent l’esprit de façon positive.
Et puis aussi, je me suis dit, qu’enfin, mon mari et moi allions avoir un peu de temps et accomplir de petits projets que nous avions mis de côtés pendant plus d’un an. La semaine dernière, nous étions à Londres, puis quelques jours dans le Nord de la France, et puis bientôt quelques jours en Italie. Nous vivons à nouveau et nous existons pendant l’attente. C’est la souplesse du Do par rapport aux FIV… ;

3. Que pensez-vous du manque de donneuses en France ?

C’est au début de mon parcours PMA que j’ai appris que l’on pouvait faire don de ses ovocytes…De fait, comment les femmes qui ne se rendent pas en PMA peuvent avoir conscience de cette réalité ? J’ai l’impression que les affiches sur le don d’ovocytes ne sont visibles qu’en PMA ou en gynécologie…
Je connaissais le don de sperme mais rien sur le don d’ovocytes. D’ailleurs, même mon pharmacien m’a demandé si c’était légal…et bien, j’ai changé de pharmacie 

Naïvement, j’ai signalé mon souhait de donner moi aussi lorsque j’aurai eu des enfants. Suite à cela, j’ai vite été confrontée à la réalité : trop âgée, pas d’enfant et un parcours de santé pas top top.
Manque de donneuses certes car manque de communication ciblée. Les conditions sont strictes mais nécessaires pour recueillir des ovocytes de qualité.
Conditions très encadrées et protocole qui fait peur. Et puis, il est plus difficile de demander un ovocyte qu’un billet de 5 euros.
Le don est gratuit et anonyme, cela doit contribuer au manque.
En tous les cas, il existe certains pays où le don d’ovocytes n’existe pas. En France, nous avons la chance d’être aidées et d’être prises en charge par notre système de santé. On peut ouvrir nos horizons et se dire que même s’il manque de donneuses en France, la PMA existe.
On n’est pas en train d’attendre un organe vital qui nous permettrait de vivre.
Attention, je ne sous-estime pas la cause, bien au contraire mais j’essaie de relativiser par rapport à toutes critiques que l’on peut lire sur les forums ou sur les groupes.

4. Est-ce que cette proposition a été « simple » à intégrer ? Avez-vous eu besoin d’un délai pour digérer cette nouvelle situation et accepter d’entrer dans ce nouveau parcours ?

La proposition nous a été très bien expliquée, il était hors de question de refuser et nous avons donné un grand OUI sans délai et sans plus qu’un échange de regard. C’est une chance, ce n’est pas foutu, il y a de l’espoir. Même si parfois, j’en pleure encore, loin des regards…

5. Avez-vous eu besoin d’échanger avec d’autres femmes en parcours de don d’ovocyte ?

Non pas du tout, j’ai lu des forums et j’étais plus en recherche de fées potentielles qu’en recherche d’échanges avec d’autres femmes en attente de dons.
Les forums ne m’ont pas plu. Selon moi, ce n’est pas une des façons les plus efficaces pour faire avancer la cause. Certains propos feraient fuir la plus convaincue des potentielles donneuses ! Bon j’exagère mais il y a une part de réalité…

6. Quels ont été vos démarches pour trouver du soutien, des informations par rapport au don d’ovocyte ?

Un échange avec les spécialistes, une confidence auprès de ma sœur et de mes plus fidèles amis et puis surtout l’amour de mon mari, ceci pour le soutien.
Les informations, d’abord sur les forums, sur différents sites et puis la confusion totale, des acronymes, du vocabulaire inconnu… alors une orientation vers un site de référence et neutre mais tellement bien expliqué, le site de l’agence de la biomédecine.
7. Pouvez-vous nous donner des indications sur les délais d’attente dans le centre où vous êtes prise en charge ?

Non, je ne connais pas vraiment les délais, de l’ordre de 1 an avec donneuse. Par contre, je connais le délai que je m’accorde avant d’aller tenter notre chance à l’étranger. Attente et actions me correspondent bien. Par contre, attendre sans rien savoir…c’est autre chose.

8. Que pensez-vous de « l’obligation » faite aux couples en attente de chercher une donneuse, pour tenter de réduire leur temps d’attente ?

Vous avez raison de le mettre entre guillemets, il n’y a pas obligation, il y a suggestion. C’est une façon, avec les moyens du bord de faire avancer les choses. Chercher une fée m’a permis de faire connaître le don d’ovocytes, plus qu’une affiche sur le don en PMA. Sérieusement, des affiches ou des spots informatifs, dans les magazines ou télé, vous en voyez beaucoup, vous ?
Alors certes le système n’est pas juste mais c’est mieux que de ne rien faire. Si je trouve une donneuse, c’est potentiellement 3 couples qui vont pouvoir fonder une famille…il ne s’agit pas uniquement de réduire l’attente, il s’agit de faire avancer la cause.
9. Pour remédier à l’attente vous avez décidez d’agir pour vous et pour les autres. Pourquoi et comment ? Qu’est-ce que cela vous apporte ?

Pour moi d’abord, pour trouver une donneuse et puis, si je trouve plusieurs donneuses pour aider des femmes qui n’auraient pas les mêmes facilités que moi pour communiquer et effectuer des recherches. Il y a le tabou, la religion, parfois la barrière de la langue et aussi l’accès aux nouvelles technologies…Tout le monde n’a pas la possibilité de franchir ces barrières.
Création du blog, alimentation du blog, facebook, articles dans la presse… Je travaille aussi avec une Association pour enfants malades, qui me soutient et qui me permets de m’exprimer lors de soirées organisées en faveur des enfants malades.
Je contacte l’agence de la biomédecine pour leur proposer mes idées sur les campagnes de sensibilisation. Je distribue des flyers, des affiches dans les pharmacies, labos d’analyses etc…
Cela m’apporte beaucoup, j’ai l’impression de porter ma petite pierre à l’édifice, je côtoie des personnes généreuses et altruistes. J’apprends à mieux me connaître et à dépasser mes frontières.
Je discute avec des artistes qui me soutiennent, j’apprécie leurs œuvres. J’ai ajouté le filtre du blog sur mon regard de ce qui m’entoure. Je cherche du sens, des petites anecdotes, des choses plus ou moins sérieuses, plus ou moins rigolotes…pour mettre sur le blog…je deviens créative et je canalise mon énergie. J’apprends aussi à donner.
Une potentielle fée m’a dit : vous demandez de l’aide mais vous comment aidez-vous les autres ? ça a changé ma façon de percevoir la générosité.
Et puis plus tard, nous montrerons à nos enfants comment, différemment, il a été conçu et désiré du plus fort de nos cœurs.

10. Vous nous avez dit que dans votre région, vous parliez du don d’ovocyte à chaque fois qu’une occasion publique vous le permet. Quels retours avez-vous suite à vos différentes interventions ?

Beaucoup de retenue lors d’une soirée, et puis petit à petit, les langues se sont déliées…sur une soirée au moins 4 femmes étaient intéressées, 3 ne pouvaient pas soit à cause de leur âge, soit à cause de leur santé et une y pensait sérieusement avant de me rencontrer, elle l’a pris comme un signe et nous voir, et discuter avec moi face à face, en vrai, l’a apparemment convaincue de donner…Nous verrons ce qu’il en ressort…car il y aussi parfois pas mal d’entrain mais qui peut retomber comme même l’un des meilleurs soufflés.
Je conçois et accepte tout cela. Au pire, on aura communiqué sur le don, au mieux, on trouvera des donneuses.
Suite à l’article dans le journal, témoignage de notre histoire, j’ai reçu 4 mails de personnes qui connaissaient déjà le don, qui étaient en réflexion…l’article les a touchées…on verra les conclusions.
Il faut savoir être à l’écoute de la future donneuse mais aussi lui parler sans termes trop scientifiques ou médicaux, ne pas embellir ni assombrir les choses. C’est délicat, il ne faut pas être pressante et il faut concevoir que le temps d’une dame en attente n’est pas le temps d’une maman de moins de 36 ans et en bonne santé.
Parfois, je me retiens de demander des nouvelles mais je sais qu’à chacune son rythme, j’ai confiance en ces femmes. Si elles ne reviennent pas vers moi de suite, elles reviendront un jour vers le CECOS.
Ces mamans sont généreuses et sensibles, elles veulent partager les sentiments d’être maman…quand elles me disent çà, j’en ai des frissons…

11. Pensez-vous que cela soit plus ou moins efficace que la campagne mise en place par l’agence de la biomédecine ? Pourquoi ?
Il n’y a pas beaucoup de comparaison : l’agence de la biomédecine est professionnelle, je ne suis juste qu’une femme en attente de don…qui fait ce qu’elle semble juste.
Peut-être la proximité joue beaucoup… Une journaliste a mentionné que voir les visages sur un article faisait naître plus de réactions…sur un sujet ou un autre… Nous nous avons choisi de ne pas montrer nos visages.

12. Est-ce simple de parler en public de votre désir de parentalité, de votre infertilité, de votre besoin de recourir à un don d’ovocyte pour devenir maman ? Comment présentez-vous les choses ?
Cela le devient de plus en plus ! Il faut apprendre à « pitcher » le sujet, à sensibiliser sans surcharger, à sensibiliser sans faire pitié, il faut parler peu mais vrai, il faut remercier pour l’écoute…J’ai su à 21 ans que je devrais avoir recours à la PMA, mes cicatrices méritaient explications à ceux qui me voyaient nue, que ce soit dans les vestiaires, chez les médecins, avec mes anciens compagnons, avec l’esthéticienne…J’ai appris à dire que je ne pouvais avoir d’enfants de façon naturelle, je me suis exercée pendant plus de 15 ans. Quand quelqu’un me dit, alors quand est-ce que vous faites un enfant, je réponds, c’est en cours, on se fait aider par des spécialistes. Je ne m’étale pas plus…je choisis de parler du don aux gens qui m’interpellent et qui ne me connaissent pas beaucoup si je me rends compte que cela peut être bénéfique.

13. Jusqu’à présent dans quels cadres avez-vous parlé du don d’ovocyte ? En parlez-vous dans le cadre professionnel aussi ? Si non pourquoi ?

Sur le blog, sur facebook, à certains amis, à des inconnues, avec une journaliste, au cours du vernissage d’une amie.
Nous n’en parlons pas dans le milieu professionnel : nous travaillons au même endroit, les raccourcis sont vites faits, les absences pour spécialistes pourraient vite être analysées, critiquées, mon ventre observé…
Il faut penser que nous passons toute la semaine, tous les mois et toutes les années avec les mêmes collègues…De plus, contrairement aux amis ou aux occasions que nous créons pour parler du don, les collègues on ne les choisit pas…

14. Quels peuvent être, d’après vous, les effets négatifs de cette recherche personnelle d’une donneuse ?
La peur de ne pas avancer, de ne pas réussir..quand je vois que le blog a eu un pic de visites, je me dis c’est bien ça avance…Quand il n’y a eu que 15 visites en une journée, cela me peine et me démotive un peu. A plusieurs, on serait plus fort..mais il faut analyser les synergies et trouver une association ou une institution avec laquelle on partage la même idée du don et de la communication autour du don.

15. Ne pensez-vous pas que ce système du don relationnel provoque une inégalité de fait entre les couples qui peuvent chercher et trouver une donneuse et ceux qui ne le peuvent pas ?
Certes mais nous sommes tous inégaux, que ce soit devant la maladie ou l’attente..
Bien sûr c’est inégal mais que pouvons-nous concrètement faire ? Et que pensez des personnes qui souffrent d’une maladie et qui ne peuvent pas se faire opérer car non pris en charge et trop couteux ? Une fée peut aider 3 couples, cela fait potentiellement 2 couples qui n’ont pas la possibilité de dénicher cette perle.

16. Est-ce que d’échanger avec de potentielles donneuses vous apporte quelque chose dans votre parcours personnel vers la maternité dans le cadre d’un don de gamètes ?

Oui, je discute avec des femmes formidables, généreuses et pleines d’amour. Cela me conforte dans notre projet de maternité. Mon mari est issu d’un don de gamètes, il a été très heureux avec ses parents, qui l’ont aimé comme le feraient n’importe quels parents. Il n’a jamais ressenti de différence et ses parents non plus. Alors certes, mon enfant n’aura pas mes traits ou la couleur de mes yeux…mais en tous les cas, il sera le fruit de l’amour, de ceux qui auront tout fait pour connaitre la parentalité.

17. Comment définissez-vous votre rôle vis-à-vis des femmes qui viennent vers vous en tant que potentielles donneuses ?

C’est important de consacrer du temps à ces femmes, de les remercier même si elles ne vont pas jusqu’au bout du parcours. Le jour où j’aurais le don d’ovocytes, jamais je ne pourrais dire MERCI en face à la donneuse. Par contre, je remercie toutes les femmes qui me contactent. Je suis patiente et me renseigne auprès du CECOS pour elles. Ensuite, je les dirige vers le CECOS pour tout ce qui est médical. Je suis un tout petit intermédiaire, un tout petit pont, une mini passerelle qui permet aux femmes de mettre la réalité d’un couple face à une notion de don d’ovocytes. Regardez-vous-même nos réactions lors de lectures de témoignages, nul ne peut rester insensible.
18. Depuis que vous avez commencé ces démarches de communication publique sur le don d’ovocytes, avec combien de femmes qui s’interrogent sur le fait de devenir donneuses, avez-vous communiqué ? Combien ont entamées les démarches auprès d’un CECOS ?

Depuis le mois de janvier 2015, j’ai dû être en contact avec une dizaine de femmes : certaines allaitent, d’autres essaient d’avoir un autre enfant, certaines ne sont pas en bonne santé, certaines commenceront les démarches plus tard, certaines sont en vacances, certaines semblent avancer à leur rythme (le temps ne s’écoule pas de la même façon lorsqu’on attend…) mais j’ai confiance…
A ce jour, une dame a eu ses premiers rendez-vous et figurez-vous que cette dame voulait donner spontanément, nos routes se sont croisées par hasard sur la toile et de fait, elle s’est présentée au CECOS avec mon nom. Je communique régulièrement avec cette maman, savoir qu’elle existe me fait un bien fou.
19. Pensez-vous continuer à faire ces démarches de communication, une fois que votre projet parental sera réalisé ?

A ce moment-là, je me tournerai peut être vers une structure comme une association, pourquoi pas le collectif BAMP ? si j’ai la chance de devenir maman, je pourrai agir à un autre niveau, à me battre et à avoir de l’énergie disponible. Toute l’énergie que je mets actuellement pour la cause, je pourrais la déplacer à un autre niveau en œuvrant toujours pour cette cause.

20. Vous souhaitez rester anonyme, pour quelles raisons ?

Nous souhaitons dire nous-mêmes à nos enfants qu’ils sont issus d’un don. De fait, nous souhaitons contenir notre identité. Nous travaillons au même endroit. Nous n’aimons pas exposer nos fragilités et je n’aime pas être regardée au travers d’un biais « médical ». Je refuse toute sorte d’étiquette sur mon dos. Mon mari, par respect pour les volontés de ses parents, ne souhaite pas mentionner son histoire.
Et puis, Don des fées Mères ou Don Des ou encore DDFM, ça le fait non ? 
BAMP ! Merci beaucoup pour vos réponses
DDFM :Merci à vous pour vos questions. Au plaisir d’échanger avec vous !

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