Téléphone portable et altération de la qualité du sperme, c’est prouvé …

 

 

De plus en plus d’études mentionnent les ondes transportées par les téléphones portables comme ayant un impact délétère sur la qualité du sperme, et qui semblent être une cause parmi d’autres acteurs environnementaux d’infertilité masculine.

Plusieurs articles, ICI, ICI et ICI, ont repris les résultats d’une méta-analyse d’études portant sur le sujet. Il s’agissait de regrouper les résultats de diverses études, afin que la nombre de variables et le nombre d’individus concernés soient suffisamment importants pour être significatifs.

Au vu des seuils d'(in)fertilité, la baisse de qualité du sperme identifiée peut suffire à faire basculer un homme à la frontière de la fourchette basse de l’infertilité dans celle ci. L’impact du téléphone portable rangé dans la poche du pantalon n’est donc pas à exclure, notamment en ce qui concerne l’un des 3 paramètres mesurés lors des spermogramme : l’aspect morphologique.

Le résumé de l’étude en anglais est ICI.

 

Notre parcours : miracle et infertilité : le duo improbable

J’ai toujours eu ce besoin impérieux d’être mère.

  D’ailleurs, adolescente, lorsque je rencontrais un garçon, je me disais : ferait-il un bon papa ? Et puis, à 20 ans, mature et droite dans mes baskets, j’ai rencontré L. Nous étions à la fac mais je savais que c’était LUI, celui à qui je promettrais amour et fidélité…le père de mes enfants ! Raisonnables, nous avons terminé nos études, avons démarré une vie active épanouissante et puis, (enfin !!), après 6 ans d’amour, nous nous sommes mariés en septembre 2011.

 Nous avons commencé les essais bébé dans la foulée (raisonnables, je vous dis !!!). Je me souviens m’être dit : «  A noël, tu seras enceinte !! ». Et puis Noël arrive, pas de retard, pas l’ombre d’une grossesse. Amis et parents y vont de leur petit conseil : je surveille mes cycles comme le lait sur le feu, j’achète des tests d’ovulation, j’y pense moins, j’y pense plus…Arrive le mois de mars et avec lui le temps de mon rendez vous annuel chez ma gynéco. Elle me demande si elle doit me prescrire la pilule…Evidemment que non ! Je lui explique que nous essayons depuis le mois de septembre et que ça commence à m’agacer… seulement 6 mois se sont écoulés et je suis déjà agacée… Elle me répond qu’elle comprend tout à fait mais que nous sommes jeunes (c’est vrai, je n’ai que 27 ans !), qu’il faut patienter…Elle ne fera rien avant un an d’essais. Elle me demande de faire mes courbes de températures pour le mois de septembre 2012, et me donne une ordonnance pour un spermogramme… je suis soulagée d’être prise au sérieux malgré notre « jeunesse »! Elle m’expliquera plus tard qu’elle est considère qu’une attente d’un an est largement suffisante pour lancer des investigations et qu’elle est contre le laisser aller qui suppose angoisse et perte de temps…

Les mois passent, notre entourage pose des questions, commence à me dire que j’y pense trop mais je reste confiante, le mois de septembre apportera les réponses que nous attendons. Une intuition grandit en moi : j’ai un problème. Conformément aux demandes de mon médecin, je fais mes courbes qui ne révèlent, a priori, rien d’anormal… des cycles un peu courts, c’est tout ! L. se soumet à son examen, bon gré, mal gré… et là c’est la douche froide ! 200 000 spermatozoïdes/ml et pas très vaillants : OATS sévère.Le sol s’ouvre sous mes pieds.

Je retrouve mon mari prostré…rien ne sera plus comme avant, NOUS SAVONS. Sentiment d’impuissance et d’incompréhension se mêlent et puis très vite l’envie de nous battre, ensemble, prend le dessus. Il faut que nous envisagions toutes les solutions : l’IAC, la FIV, le don, l’adoption. Je googlise pendant des heures, des nuits…j’analyse parce que je veux essayer de comprendre, savoir à quoi m’attendre…C’est là que je me rends compte à quel point le sujet de l’infertilité est tabou. Je découvre les blogs des unes des autres, leurs craintes, leurs espoirs : leurs (vos) expériences me rassurent. Nous ne sommes pas seuls.

Nous prenons très vite rendez vous chez mon gynéco qui nous dirige un spécialiste de la PMA. Nous arrivons en décembre avec un nouveau spermogramme à peine meilleur que le premier dans ce cabinet privé rutilant. Nous lui confions nos inquiétudes…Pour le spermogramme de mon mari, il n’y a pas grand-chose à faire…c’est la vie ! Il est inutile de « rechercher les causes de ses faiblesses spermatiques » nous dit-on, cela ne change rien au résultat. Par contre, de mon côté, c’est le début des réjouissances : dosage hormonal et hystérosalpingographie En fonction des résultats, nous serons dirigés vers une IAC ou une FIV…plus certainement vers une FIV ICSI. J’en viens à souhaiter que quelque chose n’aille pas de mon côté (sic !). Nous ne voulons pas perdre de temps en traitements qui se révèleraient inutiles…l’adoption est une procédure longue… Nous nous accrochons : tant que nous sommes dans l’action, ça ira… soudés mais isolés ! L. a décidé que nous n’en parlerons à personne… je respecte son choix, qui devient le mien. Nous continuons d’essuyer les remarques désobligeantes des uns et des autres…

Début janvier, l’hystérosalpingographie révèle un passage péritonéal difficile. Le reste est OK. Mon spécialiste prévoit une cœlioscopie à visée exploratoire. Il craint de l’endométriose, au moins des adhérences. Moi qui espérais avoir quelque chose, j’ai gagné ! Mais ce n’est pas simple, je vis une période toute en contradiction. Je  tourne en rond sur l’idée que nous irons en FIV plus vite et que c’est la meilleure des choses qui puisse nous arriver. Et puis, je suis un peu soulagée : les torts sont partagés. La cœlioscopie est prévue sur mon prochain cycle. Je flippe. Je n’ai jamais été opérée. L. me rassure tant qu’il le peut.

Et puis, J1 n’arrive pas…Mon mari me demande de faire un test de grossesse. Je ne veux pas : il sera tellement déçu une nouvelle fois… Nos chances de faire un enfant naturellement sont bien trop faibles : je ne me sens pas enceinte, je ne me sens pas prête à lui dire que ce n’est pas bon, une nouvelle fois. J’appelle mon gynéco qui n’évoque même pas la possibilité d’une grossesse. Si mon cycle est plus long que prévu, nous décalerons l’intervention : je perds patience, je ne me fais plus confiance, j’ai comme l’impression que mon corps me lâche…Je finis par consentir à faire un test de grossesse qui se révèle positif. Nous n’en croyons pas nos yeux. Nous pleurons, beaucoup mais nous ne crions pas victoire trop vite…

 Mon médecin me reçoit très rapidement, il craint une GEU. Mais non ! Il nous explique que c’est parfois la nature qui décide et que la médecine n’explique pas tout…   Il suit le début de cette grossesse de très près, il parle de miracle de la vie mais nous demande de garder la tête froide…

Et puis son cœur…le jour où j’ai entendu son cœur battre pour la première fois…

 Aujourd’hui enceinte d’une petite fille qui arrivera au mois d’octobre, je suis toujours très anxieuse. Nous oscillons entre bonheur et inquiétude, conscients que cette grossesse est très précieuse. En cas de problème, serons-nous capables de nous « débrouiller » tout seul ? Nous souhaitons un deuxième enfant, devrons-nous passer par le parcours promis ?

Mon histoire est celle d’une miraculée de la PMA (pour le moment). Ce genre d’histoire, je n’y croyais pas quand nous étions au cœur de la tempête. La nature ne nous a pas laissé trop longtemps sur le quai et nous sommes bien conscients des parcours que nombre d’entre vous doivent affronter. Malgré tout, l’infertilité a laissé des traces, indélébiles. Des moches : le défaut de suivi psychologique, le manque d’information du grand public, l’incompréhension et la maladresse de l’entourage, l’intrusion physique des examens médicaux, la peur d’échouer, la honte, le mésestime de soi, l’anxiété, l’inquiétude et tout l’éventail des synonymes de LA PEUR. Elle a laissé d’autres traces plus encourageantes : une mise en place rapide du diagnostic de notre infertilité, tout s’est enchaîné, très vite, aussi vite que nous l’avons pu, en étroite collaboration avec notre médecin, froid mais méthodique, la possibilité de mettre en place un traitement (y compris FIV ICSI) très rapidement. Malgré nos silences, nous avons trouvé sur notre passage des amis attentifs et soucieux qui sans le savoir pour certains, ont été d’un secours inestimable…

 Et puis finalement, qu’a-t-elle laissé de Nous ? Un couple uni, contre vents et marées. J’ai souvent dit à L. que je n’aurais souhaité vivre ça avec personne d’autre que lui. Son infertilité est devenue la mienne. Nous nous sommes battus, silencieux, main dans la main, d’une même force, d’un même entrain, d’un même amour. Je sais que nous n’avons pas vécu ce parcours de la même manière, nous sommes trop différents, mais notre volonté était la même : nous aurions un enfant COUTE QUE COUTE.

Txumai 28 ans
L. 31 ans

Bichon Rose

 Cela fait 4 ans et demi que Bichon et moi, nous nous sommes rencontrés. Tout a été vite entre nous, vie de couple, mariage, envie de fonder une famille.

Et dire qu’avant de le rencontrer, je ne voulais pas de vie de couple, pas de mariage, et encore moins d’enfant, il en était hors de question. Ce jour de décembre 2008 il est rentré dans ma vie, tout à changé. J’ai su que c’était Lui, l’homme de ma vie, celui avec lequel je voudrais me marier, avoir des enfants, vieillir à ses cotés, ce fût une évidence.

Un soir d’avril 2009, Bichon m’a fait part de son envie de construire une famille ensemble, j’ai arrêté la pilule le soir même. Les mois ont défilés, les années, 2 ans ont passés. Nous avons attendus 2 ans avant de consulter, car entre temps, nous nous sommes mariés, avec les préparatifs, etc…, on avait autre chose en tête, même si on espérait. Je croyais que d’y penser moins avec les préparatifs du mariage, ferai son effet. Il faut avouer que je pensais tout le temps aux essais bébé. Pendant ce temps, j’ai eu le droit aux phrases typiques « tu y pense trop », « ça va venir », etc … Au bout de 2 ans, on se doute que quelque chose cloche.

Juin 2011 : Il a fallu, que Bichon ai un rdv avec le médecin généraliste (pour un truc banale),  pour qu’il demande une ordonnance prescrivant un spermogramme, une intuition ?!. 1 er spermogramme : azoospermie, 2 ème : oligospermie,  etc …. Il a fallu 5 spermogrammes pour conclure que Bichon a une OATS très sévère.

Notre médecin généraliste nous avait envoyé vers une gynéco traditionnelle, qui m’avait fait faire tous les examens de fertilité, pas de soucis pour moi, avant de nous envoyer à son tour vers une gynéco spécialiste en infertilité, Dr Miracle.

Septembre 2001 :  Le parcours PMA commence. Bichon a également fais des examens plus poussés avec l’urologue beau gosse, échos, spermogrammes, prises de sang, taux d’hormones, etc … Tout est nickel, sauf les résultats des spermogrammes : OATS très sévère, et pas de zozos congelables.

Juin 2012 : Quelques temps, plus tard, Bichon et moi, nous avons eus rdv avec le biologiste (le plus humain des spécialistes que nous avions vus) nous propose de réaliser une biopsie testiculaire, en même temps que ma ponction d’ovocytes. Nous avons accepté, il fallait tenter le tout pour le tout, soit je prenais les traitements pour rien, soit il y avait de bons spermatozoïdes et on continue. C’était quitte ou double.

Quelques semaines plus tard, nous avions rdv avec Dr Miracle, elle ne savait pas vraiment quoi faire devant le degré d’infertilité de Bichon, je pense qu’elle ne savait pas comment nous parler du don. Mais Bichon, a directement proposé de tenter la biopsie testiculaire comme nous en avions discuté avec le biologiste. Dr Miracle est allée voir sur le champ le biologiste pour lui demander conseil, ce qui a été fructueux.

Septembre 2012 : 1 ère FIV ICSI. J’ai bien réagit aux traitements, mais la peur de faire tout ça pour rien, que la biopsie ne donne rien me terrifiais, mais Bichon était optimiste, comme toujours. Ma ponction s’était bien déroulée, 10 ovocytes, et à notre grande surprise la biopsie testiculaire avait donné un très bon résultat, 10 paillettes de bons spermatozoïdes. Cette 1 ère FIV ICSI a été négative, comme la deuxième en février 2013.

Pour le moment nous sommes en « pause pma », 2 ans de pma, je sais que c’est moins que certaines, mais j’ai besoin de souffler, et Bichon aussi. Cette pause me permets de perdre du poids, et arrêter de fumer (je n’ai pas totalement arrêté mais je suis sur le bon chemin), je veux me désintoxiquer du tabac avant de commencer la 3 ème FIV ICSI, certainement en septembre/octobre.

En ce moment ça se bouscule dans ma tête, la pause pma me fait du bien, mais en même temps ça me manque. L’euphorie que l’on ressent quand on est en iac, iad, fiv, etc … ce sentiment qui fait qu’on se dit « peut être que cette fois sera la bonne », ça me manque, j’ai besoin de ressentir ça. Un part de moi a peur aussi, puisque la qualité des embryons n’est pas terrible, aucun embryons congelés. Il me reste 2 chances, c’est déjà bien, j’ai peur que ce parcours ne finisse pas comme on le voudrai, peur de me dire, qu’après c’est fini, que je connaitrai jamais ce qu’est d’être enceinte, voir mon ventre vide à jamais. Je sais, ce n’est pas optimiste comme schéma, mais je suis comme ça, c’est ma nature. Malgré tout, l’espoir est encore permis.

J’espère mettre un bon coup de pied au derrière de DNLP !

 

La vie continue

Doudou et moi nous sommes rencontrés en août 2008. J’avais 28 ans et lui 31. Quand on se rencontre un peu tard comme nous les sujets comme enfant et mariage arrivent un peu vite. Le mariage étant inconcevable pour lui (divorcé), l’enfant l’était visiblement moins ! 

J’ai donc arrêté la pilule en juin 2009 il me semble (les dates et moi … !).

On ne se pose pas trop de question, je suis réglée comme une horloge donc pas de raison de se faire du souci.

Malgré ça, mon expérience un peu amer du milieu médical et un pressentiment quelconque (je suis un peu poissarde comme fille) me font consulter un gygy en mars 2010. Sachant que les gygys sont souvent long à la détente j’exagère un peu mon délai d’arrêt pilule mais en fait pas besoin, super gygy me prescrit illico un test de huhner.

Et là c’est le drame n°1 (oui il faut les numéroter en fait, on fini par l’apprendre assez vite !) : « vous avez vraiment fait des cochonneries hier ? » …. Heu bein oui j’y étais il me semble ! Verdict : elle ne voit pas de zozo mobile ou peu. Cette gygy n’est pas du tout spécialisée en infertilité et ne cherche pas à l’être. Elle nous dit cash : il y a un problème, je vous envoie en PMA parce que moi je n’y connais rien. On ne la remerciera jamais assez de nous avoir expédiés aussi vite en PMA. Un médecin qui avoue son incompétence direct c’est juste formidable dans notre parcours !

Doudou un peu effondré, moi encore pleine d’espoir (et puis il faut bien compenser, c’est ça un couple, il faut qu’un des deux aille bien, c’est la règle).

Direction la PMA et le docteur M. (que j’aimerais beaucoup citer parce qu’elle aussi a été formidable).

Et hop c’est parti : PDS, spermogramme, caryotype, écho et hop on se met cul nu à tire larigot c’est la fête du slip !

Verdit OATS sévère pour mon chéri (très très sévère…). Nouvelle baffe mais miracle, l’ICSI est là !

A ce moment là j’avoue que je ne me souviens pas qu’on m’ai parlé d’un quelconque problème venant de moi alors tous les espoirs étaient permis. Je suis d’un naturel « that’s life » et puis je ne vais pas me tirer une balle non plus hein ? Alors on fonce.

FIV 1 (ou plutôt stim 1). Je fais venir les infirmières tout va bien… 1ère écho … hum hum bof bof mais je me dis que c’est la première pas de problème. Echo avant la ponction pas de fofo ou alors 1 de chaque côté et pas grand et pas beau. Bref, ponction annulée. Là c’est le drame n°2, le moment où je réalise que ça pue vraiment, que quelque chose déconne et que ce n’est sûrement pas le côté OATS de doudou en définitive. Crise de larme entre l’hôpital et le taf (bah oui il faut travailler quand même), appel à doudou aussi effondré que moi, à quelques kilomètres de là mais qui ne peut rien faire pour moi je dois aller bosser…

On revoit notre docteur M. la fabuleuse. Elle n’y va pas par 4 chemins, je me rends compte avec le temps qu’elle se doutait du résultat car elle m’avait déjà demandé de faire mon AMH mais moi à l’époque l’AMH je ne savais pas ce que c’était et elle ne nous avait rien dit. C’était une analyse parmi les autres.

Elle nous apprend donc que quoiqu’on fasse comme stim elles échoueront car je suis en insuffisance ovarienne précoce. C’est fini pour nous rien à faire. Ce sera soit l’adoption soit le don d’ovocyte. Elle dit ça à la fois cash et compatissante, bref super médecin.

Elle nous laisse bien sûr le choix (oui, avec elle c’est nous qui choisissons). On n’est pas prêt à abandonner après 1 seul essai alors on demande de recommencer avec un autre protocole. Aussitôt demandé aussitôt fait. Elle est ok et nous donne toutes les ordonnances illico : commencez tout de suite, peut être qu’avec 2 stim de suite ça peut aider. Je l’embrasserai ! Elle est super !

1ère écho petit espoir : quelques fofos. On retrouve le sourire, on est super heureux. 2ème écho+pds : 3 fofos mais les pds sont mauvaises : ils sont vides ou les ovocytes de mauvaises qualité. Nous voilà au drame n°3. Je m’en souviens comme si c’était hier. Cette fois doudou m’avait accompagné, il faisait un temps splendide, c’était au mois de mai 2011. On est allé au marché parce qu’on n’avait pas la force de conduire jusqu’à la maison. On a erré comme des zombies, je pleurais, je me calmais, je re pleurais. Puis on est rentré, on a mis la musique à fond, on a bu, on a fumé, on a pleuré et … on a jardiné ! Oui, on est comme ça doudou et moi. La vie est précieuse et notre amour encore plus, il fait beau, on trouvera une solution, on verra bien mais nous on est des fous, on a acheté une maison démesurée avec un terrain démesuré paumé à la campagne pour élever nos enfant, on s’aime à la folie alors on trouvera une solution comme pour tous nos problèmes parce qu’à un problème il y a toujours des tas de solutions.

J’étais contre le don d’ovocyte mais quand c’est devenu notre seule solution, croyez moi j’y ai bien réfléchi et j’ai changé d’avis. C’est fou comme les certitudes sont ébranlées dans ces moments là. Soutenue à 200% par ma meilleure amie et ma sœur adorée, on fonce.

Notre docteur M. nous dirige donc vers 2 CECOS. Ouai parce que notre docteur M. c’est une killeuse qui se fiche des règles ! Inscription dans 1 seul CECOS ? On s’en tape, je vous fais un courrier pour les deux et vous garder ça pour vous. Si vous voulez partir à l’étranger revenez me voir. Je la kiffe !

Rendez-vous pris pour les 2 fin 2011. On vit, on rénove notre maison, on s’aime, on prépare notre mariage.

Octobre 2012 1ère FIV DO. Encore une fois on tombe sur un super docteur (oui on est des chanceux je sais). Tout roule, très pro, très à l’écoute, bon suivi, bon protocole, personnel super. Transfert de 2 brybry le 11 octobre et c’est ++++ ! Voilà, il suffisait d’y croire et c’est tout ! Pfff le DO ! Une routine pour nous !

Echo fin octobre par ma gygy qui est ravie pour nous. Un joli cœur qui bat ! Aucun doute tout roule !

Echo fin novembre chez un échographe. Confiant, heureux. Nous voici au drame n°4. Bébé n’est plus. Il a arrêté d’évoluer c’est fini. Pas d’explication, l’échographe est juste effondré pour nous vu notre parcours. Bienvenu dans les 20% de fc précoce.

Mais bébé est bien où il est et à lire les expériences des filles ayant pris le fameux médicament de la mort je dis non. Merci mais j’en ai assez bavé, votre médicament vous le bouffez vous-même, moi je veux un curetage. Gygy comprend et me fait une super lettre de motivation pour l’hôpital.

Là bas un cauchemar ! Nouveau service maternité, il faut appuyer sur un interphone pour entrer (aux urgences !!) et dire ce qu’il y a avec d’autres personnes derrière vous (super confidentialité). On entre dans une grande salle d’attente sans aucun médecin. Les médecins sont de l’autre côté d’une porte battante infranchissable. Personne ne vient voir si vous allez bien, si vous n’êtes pas à l’agonie, si vous ne pissez pas le sang ! Et vous attendez avec à côté de vous une nana qui vient pour sa visite du 3ème trimestre, une autre qui est en pleine fc au bord de l’évanouissement … une honte et ça s’appelle les urgences maternité !

On vient m’appeler et une petite étudiante m’amène de l’autre côté de la porte et s’arrête là, debout avec un bloc de post it dans la main. Vous êtes qui ? Vous venez pour quoi ? Je viens parce que je suis enceinte mais mon bébé n’est plus. Vous voulez quoi ? Bah qu’on me l’enlève !!! Ah oui. Hop je retourne dans la salle d’attente. Ensuite on revient me chercher, on me fait une écho pour vérifier et on me propose le médicament. Je lui dis ok si vous me garantissez que c’est 100% efficace sans risque de curetage derrière. « ah non je ne peux pas ». Ok alors curetage merci.

Programmé 3 jours après. Sans douleur, personnel super, moi en larme du début à la fin et c’est fini. Inévitablement il y a les gens qui disent on est là mais qui ne le sont pas, la famille qui suit ça à 300 km, certains effondrés, d’autres rien à foutre….bref.

La vie recommence, en attendant on se mobilise avec des copinautes, on passe sur France 3, dans Ouest France, on fait une réunion d’information. C’est quoi le DO, c’est qui une donneuse etc etc …

Et oui parce que dans le DO il y a les donneuses. Celles grâce à qui on peut espérer. Il y a celles qu’on ne connaît pas, il y a celle qui vous fait avancer dans la longue liste d’attente. Moi j’ai 2 fées ! Une dans chaque CECOS. Mes miracles à moi sans qui je ne continuerais pas, sans qui j’aurais tout abandonné parce que sans donneuse c’est le parcours du combattant, celles qui me soutiennent à chaque instant encore aujourd’hui.

Car j’ai eu ma FIV DO n°2. Celle-ci dans mon 2ème CECOS. Celui qui a fait tomber la balance de la chance de l’autre côté. Le médecin à 6 mois de la retraite qui se fou de tout, le médecin bien gentil mais qui prend ça par-dessus la jambe. Le médecin qui prescrit un protocole bidon, un médecin à cause de qui je suis sous traitement depuis mi-février 2013 pour un transfert il y a 10 jours ! Un médecin qui est contre l’implantation de 2 embryons (on a bien insisté).

Hier le résultat était négatif. Vous avez gagné le droit de rejouer.

J’ai donc appelé mon super copain le docteur (et oui la retraite c’est à la rentrée, il est toujours là). Une petite anecdote pour finir ? Il m’a dit ok, vous avez 2 ovocytes vitrifiés. Dès que vous avez vos règles on recommence avec le protocole X.

Là je me dis que c’est une blague car devinez quoi ? Le protocole X c’est le protocole qui ne fonctionne pas sur moi. Qui n’a pas fonctionné en PMA, qui n’a pas fonctionné en mars avec lui. Mais il insiste, il recommence. Un protocole qui fonctionne dans 80% des cas mais je fais partie des 20%, je le sais, il le sait mais il s’en fou !

Je suis donc repartie pour 4 mois de traitement : le protocole X qui va échouer, il faudra finir le protocole, provoquer mes règles et repartir sur le protocole Y qui a fait ses preuves donc un été sous traitement pour un transfert à la rentrée. C’est pas beau la vie ?

C’est injuste mais c’est comme ça, on n’aura pas toutes des enfants que ce soit par choix ou pas. Oui c’est toujours gentil les commentaires : mais tu vas y arriver, la prochaine fois sera la bonne. Je sais que l’intention est bonne mais ça reste un mensonge car non, nous n’aurons pas toutes un enfant. Oui certaines d’entre nous resteront sur le bord de la route. On en connaît toute et la prochaine c’est peut être moi.

Alors entre chaque essai on vit avec et s’il le faut je vivrais avec toute ma vie parce que ce n’est pas moi qui décide visiblement (celle qui me parle de dieu je hurle ! lol).

On se bat pour beaucoup de chose dans la vie, ce sera un combat de plus et si on perd et bien c’est comme ça. La vie continue.

Pauline, son parcours jusqu’à ses jumelles

L’envie d’enfant est arrivée doucement en 2009 après plusieurs années de vie commune. En revanche, très vite sont arrivées aussi les prises de tête pour être sûrs de viser au bon moment, les calculs des dates d’ovulation, etc. Peut-être comme si nous savions déjà que faire un enfant ne serait pas aussi facile de ça.

Fin 2010, je me retrouve chez ma gynéco pour lui expliquer que depuis un an et demi, il ne se passe rien. Elle me propose alors de faire des examens et l’on se lance dans la totale. Le résultat est sans appel: OATS… Avant de filer en PMA, on rencontre d’abord des spécialistes pour comprendre le pourquoi du comment. L’explication tient dans la jeunesse de mon mari et cela impact presque 30 ans plus tard son désir d’enfant… Naze…

Mi 2011, on entre en PMA de nouveaux examens et la décision de l’équipe: d’abord 3 inséminations puis si cela ne marche en passe on passe en FIV. La première insémination sera la bonne. Et la nature nous fait une jolie surprise puisque l’on découvre que l’on attend non pas un enfant, mais des jumeaux. Pour tout vous dire, au départ il y avait même trois embryons, des jumeaux monozygotes partageant la même poche (qui deviendront mes filles) et un autre petit embryon dans une autre poche qui arrêtera son développement durant le 3e mois de grossesse… Et là cette sensation étrange d’être passé du doute « aurais-je un enfant un jour? » à « trois ! Impossible ! »… « Même deux, waouh comment on va faire ? »… Et surtout passer aux yeux des autres du « couple en difficulté » au « couple super fertile »… Et mon mari d’entendre à quasi toutes les annonces (sauf les très proches qui connaissaient notre parcours) « bravo, tu as bien travaillé, quand tu t’y mets tu ne fais pas dans la demi-mesure »… Classe les gens, non ?

S’ensuit une grossesse surveillée, compliquée, loin de ce que j’avais imaginé, pleine d’angoisse, mais qui s’est très bien terminée avec la naissance de mes filles au début de l’été 2012…