LAETY raconte

Bonjour Collectif B-AMP!!

Voici mon témoignage, et merci encore pour ce partage, on se sent vraiment moins seule!

J’ai 20 ans (aujourd’hui j’en ai 32)  quand les problèmes commencent…on est au mois d’aout 2001, j’ai pris 9kilos en un peu plus d’un mois, je n’ai pas mes règles depuis 2 mois et pas de chéri à l’époque. Direction le médecin, et prise de sang à faire. Résultats : mes taux d’hormones sont « hors normes » !! Il me dirige vers le service endocrinologie du CHU de BR… Une journée d’hospitalisation à faire des examens, prise de sang, injections, re-prise de sang, échographie…je ressors avec des bras de « toxico » comme disait ma sœur !! Quinze jours plus tard convocation par le chef de service pour les résultats, je suis OPK (Ovaires Poly Kystiques) et « il y a 2 chances sur 3 Mademoiselle que vous n’ayez pas d’enfant ou alors ce sera difficile ». Il me met sous pilule pour essayer de diminuer mes kystes et me demande de reprendre rendez vous dans 1 an. La claque !! J’ai 20 ans, l’envie d’avoir des enfants jeune, je viens de vivre des mois difficiles après la crise cardiaque de mon père, tout s’effondre…Mais j’ai des amis formidables, je passe une année à faire la fête, j’en oublie un peu le diagnostique.

 

Et puis en décembre 2002, je rencontre quelqu’un avec qui tout est évident, je ne lui cache pas mon « problème ». Il n’est pas inquiet plus que çà. Dès que nous nous sommes installés ensemble, en juillet 2003, j’ai voulu avoir un bébé mais lui n’était pas prêt. En même temps, j’ai 22 ans, lui 21, je viens de déménager à 1200 km de chez moi, je n’ai pas de boulot, il a raison ce n’est pas le bon moment.

 

Finalement je trouve du boulot, tout se passe bien, ce bébé me trotte à nouveau dans la tête, et les paroles de ce médecin résonnent régulièrement, mais je n’y crois ps plus que çà. Après avoir fait mes preuves, j’ai une promotion et mon conjoint aussi. C’est le moment d’arrêter la pilule pour moi. Nous ne nous prenons pas la tête, nous ne nous fixons pas de date, çà viendra quand çà viendra. Mais au bout d’un peu plus d’un an d’essais, j’en parle à mon médecin. Il me prescrit des prises de sang pour vérifier mes taux d’hormones. Résultats : ma thyroïde déconne et mes hormones font la fête !!! Je passe une échographie, les kystes sont toujours là…mais pas d’opération en vue. Direction l’endocrinologue, pour essayer de régler ce problème thyroïde, et mes dosage hormonaux. Il est froid, désagréable, mais il parait que c’est un « bon », alors je l’écoute et fais ce qu’il demande. 1 mois plus tard, je le revois avec les résultats des examens, et là il me dit tout naturellement, quand je lui fais part de mon envie d’avoir un bébé rapidement, « ce n’est pas la peine de vous entêter, vous n’en aurez pas ». Je sors du cabinet, complètement anéanti, abasourdi par ce que je viens d’entendre, je marche un peu pour rejoindre ma voiture complètement amorphe, et là je m’effondre. Je pleure comme je n’ai jamais pleuré, je suis incapable de conduire, il me faut plus d’une heure avant de reprendre mes esprits. J’appelle mon conjoint, qui essaie de me réconforter comme il peut mais rien n’y fait. Le lendemain au bureau je craque devant mes collègues, je suis à fleur de peau, et çà va durer quelques semaines. Je me sens vide, inutile, nulle, je fais une légère dépression. Pendant des semaines, je me suis répétée, pourquoi moi, pourquoi est ce que toutes mes amies y arrivent sans problèmes, qu’est ce que j’ai fait pour mériter çà. De son côté, chéri lui ne s’inquiète pas plus que çà, il me dit que nous avons le temps.

 

Après ma dépression, mon médecin me dit qu’il n’y croit pas au diagnostique de l’endocrino, surtout après les retours qu’il a eu de nombreuses patientes, beaucoup se plaignent qu’il est froid, sans tact, peu humain et me propose de me faire faire des examens plus approfondis avant de m’adresser au centre de PMA de NI… Je commence donc les examens, nous sommes en novembre 2006. Et puis après les premières prises de sang et échographie, j’ai peur des résultats, c’est l’époque de Noël, je suis en pleine période de doute, et j’arrête tout. Je me réfugie dans le travail, je comble ce vide, ce manque par le travail, et çà va durer presque 5 ans.

 

Pendant ces années, tout le monde autour de nous a des enfants si facilement, que çà amplifie mon sentiment de ne servir à rien, mais je le garde pour moi. Je me rends compte à cette époque que la difficulté à avoir des enfants est un sujet tabou. Personne n’ose en parler, alors que moi çà ne me pose pas de problème. Je me rappelle du malaise d’un de nos couples d’amis à qui on venait d’annoncer la naissance d’une petite fille chez des amis communs. Naturellement nous leur avons demandé s’ils en voulaient, et là on a eu le droit par Monsieur à « on vient d’acheter un chien c’est pareil », et puis Madame, a eu l’air triste. Du coup j’ai « lâché la bombe » ! Et les langues se sont déliées, avec ce même ressenti du tabou et de l’incompréhension des proches, de la famille et les mêmes phrases entendues et répétées « vous y pensez trop, vous avez le temps, faites d’autres projets, … » et celles répétées à soi-même « je suis nulle, je ne sers à rien, pourquoi moi, je ne suis même pas capable d’avoir un bébé, je ne serai jamais une vraie femme… ».

 

Etre heureuse pour nos amis qui avaient leur premier, voir deuxième ou troisième enfant a toujours été facile après quelques semaines de tristesse. J’évitais de voir mes amies enceintes, mais malheureusement ce n’était pas toujours possible. Mais il y en a certaines qui ont été formidables, notamment une, qui m’a toujours « privilégiée » lors de nos moments ensemble. Elle me répétait que je serai une super maman, qu’elle le voyait quand j’étais avec ses filles, c’était son baromètre. Elle me les a toujours mises dans les bras dès mon arrivée chez elle pour enlever ce sentiment que si je n’avais pas d’enfant c’est que je ne devais pas être faite pour çà car je me le suis répétée pendant longtemps. Je peux même dire que pendant un temps j’ai « oublié » cette envie d’enfant. Je l’ai rangé dans un coin de ma tête, je vivais pour le travail, j’ai comblé ce vide, ce manque, cette envie, cette colère (parce que oui j’étais en colère contre moi) par mon boulot, je travaillais plus de 12h par jour (une aubaine pour mon patron !), je sortais beaucoup, je me faisais plaisir sans compter, et çà me convenait. Enfin c’est ce que j’ai pensé pendant ces années. Et pourtant paradoxalement, quand nous avons acheté notre maison, un chambre est restée « vide », je n’avais pas envie de la décorer, et aujourd’hui elle l’est encore sauf que j’ai des idées !!

 

Et puis en 2010, j’ai fait une rencontre amicale qui a commencé à remuer toutes ces choses enfouis, je commençais à en reparler, même à évoquer l’adoption. J’ai même cru à un moment que j’étais enceinte, j’ai ressenti un bonheur immense de me dire que peut être que, et puis non. Et en janvier 2011, mon père a fait un mois de coma, après une intervention chirurgicale, il a faillit y rester. Il a fallut prendre bon nombre de décisions à sa place, notamment celle de le faire vivre. Et quand j’ai vu avec quel acharnement il se battait pour vivre, pour revenir à la vie, j’ai eu le déclic. Ces moments où j’ai eu peur de le perdre, d’isolement pour ne pas sombrer et puis les quelques heures passées à ses côtés à lui parler pour le stimuler, ont eu raison de tous mes doutes, de mes peurs et surtout ont fait revenir l’envie d’être maman.

 

J’ai un mis plus d’un an à évacuer ce traumatisme qu’a été le coma de mon père, et puis en aout 2012, ma décision était prise, j’allais tout faire pour y arriver. J’ai commencé par demander à quitter mon poste, chose acceptée par mon boss à condition d’attendre février 2013 car une de mes collègues était en congé maternité après des années de combat elle aussi. Je ne me sentais pas de mener ce projet en même temps que mon boulot. J’avais besoin de temps, de calme et surtout de moins de stress.

 
J’ai pris rendez vous avec la PMA de NI…, et là surprise, c’est long pour avoir un rendez-vous mais je suis patiente !! Je rencontre le docteur T… en novembre, je passe les premiers examens avec succès, tout va bien pour moi, même l’hystérosalpingographie, qui est comme dit Hellia, une torture et pourtant je n’ai absolument rien. Arrive l’épreuve du spermogramme, que nous appréhendions, car si pour moi tout va bien, c’est que Monsieur a un petit souci. Eh ben non !!!

 J’ai commencé à voir un psychothérapeute en mars, pour mettre toutes les chances de mon côté, et j’ai revu le docteur T… en avril (quand je vous dis que c’est long !), pour elle tout va bien, sauf ma thyroïde qui refait des siennes alors que depuis 4 ans je ne prends plus rien. Elle me demande de prendre rendez vous avec un endocrinologue pour la stabiliser au plus vite, que chéri refasse un spermogramme de contrôle, que nous passions le test de Huhner et m’annonce qu’une insémination peut être programmée en juillet. Je suis sur un nuage, oublié tous les mauvais moments et les 5 étages montés en courant pour ne pas être en retard !!!

Malheureusement les dernières analyses ont montré que ma thyroïde débloque complètement, il semblerait que mon hypophyse ne fonctionne pas correctement. Mon insémination va devoir être reportée car les rendez-vous avec les endocrinologues sont difficile à obtenir, ce sera donc en août ou en septembre au mieux. Je vois une nouvelle endocrinologue demain, je croise les doigts, mais je suis sereine.

Aujourd’hui, je me sens bien, mais j’ai encore des doutes, et surtout de la colère envers moi-même de ne pas être allée au bout des premiers examens, çà m’aurait évité tout ce temps perdu, et en même temps, je me dis que c’est peut être mieux ainsi, que nous avons une situation stable, et que je vais avoir la chance de profiter de ce bébé tant attendu quand il sera là chose que je n’envisageais pas il y a quelques années. Pour moi il était inconcevable de m’arrêter de travailler pour avoir des enfants, c’était ma carrière avant tout, alors qu’aujourd’hui je m’en sens capable de mettre tout çà de côté et d’en profiter.

Désolée d’avoir été aussi longue mais çà fait du bien de vider son sac!

A bientôt

Laety30

L’INOFOLIC ? Kesako ?

LISETTE84 vous propose cet article

Et si vous souffrez d’ovaires polykystiques (OPK) et que votre gynéco chéri  vous propose l’INOFOLIC ? Kesako ?

Il y a quelques jours, mon gynéco m’a proposé de prendre ce traitement adjuvant pour la possible FIV à venir, car je souffre d’OPK. J’ai cherché un peu des informations et je vous les partage, ça sera peut être utile à d’autres.

Il s’agit d’un complément alimentaire associant myo-inositol et acide folique (et remplacera donc vos cachets quotidiens d’acide folique). On trouve ces 2 composés dans l’alimentation mais en plus petites quantités. Il vous est présenté comme le médicament coup de pouce des OPK pour retrouver une ovulation de qualité. Il n’est pas remboursé, vous aurez à débourser environ 30 € par mois pour suivre la posologie de 2 comprimés par jour, mais bon, si c’est efficace…

Si vous êtes OPK, on vous a peut être déjà parlé de la METFORMINE, ce traitement initialement contre le diabète qui s’utilise chez les OPK pour aider à réguler les cycles et l’ovulation. La METFORMINE améliorerait le profil métabolique des OPK mais le bénéfice en terme de grossesse à terme n’est pas toujours aussi clair que ça parmi les articles médicaux. En plus, même si la METFORMINE convainc tout de même beaucoup de gynécologues et mérite d’être essayée, elle n’est pas dépourvue d’effets secondaires, notamment d’inconfort gastro-intestinal. A sa décharge, ces effets secondaires s’estompent généralement sin on prend le comprimé au milieu d’un repas et avec le temps, mais pas toujours…

Alors voilà, l’INOFOLIC pourrait selon mon gynéco, être aussi efficace que la METFORMINE mais sans les effets secondaires.

 

Mais l’INOFOLIC,  est-ce vraiment efficace ?

Il n’y a pas encore une grande richesse d’études sur ce traitement mais les premiers articles sont encourageants.

Il semble qu’après 3 mois de traitement, l’INOFOLIC améliorerait chez les OPK :

          – La qualité et le nombre des ovocytes ponctionnés en FIV (plus de matures, moins d’immatures)

         –  La qualité des embryons obtenus en FIV (qualité morphologique)

          – La régularité des cycles et l’ovulation

          – Le BMI si surpoids

         –  Le profil lipidique (cholestérol et compagnie)

Cela dit, moi je n’ai pas trouvé d’étude claire montrant qu’il y a une amélioration du taux de grossesse à terme, ce qui est tout de même ce qui nous intéresse tous !

Du coup, conclusion mitigée… J’espère que d’autres études solides suivront !

Attention, il semblerait qu’il n’y ait aucun intérêt prouvé de ce traitement si vous n’êtes pas OPK.