Le drilling ovarien

Le drilling ovarien est une technique chirurgicale pratiquée par coelioscopie et sous anesthésie générale destinée aux femmes souffrant du Syndrôme des Ovaires PolyKystiques pour qui les traitements hormonaux de première intention (= citrate de clomifène (CC) et / ou gonadotrophines) n’ont pas permis d’obtenir de grossesse. Son but est de rétablir une ovulation spontanée ou tout du moins de favoriser une meilleure réponse aux traitements hormonaux. Son bénéfice est durable (sur plusieurs années !) mais non permanent.
La gynécologue de mon nouveau centre AMP me l’a recommandé après avoir vu que mon ovaire droit était augmenté de volume, que le diagnostic OPK ne faisait aucun doute et suite aux échecs dans mon premier centre AMP. Elle m’a indiqué une possible ovulation / grossesse spontanée dans environ 80% des cas, mais dans la littérature on tourne plutôt autour des 50% (58% si on donne en complément un traitement inducteur de l’ovulation) comme l’indique le Pr Hervé Fernandez dans la revue « La lettre du Gynécologue » datant de mai 2008. Dans cet article il indique également un possible effet bénéfique sur la survenue de fausses couches spontanées (environ 11-15% contre 30% dans la population OPK : amélioration de la qualité ovocytaire ? de la maturité ?) et cet acte chirurgical permettrait bien évidemment d’éviter les risques de grossesse multiple et d’hyperstimulation. En comparaison on estime le taux de grossesse à 35-40% dans le cadre d’un traitement au CC et il est de 20% dans le cas d’une stimulation par des gonadotrophines.

Concrètement l’opération consiste à perforer à de multiples reprises la surface des ovaires (apparemment il est recommandé de pratiquer 4 à 8 perforations). En effet dans le cas des OPK, les follicules en surnombre s’accumulent à la surface de l’ovaire sans qu’un seul d’entre eux ne vienne à maturité et soit expulsé (comme c’est le cas normalement). Cette « coquille » de follicules empêche le bon fonctionnement de l’ovaire, limite sa sensibilité aux hormones endogènes voire même favorise la production de testostérone.
Ainsi « soulagé » l’ovaire retrouve sa fonction, les rétro-contrôles hormonaux sont rétablis et l’ovulation spontanée est envisageable.
C’est ainsi que ma gynécologue m’a expliqué les choses, pour elle aucun follicule n’aurait jamais pu franchir cette « barrière » lors des divers stimulations que j’ai eu dans mon premier centre.

Suite à l’intervention, ma gynécologue (qui est le chirurgien qui m’a opéré) a tout de suite constaté un bénéfice au niveau hormonal : pour elle l’aspect de mon endomètre un mois post-drilling ne laissait aucun doute quant à la présence d’œstrogènes et j’ai moi-même constaté une diminution de l’acné que j’avais au visage ainsi que le retour à des cycles nettement plus réguliers. Cependant ce ne sont que des constatations, je n’ai pour l’instant eu aucun dosage hormonal et comme à l’heure actuelle je n’ai plus aucun suivi je n’ai pas de confirmation d’un retour de l’ovulation.

Pour finir je vous propose un lien vers une vidéo de l’émission « Allo Docteur » diffusée sur France 5 qui me semble claire et assez bien faite.