AMP Saint Roch à Montpellier – Interview du mois

En France l’activité d’Assistance Médicale à la Procréation est réglementée et soumise à autorisation.
 
Des centres publics (CHU) qui peuvent pratiquer toutes les techniques d’AMP : de l’IAC à la FIV, la partie don de gamètes étant généralement géré par les Cecos. Les centres privés peuvent donc eux aussi pratiquer toutes les techniques en dehors du don de gamètes, soit juste des inséminations quand ils n’ont pas reçu l’autorisation de pratiquer des fécondations in vitro.
  
Aujourd’hui, nous vous présentons le service AMP de la  Clinique Saint Roch de Montpellier. Ouvert en 1986, ils pratiquent un peu plus de 1000 tentatives de FIV par an. La clinique vient récemment de déménager dans des locaux tout neufs. Depuis quelques mois, ils proposent un accompagnement des couples, grâce à une équipe dédiée aux couples en parcours d’AMP, composée de deux psychologues, d’une sage-femme hypnothérapeute, de deux sophrologues et d’une naturopathe.
 
Nous avons posé quelques questions au docteur Gilles Regnier-Vigouroux, biologiste responsable du service AMP de la Clinique Saint Roch de Montpellier.
BAMP :  Docteur Regnier-Vigouroux vous êtes biologiste de la reproduction au service AMP de la clinique Saint-Roch, en quoi consiste votre travail ?
Le Centre AMP comme les autres centres regroupe plusieurs spécialités et intervenants. Comme responsable du Centre, mon temps est consacré d’une part à la gestion et l’organisation et d’autre part à mon métier, la biologie de la reproduction.
BAMP :  Dans un protocole de FIV le gynécologue est sur le « devant de la scène » au contact direct du couple, tandis que le biologiste travaille dans son laboratoire. Son action est pourtant très importante dans la préparation des gamètes du couple, la fécondation et le développement de l’embryon. Comment vivez-vous ce travail déterminant mais à distance du couple ?
L’AMP est un domaine particulier où le travail du biologiste ne se résume pas uniquement à l’aspect technique. En effet, au Centre AMP st Roch nous rencontrons tous les couples à chaque étape.
Le matin nous sommes en technique au laboratoire et l’après-midi, nous consultons les couples. Nous voyons systématiquement les couples pour les informer sur le protocole AMP et décider de la suite à donner. Nous les voyons aussi avant chaque transfert ou insémination.
BAMP : Au cours de votre expérience professionnelle quelles évolutions notables avez-vous remarqué sur les caractéristiques des gamètes humaines (dégradation de la quantité et de la qualité du sperme, augmentation des mauvaises qualités ovocytaires, etc.) ?
C’est vraiment un sujet d’actualité. Les CECOS avaient déjà constaté une diminution de moitié du nombre moyen de spermatozoïdes en 30 ans chez l’homme. On connait les effets délétères des pesticides et phtalates sur les fonctions reproductibles. Le tabac, le cannabis sont responsables d’altérations au niveau des noyaux gamétiques. Il existe de plus en plus d’études qui démontrent des relations de cause à effet entre l’environnement et la fertilité. Les indications d’AMP d’aujourd’hui ne sont pas tout à fait les mêmes qu’il y a une dizaine d’années. On traite en effet plus d’infertilités masculines et nous prenons en charge plus d’insuffisances ovariennes que nous aurions refusés il y a 10 ou 15 ans.
4. Pensez-vous qu’une amélioration des techniques puisse combler le déficit qualitatif des gamètes ?
Il y a une chose sur laquelle on ne pourra jamais agir, c’est l’âge de la femme donc l’âge des ovules. Tout le monde sait que plus l’âge avance et plus la fertilité diminue. Même avec une bonne réserve ovarienne, les chances de grossesses ou d’avoir un enfant sont moins bonnes avec un âge avancé. Les chances de réussite sont meilleures avant 35 ans qu’après.
5. Notre association s’est positionné contre l’utilisation de l’auto test de sperme, car nous pensons qu’il est inutile, peu fiable car n’apportant qu’une réponse quantitative,
potentiellement source d’inquiétude car réalisé sans soutien d’un médecin. Quel est votre avis sur ce dispositif ?
En effet, il ne remplacera jamais un spermogramme fait dans un laboratoire spécialisé car il ne donne qu’une évaluation approximative de la concentration de spermatozoïdes. Or, pour apprécier un sperme il existe deux autres critères comme la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes. De mon point de vue, la qualité de la mobilité est probablement le critère le plus important. Pour aller plus loin, un seul spermogramme ne suffit pas, il existe des fluctuations intra-individuelles dans le temps et donc on recommande en général un deuxième spermogramme, au moins 2 mois après pour pouvoir parler d’infertilité masculine. De toute façon, un spermogramme même complet n’explique pas toujours l’infertilité chez l’homme.
BAMP : Voyez-vous une amélioration notable de la qualité des gamètes chez les couples qui utilisent des compléments alimentaires spécifiques à l’infertilité ? Chez certains profils médicaux ou chez tous ?
En effet, certains compléments alimentaires ont prouvé leur efficacité en diminuant le taux de fragmentation du noyau du spermatozoïde par leur effet antioxydant sans améliorer sensiblement les paramètres du spermogramme. Les études dans ce sens sont prometteuses mais n’oublions pas que nous retrouvons ces mêmes composés dans l’alimentation. A St Roch nous nous intéressons à cet aspect-là en accompagnement de la prise en charge en collaboration avec une naturopathe spécialisée.
BAMP : Quelles ont été les grandes étapes techniques (outils, milieux de culture, embryoscope, traitement de l’air, etc), de votre point de vue de biologiste de la reproduction, qui ont permis de meilleures réussites en FIV ?
La technologie a considérablement évolué ces dernières années. Le fait de suivre en temps continu le développement de l’embryon avec l’Embryoscope permet d’affiner sensiblement nos critères d’évaluation sur les chances d’implantation de chaque embryon. Mais cela ne suffit pas car il faut aussi un bon endomètre et choisir la bonne fenêtre d’implantation. Des tests sont ainsi en cours de développement. Quant aux conditions environnementales, elles sont essentielles au bon développement des embryons. Certes, il y a le traitement de l’air du labo mais il y a aussi la qualité et le nombre d’incubateurs dont on dispose et les moyens techniques de surveillance des températures et de pH des milieux. La qualité des milieux et le choix qui nous est proposé actuellement nous permet d’adapter à chaque cas des stratégies de cultures adaptées.
BAMP : Quelles sont celles qui restent à faire ?
Plus on avance dans la connaissance des embryons plus on risque de toucher à l’aspect éthique. Ainsi il sera possible de savoir par des tests génétiques complets quel embryon est normal, donc transférable et quel embryon rejeter. Cela commence à exister dans certains pays. Mais encore une fois nous, professionnels, avons besoin de connaître les limites à ne pas franchir. La science évolue plus vite que la mise à jour de la loi de Bioéthique !
BAMP :  Un laboratoire d’AMP « performant », que doit-il contenir et comment doit-il être géré pour optimiser les chances de réussites des couples ?
Pour moi le terme de Centre est plus approprié car à St Roch le mode de prise en charge du couple infertile est aussi important que la technicité qui est derrière. Vous pouvez avoir le plus beau laboratoire du monde, vous n’aurez pas forcément les meilleurs résultats. Bien sûr le nouveau laboratoire que nous ouvrons ce mois-ci prend en compte les dernières recommandations et anticipe même les nouveautés technologiques notamment dans le domaine du traitement de l’air et des matériaux utilisés.
BAMP :  Quel est votre point de vue sur les taux de réussite des FIV, qui plafonnent en moyenne aux alentours de 20 % par tentatives en France.
Il y a des disparités considérables entre Centres. 20% en moyenne signifie que certains centres affichent des résultats autour de 15%. Nous avons normalement des autorités qui nous contrôlent (les ARS, l’Agence de Biomédecine). Il ne s’agit pas de sanctionner car le moindre incident peut faire chuter les résultats. Des audits au sens positif du terme, devraient être effectués pour détecter les problèmes et réagir au plus vite dans l’intérêt des patients. En 2010 et 2012 , nos résultats avaient baissé, et nous avons réagi en effectuant à notre propre compte des audits croisés avec d’autres Centres. Du coup en 2013, le classement de l’ABM nous classe premier des 10 plus gros centres français.
BAMP :  Quel sont les principaux types de patients qui s’adressent au service AMP de la clinique Saint-Roch? Des français en majorité ? Des personnes d’autres pays, si oui lesquels ?
Notre patientèle est à 80% régionale, de Perpignan à Nîmes et les 20% restant pour moitiés hexagonale et étrangère. Nous avons essentiellement une population russophone car nous avons une gynécologue d’origine géorgienne et anglophone (Américains, Anglais).
BAMP : Quel est le profil médical type d’un couple infertile qui s’adresse au service AMP de la clinique Saint-Roch ?
Nous pratiquons plus de 1100 tentatives par an et nous avons tous les profils. Un certain nombre de couples viennent nous voir après un refus dans un autre Centre. Il s’agit souvent de « mauvaises répondeuses » ou d’insuffisances ovariennes que certains centres récusent. Nous essayons en concertations multidisciplinaires d’aller jusqu’à la limite de la faisabilité.
BAMP : Quelles sont les spécificités d’une prise en charge dans un centre d’AMP privé par rapport à un centre public ?
Un des avantages du privé est la réactivité et la simplification des prises de décision en matière d’organisation et d’investissements. Notre modèle de prise en charge du couple se caractérise par des consultations personnalisées (toujours les mêmes intervenants), la possibilité d’un accompagnement (sophrologue, psychologue, hypnose, naturopathe…), des amplitudes larges au niveau de l’accueil et des plages horaires d’ouverture au public. Au final, nous n’avons pas de liste d’attente et si le dossier est complet et que le couple est prêt, on y va.

BAMP : Est-ce que beaucoup de couples se tournent vers la clinique Saint-Roch pour effectuer des FIV supplémentaires aux quatre tentatives remboursées ?
Comme je le disais nous recevons de couples récusés dans d’autre Centres. Le staff pluridisciplinaire décidera ou non de la prise en charge.

 

BAMP : Dans le classement des centres d’AMP établi par l’Agence de Biomédecine, comment se situe le centre d’AMP de la clinique Saint-Roch par rapport à la moyenne nationale ?
2010 et 2012, dans la moyenne, par contre en 2013 (à publier) nous sommes premiers des 10 plus gros centres français (ceux pratiquant plus de 1000 tentatives). Ceci dit, les résultats peuvent changer d’une année sur l’autre. Il faut simplement être vigilant sur des résultats qui tendraient au-dessous de 20%.
BAMP : Avez-vous des perspectives d’amélioration à mettre en œuvre pour augmenter encore vos taux de réussite globaux ou sur des profils d’infertilité spécifiques ?
Nous avons aménagé notre nouveau laboratoire ces jours ci. Nous avons aussi réorganisé la prise en charge car tous les intervenants se trouvent maintenant sur site . On ne peut espérer dans ces conditions qu’être meilleur !
BAMP : Établissez-vous des statistiques de taux de réussites par types de pathologies ?
Nous sommes certifiés depuis 2008 et en cours d’accréditation. C’est une pratique courante d’analyser régulièrement notre performance selon les types d’infertilité, selon les intervenants, selon des critères techniques etc…
19. Les centres de FIV privés n’ont plus le droit depuis plusieurs années, de pratiquer le don de gamètes. Recevez-vous, malgré cela des propositions de femmes et des hommes qui souhaiteraient faire don de leurs gamètes ?
Très rarement
BAMP :  Recevez-vous des femmes qui souhaiteraient faire vitrifier leurs ovocytes, hors d’un traitement FIV ? Avez-vous une position sur l’interdiction qui est faite en France à ce sujet ?
La France est un des derniers pays à ne pas autoriser la préservation sociétale. C’est regrettable car la société évolue. Nous commençons à avoir des demandes.
BAMP :  Depuis l’apparition d’internet et l’utilisation importante que les patients en font, avez-vous constaté un plus fort investissement des patients dans le besoin d’échange et de compréhension de leur prise en charge ?
Je vais rarement sur les forums mais je suis très favorable aux échanges d’expériences entre couples, entre autre par le biais d’internet.
BAMP : Le service AMP de la clinique Saint-Roch propose depuis quelques mois, un accompagnement spécifique avec des praticiens en médecines complémentaires : hypnose, sophrologie, suivi psychologique. Pourquoi avoir mis en place ce type d’accompagnement ?
C’est à la fois une demande des patients et pour nous une nécessité évidente. Nous faisons chaque année des enquêtes de satisfaction et à chaque fois les facteurs suivi psychologique ou écoute étaient mis à défaut.
Les médecins ne sont pas très formés à la psychologie et n’ont pas souvent le temps nécessaire pour écouter. Depuis la mise en place de cette équipe d’accompagnement, nous avons des retours très positifs. De façon globale, les couples sont mieux préparés au stress et à la pénibilité du traitement et ont l’impression d’être mieux écoutés.
BAMP :  La clinique Saint-Roch doit prochainement déménager dans un bâtiment tout neuf. La perspective du déplacement du service AMP et donc des gamètes conservées dans les bonbonnes à moins 196° doit faire l’objet d’un protocole de déménagement particulier ?
Le déménagement des embryons s’est fait dans de bonnes conditions le 23 février. Il a fallu organiser ce déplacement avec la police nationale et l’aval de notre ARS. Nous avons donc pris toutes les précautions nécessaires pour sécuriser ce transport. Certains couples étaient inquiets, nous avons beaucoup communiqué sur le déménagement pour les rassurer.
BAMP :  Pensez-vous qu’il soit utile qu’une association de patients de l’assistance médicale à la procréation et de personnes infertiles, existe en France ? Pourquoi ?
C’est une évidence, car c’est entre autre un relai pour faire remonter les problématiques au corps médical. C’est aussi une source d’information utile pour les patients.
Quelques dates importantes pour le centre AMP Saint Roch. 

Depuis le 3 juillet 2010, le centre AMP St Roch, regroupant les activités cliniques et biologiques d’Aide Médicale à la Procréation (traitement de l’infertilité par inséminations et fécondation in vitro) est certifié ISO 9001. C’est une première en Languedoc-Roussillon pour ce type d’activité. Cette certification est une reconnaissance officielle pour la qualité de la prise en charge du couple infertile. Elle prend en compte l’accueil, le diagnostic médical et biologique, et les traitements médicaux jusqu’au suivi des prises en charge.

2010 : Démarrage de l’IMSI. C’est une technique nouvelle qui permet de mieux sélectionner les spermatozoides en ICSI et qui est proposée pour certaines indications masculines d’infertilité ou des échecs inexpliqués de FIV.

2012 : Démarrage de la vitrification. C’est une technique bien connue à l’étranger et qui vient d’être autorisée en France. C’est une congélation rapide des embryons, plus performante qui remplace la technique lente de congélation.

2013 – 2014 : Nouveaux membres dans l’équipe. Professeur Hervé Dechaud CHU Montpellier, Docteur Pierre Sanguinet Polyclinique de l’Atlantique Nantes, Dr Olivier Pouget CHU Nîmes

2014 : Les premiers jumeaux nés en Languedoc-Roussillon par vitrification ovocytaire. Article Midi Libre du 28/05/2014: http://www.midilibre.fr/2014/05/28/ces-bebes-de-l-espoir,866909.php

Du 24 au 26 septembre : le Centre AMP St Roch est co-organisateur à Montpellier du congrès national de fertilité FFER

Février 2016 : Déménagement de la clinique et du Centre AMP dans de nouveaux locaux à Montpellier prenant en compte la plupart des innovations en matière de prise en charge du couple et de technologies.

Novembre 2015 : Suite à une forte demande des couples, mise en place d’une équipe spécialisée de sophrologues, psychologues et hypnothérapeute pour améliorer la prise en charge sur l’accompagnement en AMP durant toutes les étapes du parcours. »

 

Le site du centre d’AMP Saint Roch de Montpellier.

 

 

 

 

Innovation technique pour mieux évaluer la viabilité d’un embryon ?

MErck

Les couples infertiles vont mal, mais l’industrie pharmaceutique qui les « traite » va bien ! Nous déplorons l’augmentation de l’infertilité, mais les labos eux se « frottent » les mains car ils voient leurs chiffres d’affaires augmenter. Cela leur permet de faire de la recherche, de proposer des solutions plus efficaces, des médicaments mieux tolérés, de penser et produire des techniques innovantes pour améliorer les prises en charges médicales des couples infertiles. Mais est-ce que les couples infertiles Français bénéficient de ces innovations proposés par les laboratoires comme Merck-Serono ?

La semaine passée, ce dernier qui produit notamment  le GONAL-F,  (mise sur le marché Européen en 1995) a présenté différents dispositifs techniques censés améliorer les résultats des FIV.

« Gonal-f* réalise plus de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires par an et représente
18% du chiffre d’affaires de la firme en France, a souligné Pierre-Henry Longeray,
président de Merck Serono France, lors de la conférence de presse. C’est le
deuxième produit le plus important du laboratoire sur le territoire, après
l’anticancéreux Erbitux* (cétuximab), a-t-il noté. »

Faut-il s’en réjouir ? Que faisons-nous pour réduire les causes de l’augmentation de l’infertilité ? Notamment la qualité de notre environnement qui en se dégradant entraine une hausse des situations d’infertilité.

« Outre Gonal-f*, il commercialise Luveris* (lutropine alfa),
Cetrotide* (acétate de cétrorélix), Ovitrelle* (choriogonadotropine alfa), Pergoveris*
(follitropine alfa et lutropine alfa) et Crinone* 80 mg/g (gel de progestérone).« 

« Le laboratoire souligne qu’il est le « seul au monde à proposer une offre complète de
médicaments destinés à traiter les troubles de la fertilité à chaque étape du cycle
reproductif ainsi que des versions recombinantes des trois hormones clés du
traitement de l’infertilité ». 

Un monopole qui donne le vertige, vous ne trouvez pas ?

Merck-Serono leader mondial des troubles de fertilité, communique sur son nouveau produit : EEVA nom d’un dispositif technique (premier produit de leur nouvelle activité « Fertility technologies ») qui doit permettre de mieux « prédire » et de façon plus précoce la viabilité des embryons.

Eeva

Eeva autorisée en France depuis le mois d’avril, c’est en fait une boite de pétri spécifique, un microscope dédié (placé à l’intérieur de l’incubateur) qui va prendre une image toutes les cinq minutes pendant trois jours et surtout un logiciel permettant d’analyser les images prises du développement embryonnaire et de « prédire » grâce à l’analyse croisée de différentes paramètres (biologiques, morphologiques, cinétiques, etc), les capacités de développement ultérieur de tel ou tel embryon, sa capacité à s’implanter. Ce test doit permettre de décider sur des éléments plus objectifs que « l’oeil » du biologiste, quels sont les embryons à transférer.

Il s’agit d’un « test non invasif complémentaire aux évaluations morphologiques
traditionnelles effectuées en laboratoire par des embryologistes », souligne la firme.
Il a été évalué dans une étude clinique prospective multicentrique, publiée dans
Fertility and Sterility en 2013.

En tout cas les déclarations de la société pourraient convaincre les plus récalcitrants des couples infertiles, avec l’augmentation impressionnante des taux de prédiction positive de la viabilité des embryons.

« Cette étude de cohorte a montré que le test Eeva*
permettait de prédire sur des embryons à J3 la formation des blastocystes (J5-J6)
avec une spécificité de 85%. Le taux de faux positifs est passé de 48% à 15% avec ce
test par rapport à la méthode traditionnelle de sélection des embryons basée sur la
morphologie, et la valeur prédictive positive est passée de 34% à 55%, indique le
laboratoire. »

Les quelques jours entre la ponction et le potentiel transfert, sont une étape très stressante pour nombre de couples infertiles : allons-nous avoir des embryons ? Vont-ils bien se développer ? Est-ce que nous allons pouvoir en transférer ? Vont-ils donner une grossesse ?  Car nous sommes encore bien trop nombreux à faire une, deux, voir trois, quatre (et plus) tentatives (FIV et TEC confondus) avant qu’ENFIN un embryon s’accroche (hors de toutes autres pathologies liées à la qualité des gamètes ou à la réceptivité utérine). Juste parce qu’il est difficile pour les équipes de « choisir » l’embryon J2 ou J5 qui aurait le plus de « chance » de s’implanter et de bien se développer. De nombreuses équipes de recherches publiques et privées s’activent pour mieux comprendre les mystères de l’embryon. Merck-Serono apporte un nouvel outil pour tenter de répondre à ces questions.

« Merck Serono va également lancer une étude européenne, incluant des centres
français, sur 1.500 patientes, baptisée TILE, afin de vérifier et confirmer l’intérêt de ce
test ».

Vous allez peut-être vous voir proposé d’intégrer cette étude, à suivre.

« Eeva* est déjà bien implanté en Espagne, où il a été lancé en septembre 2014, et
quelques centres britanniques en sont également équipés, a indiqué à l’APM Lucile Chantegrelet, directrice de la franchise fertilité de Merck Serono, lors de la conférence
de presse. Il commence à s’installer en Italie et en Allemagne, où il a été lancé en
début d’année. Aucun centre français n’est encore équipé, a-t-elle ajouté. »

Nous doutons et regrettons qu’ils puissent s’équiper un jour (sauf si le tarif n’est pas trop élevé). Peut-être que le fait de participer à l’étude TILE permet d’accéder à ce dispositif à moindre coût ? Est-ce que le matériel Eeva est prêté, loué aux équipes Françaises intégrant l’étude ? Est-ce que Merck-Serono installe ces équipes pour que ces derniers gères la technologie Eeva, sans que les équipes Françaises puissent s’en approcher ? Informations que nous aimerions connaitre pour mieux comprendre à quelles sauce nos embryons seront « analysés ».

De plus, Merck-Serono envisage dans un avenir proche, de « lancer, trois nouvelles innovations techniques« . 

GERI  semble le produit le plus prometteur, car il va combiner un incubateur avec système « TIME LAPS », comme il en existe déjà via l’embryoscope (produit par une firme concurrente dont nous vous avions déjà parlé dans un précédent article) avec son système de test prédictif Eeva. L’innovation résidera dans la possibilité d’accueillir dans cet incubateur six boites de pétri, de six couples différents avec six microscopes, un pour chacune des boites de pétri ; limitant ainsi les interactions néfastes (ouvertures des portes, manipulations à l’extérieur, perte de la température constante). Pour rappel dans une boite de pétri, vous avez plusieurs embryons d’un même couple.

Les équipes d’amp françaises ont déjà bien du mal à investir dans des incubateurs avec système TIME LAPS (voir cet article), ce que nous regrettons. En effet très peu d’équipes (trois ou quatre en 2014) en France possèdent ce système, pourtant utilisé dans d’autres pays avec succès. Ce n’est pas demain la veille qu’elles vont pouvoir investir dans cette nouvelle technologie Eeva, qui doit bien couter un petit peu plus cher (à moins que…mais nous n’avons pas d’information sur le prix du système Eeva). Pourtant, nous aimerions vraiment que les taux de réussite des FIV réalisées en France augmentent. Permettant ainsi aux couples de passer moins de temps dans les parcours d’AMP, de moins s’épuiser face à l’accumulation des échecs, de faire faire des économies à la sécurité sociale.

 Les autres nouveautés du laboratoire Merck-Serono sont :

« Gems* est un nouveau milieu de culture dont le marquage CE est attendu pour
l’automne, a-t-elle noté.
Gavi* est « le premier instrument de vitrification au monde à être automatisé », note la
firme. Il permet une standardisation et une homogénéisation de la vitrification
embryonnaire, avec échanges de fluides et scellement automatiques, a précisé la
responsable.
La firme lancera par ailleurs son gel de progestérone Crinone* en septembre en
France. Le produit est disponible depuis de nombreuses années dans d’autres pays,
mais pas encore dans l’Hexagone pour des « histoires d’AMM [autorisation de mise sur
le marché] et de procédures réglementaires », a-t-elle déclaré à l’APM. Il ne sera pas
remboursé, a-t-elle précisé. »

 

N.B. : Le manifeste de l’association COLLECTIF BAMP, réclame une augmentation des moyens mis à dispositions des équipes AMP Françaises pour qu’elles puissent offrir à leurs patients des technologies plus performantes.

 

Sources : Redaction APMNEWS.COM 25 juin 2015

Téléphone portable et altération de la qualité du sperme, c’est prouvé …

 

 

De plus en plus d’études mentionnent les ondes transportées par les téléphones portables comme ayant un impact délétère sur la qualité du sperme, et qui semblent être une cause parmi d’autres acteurs environnementaux d’infertilité masculine.

Plusieurs articles, ICI, ICI et ICI, ont repris les résultats d’une méta-analyse d’études portant sur le sujet. Il s’agissait de regrouper les résultats de diverses études, afin que la nombre de variables et le nombre d’individus concernés soient suffisamment importants pour être significatifs.

Au vu des seuils d'(in)fertilité, la baisse de qualité du sperme identifiée peut suffire à faire basculer un homme à la frontière de la fourchette basse de l’infertilité dans celle ci. L’impact du téléphone portable rangé dans la poche du pantalon n’est donc pas à exclure, notamment en ce qui concerne l’un des 3 paramètres mesurés lors des spermogramme : l’aspect morphologique.

Le résumé de l’étude en anglais est ICI.