Votre avis compte ! Etats généraux de la bioéthique

Nous vous rappelons que le site officiel des Etats Généraux de la bioéthique est ouvert et actif.

Ce site est un des outils mis en place pour recueillir les avis des citoyens sur les sujets bioéthique 2018.

Les avis qui s’expriment sur ce site, vont donc servir, (avec ceux recueillis dans les réunions publiques et lors des auditions des associations, d’ailleurs BAMP sera auditionnée le mercredi 21 février et sociétés savantes), au CCNE pour proposer un avis global (selon les retours des citoyens exprimés) au gouvernement, qui ensuite va faire une proposition de loi qui sera soumise au vote du Parlement.

Nous vous conseillons vivement d’aller y faire entendre vos points de vue. Comme nous vous l’avons déjà indiqué dans de précédents articles, les personnes anti PMA sont fortement mobilisés dans les réunions publiques, elles le sont tout autant, voir plus (pas besoin de bouger de chez soi pour donner son avis) sur ce site. Il serait vraiment regrettable de ne pas obtenir les avancées que nous attendons, sur la préservation de la fertilité, la recherche sur l’embryon, la modification de la définition et des indications pour l’accès à l’AMP, simplement parce que personne n’a pris le temps de lire, de donner son avis et d’apporter sa contribution à ce débat bioéthique 2018, via ce site.

La démarche est simple : il faut s’inscrire sur le site, pour pouvoir ensuite contribuer soit en indiquant votre accord ou votre désaccord sur les contributions (propositions argumentées) des uns et des autres.

D’un point de vue associatif, nous allons proposer des contributions sur les sujets qui entrent dans notre domaine d’intervention. Nous vous les indiquerons, pour que vous puissiez donner votre avis (accord, désaccord, mitigé), avis qui je le rappelle orientera la synthèse du CCNE.

Vous pouvez aussi vous même proposer des contributions sur les sujets suivants :

  • Cellules souches et recherche sur l’embryon
  • Examens génétiques et médecines génomique
  • Dons et transplantations d’organes
  • Neurosciences
  • Données de santé
  • Intelligence artificielle et robotisation
  • Santé et environnement
  • Procréation et société…..……….le thème avec le plus de contributions, de commentaires……….de méconnaissances de la situation qui s’expriment…….
  • Prise en charge de la fin de vie

Il vous reste 71 jours pour le faire, après……les Autres auront donné leur avis et pas vous.

Vous trouverez aussi sur le site la carte des rencontres en régions, si vous souhaitez vous y rendre.

Le site des états généraux de la bioéthique c’est par ici.

Pour vous inscrire et contribuer, c’est par là

N’oubliez pas de partager cela autour de vous (familles, ami-es) tous le monde est concernés par les thèmes proposés et les questions soulevées : Quel monde que nous voulons pour demain ? Votre avis compte !

#bioéthique2018 #VraimentPour

Débat sur la bioéthique, il va falloir vous mobiliser !

Désolée pour le conseil, voir l’injonction de ce titre, mais au lendemain du premier débat de bioéthique auquel BAMP a participé sur un sujet en lien direct avec l’infertilité et l’AMP : « La recherche sur l’embryon, un espoir pour les couples infertiles ? » (20 janvier à Nantes). Il nous semble important de vous alerter sur le fait que ce qui se joue en 2018 au sujet de la révision de la loi de bioéthique, ce n’est pas – juste – un petit débat du dimanche.

Il est important aussi de vous indiquer que les opposants à l’AMP sous toutes ces formes (Pro-vie, anti-IVG, anti-PMA pour tous (hétéro comme homo), civitas, alliance vita, manifpourtous, veilleurs,  groupuscules religieux extrémistes, etc),  sont eux TRÈS mobilisés et très déterminés à faire entendre leurs points de vue, et surtout à peser sur l’orientation de la prochaine loi de bioéthique.

Nous en avons eu la preuve encore hier. Où dans l’assistance constituée d’une cinquantaine de personnes, la moitié au moins était des opposants farouches à toutes formes d’AMP. Certains ayant fait le déplacement depuis les Côtes d’Armor, ou la Mayenne.

En un mot, pour eux il faut que rien ne change, mais plus grave que des droits déjà acquis depuis de nombreuses années soient remis en question :  « arrêtons toutes formes d’AMP faisons de la Naprotechnologie« , « arrêtons l’IVG, l’IMG au nom du caractère sacrée de toutes vies humaines », « Pas de recherche sur le vivant, Dieu se charge de tout ». « l’éthique c’est la Morale ». Nous avons évité les propos homophobes, sexistes, car le sujet n’était pas l’accès des femmes à l’amp. Mais, nous les attendons lors des prochaines réunions qui auront pour thème « l’ouverture de l’amp à toutes les femmes ».

Ce qui est dérangeant dans cette situation, c’est que le doute, l’interrogation nécessaire, sur un sujet aussi complexe ne peut pas se faire. Car l’expression de leur valeurs prend le dessus, empêchant toutes formes de réflexion en profondeur sur ces sujets importants tels que jusqu’où faut-il aller dans la recherche sur l’embryon ? Pourquoi ? Qu’est-ce qu’un embryon ? Faut-il replacer l’infertilité et le recours à l’AMP dans une approche plus globale, en santé publique et santé environnementale ? Allons-nous vers plus d’AMP ou vers plus de prévention sur la fertilité ? Etc.

Cette attitude empêche d’ailleurs toute forme de mise en débat d’un sujet, puisqu’ils arrivent déterminés non pas à penser, interroger un sujet, une question mais affirmer que seul leur point de vue et leur valeurs sont les bonnes. Ils sont totalement hermétiques à toutes formes de doutes, de questionnements. Ils ne viennent pas pour débattre, mais pour vous convertir.

Plongeant ainsi, tous les participants non pas dans un temps de réflexion, de remise en question, de pensées partagées, mais nous obligeant, nous même à radicaliser notre pensée et notre point de vue.

Nous ne sommes plus dans un dialogue mais dans une opposition d’idées, d’arguments et c’est vraiment dommage, au regard de l’objectif offert par le débat éthique sur « quel monde voulons nous pour demain ?« . Sujet nécessaire et important.

Comme souvent, que cela soit sur les réseaux sociaux ou dans la vie, ce sont les gens mécontents, les extrémistes de tout bord que l’on va le plus entendre. Sauf que cette année, dans le contexte de révision de la loi de bioéthique toutes les voix comptent.

Si nous mettons de côté les personnes animées de convictions religieuses et morales très marquées contre l’amp, hier il nous a semblé aussi totalement nécessaire d’apporter des informations simples mais précises aux personnes qui tenaient des propos (volontairement ou pas) basés sur de fausses informations, ou des informations erronées : « mais avez-vous pensé au devenir et à la vie future des enfants, nés d’embryons que vous avez génétiquement manipulés » (en France, il n’y a pas de manipulation génétique des embryons et encore moins d’enfant qui naisse suite à cela), « pourquoi proposez-vous aux personnes de choisir le sexe, la couleur des yeux des enfants ? » (En France, cela ne se fait pas) expression d’une méconnaissance totale (ou feinte) de la réalité. Car en AMP en France, il n’y a pas de manipulation génétique. Et notre association serait vigilante à ce que cela ne puisse arriver. En France, le diagnostic pré-implantatoire, qui est déjà autorisé depuis des années, consiste en une analyse des chromosomes. « Vous faites des recherches sur des embryons qui sont des enfants, vous en rendez-vous compte! » (Non les embryons donnés à la recherche, ne seront jamais transférés dans un utérus de femme et ne deviendront jamais « des enfants »). Le dépistage que nous demandons avant transfert, permettrait simplement de ne pas transférer des embryons chromosomiquement non viables (aneuploïdes), qui de toute façon ne deviendraient jamais un fœtus, ni un bébé, car les anomalies chromosomiques sont trop nombreuses.

La forme de la réunion d’hier, ne nous a pas semblé favorable à sortir de ce clivage intellectuel, moral des POUR et des CONTRE. Il aurait été intéressant de proposer un premier temps d’informations sur ce qui existe, un temps de témoignages des différents point de vue, puis un dernier temps de recherche de solutions, ou du moins d’une tentative de construction de propositions argumentées. Ce dernier temps permettant une mise à distance des émotions et des préjugés des uns et des autres, pour rechercher, proposer un argumentaire des différents courants qui se seraient exprimés lors des deux autres temps.

 

Caroline responsable de l’antenne BAMP Pays de la Loire

 

Alors nous ne saurions que vous inciter à participer aux prochains débats qui pourraient se tenir près de chez vous (voir la liste ci-dessous). Car les représentants de l’association COLLECTIF BAMP ne pourront pas être dans toutes les réunions qui vont avoir lieu sur le territoire national, jusqu’au mois de juin pour défendre, faire entendre, rétablir certaines vérités dans les multiples débats qui vont avoir lieu, au sujet de l’infertilité, l’AMP, sa prise en charge et les modifications possibles de ces indications.

 

Merci à cette très vieille dame, ancienne médecin généraliste et surtout grand-mère de petits enfants nés grâce à une AMP d’avoir à la toute fin de ce débat apporté un peu de soutien à la cause des personnes souffrants d’infertilité et ayant recours à l’AMP.

 

 

Voici une liste non exhaustive des prochaines dates où l’AMP va être discutée soit de façon exclusive, soit avec d’autres sujets. Allez-y pour faire entendre votre point de vue.

  • Montpellier le 24 janvier
  • Angers le 30 janvier
  • Strasbourg du 30 janvier au 4 février
  • Saint Jean Cap Ferrat le 3 février
  • Rennes le 17 février
  • Brest le 20 février
  • Nantes le 21 février
  • Nice le 21 février
  • Yrieix la Perche le 16 mars
  • Corse les 5 et 6 avril
  • Paris à Science-Po le 9 avril
  • Caen le 9 avril
  • Paris mairie du 4ème le 6 juin

 

Vous trouverez ci-dessous la liste des différents sites internes des espaces de réflexions éthique en régions, qui sont chargés de proposer des débats, de récolter via des questionnaires en ligne les avis des citoyens. Ils proposent aussi des questionnaires et certains la constitution de groupe de citoyens pour participer aux débats.

Espace de réflexion éthique régional Alsace – ERERAL : http://www.ereral.fr/

Espace de réflexion éthique d’Aquitaine – EREA : www.chu-bordeaux.fr/Patient/espace-de-reflexion-ethique-regional-d-aquitaine

Espace de réflexion éthique régional Auvergne – ERERA : http://www.espace-ethique-auvergne.fr/

Espace de réflexion éthique Régional Auvergne Rhône-Alpes – ERERARA : http://www.ererra.com/

Espace de réflexion éthique de Bretagne – EREB : www.espace-ethique-bretagne.fr

Espace de réflexion éthique région Centre – ERERC : www.ererc.fr

Espace de réflexion éthique de Champagne-Ardenne – ERECA : sites.google.com/site/erecaethique/home

Espace de réflexion éthique de Guadeloupe et des Îles du Nord – EREGIN : Site web en cours de création

Espace de réflexion éthique de Guyane – EREG : Site web en cours de création

Espace de réflexion éthique Ile-de-France – ERE/IDF : www.espace-ethique.org

Espace de réflexion éthique Languedoc-Roussillon – ERELR : http://espace-ethique-lr.org/

Espace de réflexion éthique du Limousin – ERELIM : www.erelim.fr

Espace Lorrain d’Ethique de la Santé – E.L.E.S. : eles.chu-nancy.fr

Espace de réflexion éthique régional de Martinique – ERERM : https://espace-ethique-martinique.fr/

Espace de réflexion éthique Midi-Pyrénées – EREMIP : www.eremip.org

Espace de réflexion éthique régional du Nord Pas-de-Calais – ERER NPDC : http://www.ethique-npdc.fr/

Espace de réflexion éthique de Normandie – EREN : www.erehn.fr

Espace de réflexion éthique PACA-Corse : http://www.medethique.com/

Espace de réflexion éthique des Pays de la Loire : http://www.erepl.fr/

Espace de réflexion éthique régional de Picardie – ERER-Pic : www.espace-ethique-picardie.fr

Espace de réflexion éthique régional Poitou-Charentes : www.espace-ethique-poitoucharentes.org

Espace de réflexion éthique de la Réunion

 

 

 

#bioethique2018 #VraimentPour #1couple6

POUR le dépistage des embryons aneuploïdes !

Commençons déjà par repréciser, deux trois choses importantes

  • Ce dépistage n’est pas égal à de l’eugénisme. Car il n’y a pas de manipulation du génome, comme c’est le cas pour les OGM (organismes génétiquement modifiés, céréales, légumes, etc), mais bien une analyse des chromosomes constituants l’embryon. Un prélèvement de quelques cellules à J5, puis
  • Nous parlons et les généticiens aussi, de dépister les embryons aneuploïdes (cellules qui ne possèdent pas le nombre normal de chromosomes, soit trop, soit pas assez). Ces embryons qui au regard des anomalies chromosomiques très importantes sont (par nature) non viables. Donc arrêt naturel du développement, dans les 2/3èmes jours de culture in vitro, voir plus tard à J5/6, voir plus tard encore après son transfert dans l’utérus.
  • 85 % des embryons en AMP sont non viables d’un point de vue chromosomique. POURTANT aujourd’hui, ils sont transférés dans les utérus des femmes infertiles ou en parcours d’AMP, car la loi de bioéthique interdit, ce dépistage.
    Ce qui donne des taux de réussites très faibles. Deux FIV sur trois sont des échecs.
  • POURTANT (encore) les généticiens savent très bien voir les anomalies chromosomiques des embryons.
  • De plus, la loi autorise déjà le DPI et le DPN, comme elle autorise déjà l’IMG (interruption médicale de grossesse), et l’IVG (interruption volontaire de grossesse).

Après ces rappels synthétiques, que vous pouvez donc utiliser dans les conversations, où l’on va vous dire que l’amp c’est de l’eugénisme et que dépister les embryons avant transfert c’est MAL. Rentrons des certains détails.

Le diagnostic pré-implantatoire (DPI) est autorisé en France, mais seulement dans certains cas, lorsqu’il y a un risque de transmission de maladies génétiques avéré. (Voir à la fin de cette articles les articles du code de la santé publique et du code civil). Le diagnostic pré-natale (DPN) est aussi autorisé, une fois la grossesse débutée et peut amener à des Interruptions Médicale de Grossesse (IMG) en cas de maladie ou de problèmes irrémédiables sur le fœtus.

En AMP, les embryons sont évalués via leur développement morphologique et leur développement cinétique, via des technologie comme les embryoscopes et les yeux experts des biologistes de l’évaluation embryonnaire. Mais ces évaluations ne permettent pas de voir TOUS les problèmes chromosomiques des embryons. Et ne permet pas aux spécialistes de savoir si tel ou tel embryons aura la capacité la plus proche du 100% de vous permettre d’avoir un bébé au bout de neufs mois de grossesse. En 2018, tous comptent encore sur la CHANCE (de tomber sur le bon ou pas).

Le dépistage (screnning) que nous demandons avec les médecins AMP  est une technique non autorisé en France, pratiqué pourtant avec succès (des taux de grossesses AMP plus important) par nos voisins Européens. Le prélèvement d’une cellule de l’embryon à un stade très précoce, permet d’évaluer plus précisément son potentiel implantatoire, en recherchant les anomalies chromosomiques impactant ou rendant impossible tout développement ultérieur.

Cette technique pourrait éviter l’accumulation d’échec pour les couples infertiles en parcours d’AMP, la réalisation de diagnostic d’infertilité plus précis et plus  précoces, permettant aux couples de faire des choix de vie (poursuite de l’amp, démarches pour l’adoption, recours au don de gamètes, vie sans enfant) sans s’épuiser dans des quêtes impossibles pendant de longues années. Cela permettrait aussi d’éviter des fausses-couches précoces et tardives, d’éviter enfin des interruption médicales de grossesse. Expérience hautement traumatisantes pour tous les couples et toutes les femmes.

Pour rappel, aujourd’hui en France deux FIV sur trois sont des échecs et 70 et 85 % des embryons transférés ne s’implantent pas. Cette situation n’est plus possible. Depuis la création de l’association nous demandons à être entendus sur ce point. 2018 c’est l’occasion de se faire entendre et d’obtenir une évolution de la loi de bioéthique.

Faut-il donc continuer à transférer, à l’aveugle des embryons qui n’ont de toute façon AUCUNE chance de survie ?

Faut-il continuer à accumuler des échecs de FIV inexpliqués ?

Faut-il continuer à congeler ou vitrifier des embryons, n’ayant aucune chance de développement et remplir les cuves d’azotes des centres d’AMP, de millions d’embryons non viables ?

Faut-il continuer à vivre des fausses-couches plus ou moins tardives ?

Faut-il continuer à vivre des IMG ?

Pour BAMP c’est NON !

BAMP est POUR le dépistage, dans le cadre de l’AMP, des embryons aneuploïdes. Voir l’article 16 du manifeste de l’association. Avez-vous répondu au questionnaire Bioéthique de BAMP ? Il y a un item sur le dépistage des embryons aneuploïdes. Si non c’est par ici merci.

Rendez-vous demain, samedi 20 janvier à Nantes, pour parler de tout cela avec des spécialistes de la question et des représentants de votre association.

#bioéthique2018 #vraimentPour

 

Les textes juridiques français

CODE CIVIL
Code civil Article 16-4

Nul ne peut porter atteinte à l’intégrité de l’espèce humaine.
Toute pratique eugénique tendant à l’organisation de la sélection des personnes est interdite.
Est interdite toute intervention ayant pour but de faire naître un enfant génétiquement identique à une autre personne vivante ou décédée.
Sans préjudice des recherches tendant à la prévention et au traitement des maladies génétiques, aucune transformation ne peut être apportée aux caractères génétiques dans le but de modifier la descendance de la personne.

CODE DE LA SANTE PUBLIQUE
Article L2131-4
On entend par diagnostic préimplantatoire le diagnostic biologique réalisé à partir de cellules prélevées sur l’embryon in vitro.
Le diagnostic préimplantatoire n’est autorisé qu’à titre exceptionnel dans les conditions suivantes :
Un médecin exerçant son activité dans un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal tel que défini par l’article L. 2131-1 doit attester que le couple, du fait de sa situation familiale, a une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d’une maladie génétique d’une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic.
Le diagnostic ne peut être effectué que lorsqu’a été préalablement et précisément identifiée, chez l’un des parents ou l’un de ses ascendants immédiats dans le cas d’une maladie gravement invalidante, à révélation tardive et mettant prématurément en jeu le pronostic vital, l’anomalie ou les anomalies responsables d’une telle maladie.
Les deux membres du couple expriment par écrit leur consentement à la réalisation du diagnostic.
Le diagnostic ne peut avoir d’autre objet que de rechercher cette affection ainsi que les moyens de la prévenir et de la traiter.
Il ne peut être réalisé, à certaines conditions, que dans un établissement spécifiquement autorisé à cet effet par l’Agence de la biomédecine instituée à l’article L. 1418-1.
En cas de diagnostic sur un embryon de l’anomalie ou des anomalies responsables d’une des maladies mentionnées au deuxième alinéa, les deux membres du couple, s’ils confirment leur intention de ne pas poursuivre leur projet parental en ce qui concerne cet embryon, peuvent consentir à ce que celui-ci fasse l’objet d’une recherche dans les conditions prévues à l’article L. 2151-5. Par dérogation au deuxième alinéa de l’article L. 1111-2 et à l’article L. 1111-7, seul le médecin prescripteur des examens de biologie médicale destinés à établir un diagnostic prénatal est habilité à en communiquer les résultats à la femme enceinte.

Article L2131-4-1
Par dérogation au sixième alinéa de l’article L. 2131-4, et sous réserve d’avoir épuisé toutes les possibilités offertes par les articles L. 1241-1 à L. 1241-7, le diagnostic préimplantatoire peut également être autorisé lorsque les conditions suivantes sont réunies :

-le couple a donné naissance à un enfant atteint d’une maladie génétique entraînant la mort dès les premières années de la vie et reconnue comme incurable au moment du diagnostic ;

-le pronostic vital de cet enfant peut être amélioré, de façon décisive, par l’application sur celui-ci d’une thérapeutique ne portant pas atteinte à l’intégrité du corps de l’enfant né du transfert de l’embryon in utero, conformément à l’article 16-3 du code civil ;

-le diagnostic mentionné au premier alinéa a pour seuls objets de rechercher la maladie génétique ainsi que les moyens de la prévenir et de la traiter, d’une part, et de permettre l’application de la thérapeutique mentionnée au troisième alinéa, d’autre part.

Les deux membres du couple expriment par écrit leur consentement à la réalisation du diagnostic.

La réalisation du diagnostic est soumise à la délivrance d’une autorisation par l’Agence de la biomédecine, qui en rend compte dans son rapport public conformément à l’article L. 1418-1. Cette autorisation est subordonnée au respect des dispositions prévues au dernier alinéa de l’article L. 2141-3.

 

L’Inserm estime qu’il faut faciliter la recherche sur l’embryon (La Croix, 17/06/2014)

 

Dans une note publiée mardi 17 juin 2014, le comité d’éthique de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) formule des propositions pour « faciliter et promouvoir » les recherches sur l’embryon.

Ce rapport d’étape du groupe de travail formule une série de propositions pour développer cette recherche en France.

Il considère en effet que la levée du principe d’interdiction, votée en août 2013, n’a pas suffi : « Cinq projets de recherche dont la finalité concernait l’embryon humain ont été autorisés depuis 2006 en France, aucun depuis 2008, notent les chercheurs. En Belgique, pays cinq fois moins peuplé, 26 projets de recherche sur l’embryon ont été autorisés pendant la même période. »

Des « malentendus » dénoncés

Dans cette note, les constats et préconisations du comité sont larges. Il critique ainsi « un débat parlementaire évoquant en permanence le statut moral, symbolique et juridique de l’embryon sans jamais le régler » et « un contexte réglementaire et éthique fait d’incertitudes, de malentendus voire de confusion au cours des vingt dernières années ».

Deux idées fausses ont, selon lui, trop cours en France : « l’idée que toute recherche serait attentatoire aux intérêts de l’embryon » et « la considération presque exclusive des recherches faites à partir de cellules prélevées sur l’embryon, au détriment des recherches dont la finalité peut bénéficier à l’embryon lui-même et aux personnes qui sont à son origine ».

Améliorer la FIV et la PMA

Ainsi, les chercheurs insistent beaucoup sur la nécessité de développer la recherche sur l’embryon afin d’améliorer notamment les techniques de procréation. « La réalisation de cet objectif nécessiterait que des recherches soient menées aussi sur les embryons. Ces recherches pourraient être faites sur des embryons ne répondant plus à un projet parental mais aussi pour partie sur des embryons susceptibles d’être transférés dans l’utérus à des fins de gestation. »

Le comité propose ainsi que « le transfert dans l’utérus des embryons ayant fait l’objet d’une recherche soit possible, de manière encadrée, chaque fois que cela pourra être justifié ».

Les chiffres sur les embryons

Il estime aussi « souhaitable » de réduire le nombre d’embryons créés en laboratoire. La note reprend en effet les chiffres impressionnants sur les embryons en France :

– 282 353 embryons ont été conçus par FIV en 2011 en France.

– près de la moitié n’étaient ni transférables ni congelables et leur développement s’est arrêté.

– 88 848 embryons ont été transférés immédiatement après la FIV et ont conduit à la naissance de 13 239 enfants (14.9 %).

– 62 680 embryons ont été congelés. Les 43 130 qui ont été décongelés ont permis la naissance de 2 849 enfants (6.6 %).

– Ainsi, près de 93 % des embryons créés dans les laboratoires de FIV n’ont pas abouti à des naissances.

– Enfin, la plupart des 17 667 embryons qui étaient conservés congelés fin 2011 et qui ont été donnés à la recherche ne seront vraisemblablement jamais utilisés dans ce but.

Mesures préconisées

Parmi les mesures avancées, le comité d’éthique demande que soit développée « une information sur le sujet auprès du public et des décideurs afin de changer le regard porté sur la recherche sur l’embryon ».

Il demande aussi d’organiser « de manière plus rationnelle la collecte, le stockage et la distribution des embryons congelés destinés à la recherche dans des structures dédiées de type ’embryothèques’ ».

Il plaide, plus généralement, pour « revoir l’encadrement de la recherche qui doit rester toujours aussi exigeant mais qui devrait être mieux adapté, plus cohérent et plus simple ».

Enfin, il propose d’« adapter les procédures de consentement au type d’embryon donné à la recherche » par des couples en indiquant « une (ou plusieurs) catégorie(s) de recherche plutôt que pour un projet précis » : recherche avec ou sans destruction embryonnaire, recherche dont la finalité est l’étude du développement de l’embryon, recherche ayant pour finalité l’amélioration des conditions de réalisation de l’AMP…

Flore Thomasset

Article paru le 17 juin 2014

http://www.la-croix.com/Ethique/Bioethique/L-Inserm-estime-qu-il-faut-faciliter-la-recherche-sur-l-embryon-2014-06-17-1165969

Cellules souches embryonnaires / la recherche

Marie-Eve vous propose un article, écrit par ses soins sur les cellules souches embryonnaires, la recherche, l’A.M.P.

Pour commencer, comme je n’ai jamais eu de blog, je vais résumer mon parcours pour que vous puissiez comprendre d’où vient mon avis sur le sujet.
Après la découverte d’une azoospermie, nous nous sommes inscrits au CECOS et avons pris rendez-vous pour une biopsie. Juste avant cette biopsie, l’azoospermie s’est miraculeusement révélée une cryptozoospermie, avec quelques survivants retrouvés en grattant les fonds de tube après ultra centrifugation. Nous avons donc eu la « chance » de pouvoir faire des FIV ICSI avec nos gamètes.
La dernière FIV nous a permis d’obtenir 3 beaux embryons à 8 cellules, de qualité parfaitement égale. Ayant fait le choix d’en transférer deux, c’est le biologiste qui les a prélevés totalement au hasard. Enfin le bonheur a frappé à notre porte : ces deux embryons se sont accrochés et sont devenus deux petites filles dynamiques qui devraient naître très très bientôt. Le troisième embryon est parti au congélateur, en « vie latente », suspendu dans le temps, ce qui me fait tout drôle.
Comme les 2 embryons qui sont devenus nos filles ont été choisis au pifomètre, un choix différent aurait pu avoir lieu et c’est l’une de nos filles chéries qui serait aujourd’hui au congel sous forme de quelques cellules. Ça me fait frémir de penser qu’elle aurait pu être considérée comme du matériel de labo à disséquer, et je pense très souvent à ce petit troisième embryon temporairement « abandonné » que nous irons chercher dès que possible.
Cette intro était là pour vous expliquer mon ressenti, et pourquoi je ne vois pas juste « quelques cellules » dans un embryon, mais un tout petit, même un bébé à son premier stade de vie, avec déjà tous les chromosomes et gènes qui vont déterminer son apparence physique (et peut-être aussi une petite partie de son caractère et de ses talents). Forcément, mon avis est orienté et je ne peux être parfaitement neutre, mais je vais essayer d’être le plus objective possible dans les faits et explications scientifiques.

# Que sont les cellules souches embryonnaires et pourquoi intéressent-elles certains chercheurs ?

L’organisme à la naissance est composé de tissus et organes faits de cellules différenciées très spécifiques : un neurone n’a plus grand chose à voir avec une cellule du pancréas ou de la peau. Toutes les cellules du corps possèdent l’ensemble des gènes humains, mais chaque cellule différenciée n’est capable d’exprimer que certains de ses gènes, ce qui lui permet d’avoir une structure et un fonctionnement adapté à son rôle dans l’organisme. Par exemple, toutes les cellules de l’organisme possèdent les gènes permettant de fabriquer les pigments qui sont excités par la lumière, mais seules les cellules photoréceptrices de la rétine vont utiliser ces gènes et donc posséder les pigments en question. Et même, chaque type de cône fabriquera un pigment différent à partir d’un gène différent, il en est de même pour les bâtonnets, etc.
Ces cellules différenciées sont par contre généralement devenues incapables de se diviser. Pourtant, elles doivent se renouveler en permanence pour un bon fonctionnement du corps, c’est là qu’interviennent les « cellules souches » qui sont des réserves de cellules peu différenciées qui se divisent en permanence avant que certaines se différencient en cellules spécialisées.

La fécondation donne une cellule œuf possédant tous les gènes d’un nouvel individu. Dans les premiers temps, cette cellule se divise en restant totalement indifférenciée et chacune des cellules d’un embryon dans les premiers stades de vie peut donc à terme donner n’importe quel type de cellule de l’organisme. On appelle cela la totipotence.
Les cellules souches adultes sont, elles, un peu plus limitées : par exemple les cellules souches qui sont présentes dans la moelle osseuse se divisent activement et peuvent se différencier pour donner toutes les cellules du sang (globules rouges, une dizaine de lignées de globules blancs différents, les cellules à l’origine des plaquettes), mais ne donneront jamais de cellules de la peau. Pour avoir des cellules de peau toutes neuves, il faut partir d’autres cellules souches se trouvant dans les couches basales de l’épiderme. Les cellules souches adultes sont donc des cellules dites pluripotentes ou multipotentes.

Les cellules souches embryonnaires, par rapport à celles adultes, sont donc des cellules avec un potentiel de différenciation très large : si on arrive à les maitriser on peut imaginer les transformer en tout ce qu’on veut. C’est cette extraordinaire totipotence qui intéresse une partie des chercheurs.

# Objectifs de la recherche sur l’embryon

En PMA, on sait bien qu’une fois les embryons obtenus, la phase critique c’est la nidation. La recherche sur les embryons servirait surtout à essayer d’augmenter les chances d’implantation en tentant de comprendre la communication entre l’embryon et l’endomètre, ainsi qu’à déterminer des critères qui font qu’un embryon est un « bon candidat » à l’implantation par rapport à un autre.

En dehors de la PMA, la recherche sur l’embryon vise surtout à développer des thérapies cellulaires : remplacer des cellules, des tissus, et à l’avenir des organes, abimés et que le corps ne peut plus réparer, par d’autres tout neufs fabriqués in vitro à partir des cellules souches, ou bien ajouter dans l’organisme directement des cellules souches manquantes ou non fonctionnelles. Il s’agit donc en gros de faire des greffes pour réparer des parties de corps, on parle de médecine réparatrice.

De manière un peu plus anecdotique, certains laboratoires pharmaceutiques ou cosmétiques seraient aussi intéressés pour tester la nocivité de leurs produits : un embryon ne coute rien et ne crie pas, alors que les souris sont défendues par Brigitte et que l’utilisation des animaux en laboratoire est soumise à des règles très strictes (animalerie du labo devant respecter un lourd cahier des charges, habilitations à repasser régulièrement pour avoir le droit de les tuer en ayant appris à le faire sans souffrance, contrôles surprises des services vétérinaires…). Ils aimeraient donc avoir accès à ce « matériel humain » bien pratique et à bas coût, pour essayer leurs molécules et en vérifier la toxicité.

# Résultats et limites de la recherche sur les cellules embryonnaires

En PMA, on aimerait comprendre pourquoi un embryon s’accroche ou pas, et lesquels ont le plus de chance, mais il ne faut pas oublier que l’organisme est un tout : les interactions mystérieuses qui se font entre l’embryon et l’endomètre sont hyper compliquées et dépendent surtout du corps entier de la femme, son endomètre, l’état de son utérus (fibromes…), mais aussi ses cellules immunitaires, la composition de son sang en différentes hormones et molécules… cela me semble impossible à reproduire fidèlement in vitro.
Et puis ne rêvons pas trop, le peu d’argent que la France accorde à ses chercheurs va surtout aux recherches sur les maladies considérées comme graves et « populaires », cancers, alzheimer, parkinson, infarctus, maladies génétiques etc.

Hors PMA, malgré son potentiel qui fait rêver, l’utilisation des cellules embryonnaire est en fait extrêmement limitée car ces cellules sont incontrôlables. En effet, elles expriment de nombreux « gènes du développement » qui permettent une rapide croissance de l’embryon et du fœtus, grâce à une division très active des cellules. Ces gènes du développement ne sont normalement jamais exprimés après la naissance : s’ils s’expriment chez un enfant ou un adulte, alors les cellules concernées se mettent à se diviser de manière anarchique et à envahir le corps, créant des tumeurs. Les cellules souches embryonnaires ont donc surtout un haut potentiel à former des cancers.
De plus, si l’on implante à quelqu’un des cellules souches provenant de cellules embryonnaires, il s’agit d’une greffe : on introduit dans son organisme des cellules venues d’ailleurs qui seront attaquées par le système immunitaire (qui n’est pas sympa du tout avec les corps étrangers). Pour que cette greffe puisse rester et fonctionner, il faut donc que le patient soigné prenne à vie un traitement immunosuppresseur pour rendre son système immunitaire KO. Le problème étant que c’est ce même système immunitaire qui est chargé de reconnaître et détruire les cellules cancéreuses. Il s’agirait donc d’implanter à un patient des cellules qui ont de très fortes chances de devenir cancéreuses, tout en empêchant son organisme de se défendre contre ces tumeurs.
C’est surtout pour cela que, malgré déjà 20 ans de recherche en Grande Bretagne et ailleurs dans le monde, les travaux des chercheurs sur l’embryon humain n’ont toujours pas donné de résultats significatifs et encore moins permis de soigner des malades. Durant ces 20 ans, il n’y a eu que 3 essais cliniques, l’un abandonné très vite et les deux autres encore en cours mais n’ayant prouvé aucune efficacité pour le moment.

# Voies alternatives à explorer

En PMA, j’ai surtout constaté que pour l’implantation chaque centre faisait à sa sauce : transfert au petit bonheur entre J1 et J5, entre 2 et 6 ovules de progestérone par jour, de l’aspégic nourrisson dans certains centres et pas dans d’autres, parfois des concepts plus novateurs comme l’injection de ßHCG en sous-cutané voire directement dans l’utérus au moment du transfert pour soutenir l’embryon, d’autres techniques que j’ai vu sur certains blogs mais que je ne connais pas bien comme les corticoïdes ou les phospholipides…
Pourquoi les centres de PMA ne commencent-ils pas par échanger leurs résultats et faire des études statistiques sur tous ces protocoles qui sont déjà en place par ci par là ? En travaillant là dessus, on pourrait déjà réussir à définir les meilleures conditions de nidation et ensuite les généraliser à tous les centres. Même principe pour l’observation des embryons (en équipant plus de labos avec des embryoscopes) et pour le choix des transferts à J1, 2, 3 ou 5.
Après mes transferts, mon centre m’a seulement prescrit 2 ovules de progestérone par jour, mais pour le transfert qui a marché (et à partir de ce que j’ai lu sur vos blogs, merci !), c’est moi même qui ai décidé d’en ajouter un 3ème le midi (j’avais de la réserve provenant des essais précédents) et surtout d’acheter et de prendre de l’aspegic nourrisson tous les jours, et je suis sûre que ça a joué.
Par une analyse sérieuse de leurs résultats selon les protocoles utilisés, et en communiquant entre eux, les centres PMA ont les moyens de favoriser la nidation (et ce même si quelque part avec 25 à 30% pour un J2 et 50% pour un J5 on est déjà très proche des taux d’implantation naturels).
N’oublions pas non plus que d’autres mammifères possèdent des gamètes, un utérus, et permettent de travailler à l’échelle d’un organisme tout entier pour étudier la nidation. A priori c’est difficile et cher de faire une ponction ovocytaire à une guenon, mais ce n’est pas impossible, les souris sont assez éloignées des Hommes question reproduction, mais ça serait tout de même un début…

En dehors de la PMA, pour la thérapie cellulaire (médecine reconstructive), les solutions n’utilisant pas l’embryon sont nombreuses et fonctionnent :

– Les cellules souches adultes : elles ont moins de potentiel, mais on en découvre de plus en plus. Par exemple, on sait aujourd’hui qu’il existe dans la pulpe des dents de lait des cellules souches qui pourraient permettre de réparer des articulations, des muscles, des os, des nerfs ou des lésions du coeur. Quand on cherche, on en trouve un peu partout et de plus en plus ! Et ici, pas de problème de cancer, ni de traitement immunosuppresseur à vie, puisqu’on peut greffer quelqu’un avec des tissus issus de ses propres cellules adultes.

– Les cellules du sang de cordon ou du liquide amniotique : elles ne sont pas cancéreuses, tout en gardant un haut potentiel de différenciation, mais il s’agit d’une greffe de cellules étrangères donc elles nécessiteront tout de même le traitement immunosuppresseur. Elles sont déjà utilisées avec succès aujourd’hui pour soigner des lésions d’organes, des plaies, des brûlures, des maladies de peau (épidermolyse bulbeuse, une maladie génétique très grave) et des maladies du sang (thalassémies, leucémies…). D’autres utilisations sont à venir, c’est une solution très prometteuse et qui, avec la généralisation des dons de sang de cordon (dont le prélèvement ne présente aucun risque à la naissance), permet de chercher les cellules les plus compatibles possible avec le receveur.

– Les cellules IPS, une découverte très récente (prix Nobel de médecine 2012). Ce sont des cellules adultes reprogrammées pour redevenir totipotentes comme les cellules embryonnaires, grâce à un cocktail de molécules mises dans leur milieu de culture. Malheureusement, cela réactive certains gènes du développement et les rend potentiellement cancéreuses. Pour le moment, elle ne sont donc pas encore utilisées pour soigner (en même temps c’est tout neuf) et coûtent encore très cher à produire, mais travailler intensivement dessus permettrait de mieux les maîtriser et d’en réduire considérablement les coûts. Toute innovation scientifique à ses débuts coute très cher et reste difficile à manier. L’immense avantage de ces cellules, mis à part que les questions éthiques ne se posent pas, c’est qu’en cas de traitement elles proviendraient du patient lui même et leur utilisation ne nécessite donc pas de traitement immunosuppresseur à vie pour empêcher le rejet de greffe. Un essai clinique vient tout juste (2013) d’être lancé au Japon pour essayer de traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge : une tâche aveugle qui se forme dans le champ de vision et grandit jusqu’à la cécité complète chez certaines personnes âgées, suite à la disparition progressive des cônes de la rétine.

En conclusion, je voudrais défendre la recherche publique française stigmatisée comme mauvaise et en retard : ce ne sont pas les questions éthiques qui brident la recherche française, mais ce sont les conditions de travail des chercheurs. Les chercheurs français sont sous-payés, ils manquent de matériel, sont soumis à la pression constante des publications pour pouvoir ensuite réclamer un peu d’argent pour leurs manips (quitte du coup à truquer les résultats comme j’ai pu l’observer dans ma très courte carrière en labo de recherche) et surtout ils enchainent les post-doc et CDD de 2 à 5 ans (5 ans c’est les petits veinards) entrecoupés de périodes de chômage et recherche de travail. Rarement, un poste en CDI s’ouvre, alors ils se motivent à fond pour décrocher LA place briguée par 10 à 30 autres candidats. Pourtant, ce métier est un vrai sacerdoce : les cultures de cellules ou micro-organismes n’attendent pas et obligent parfois les chercheurs à venir travailler le week-end, voire même à organiser leurs quelques jours de vacances en fonction de leurs résultats du moment…
Il y a quelques grands pontes reconnus et bien installés, quelques enseignants chercheurs enfin tranquilles, et les autres sont encore en CDD à 35/40 ans et gagnent moins de 1500 euros par mois malgré 8 ans d’étude et des diplômes prestigieux.
De tous mes amis du master 2, la plupart sont allés jusqu’à la fin de la thèse, mais un seul a poursuivi sa vocation de chercheur. Il s’est cependant expatrié en Allemagne au bout de 2 ans. Tous les autres ont quitté la recherche pour devenir prof en lycée ou prépa (pour les pistonnés), ou carrément profité des équivalences se réorienter en pharmacie. Les bons chercheurs français, qui sont maltraités, partent aux USA, au Japon, en Inde ou en Chine, et après on s’étonne que la recherche publique française ne soit pas la meilleure du monde et on accuse les lois de bioéthique…

MARIE-EVE

Pr Frydman et la recherche sur l’embryon

Ce matin, sur Europe 1 une interview du Professeur Frydman, parlant de la recherche sur l’embryon.

« S’il y a un désir d’enfant, bien sûr nous sommes les premiers à tout faire, et nous l’avons d’ailleurs démontré, pour que ça marche », a souligné le professeur qui a réalisé la première fécondation in vitro en France qui a permis la naissance d’Amandine en 1982. « Cependant, il existe des embryons qui n’ont pas de destinée parentale au sens de devenir des enfants », a-t-il poursuivi, évoquant des embryons conservés en laboratoire de couples qui n’ont plus de projet parental, qui se sont séparés ou qui ont déjà eu plusieurs enfants. Ces embryons vont « de toute façon, être détruits. »

Pour l’écouter, c’est par ici

La recherche sur les embryons – Loi

Ange nous fait parvenir cet article écrit par Joséphine Bataille pour le journal LA VIE, il est paru aujourd’hui, 9 juillet 2013. Le parlement doit de nouveau décider de l’avenir de la recherche et des embryons surnuméraires. Je vous invite à lire l’ensemble de l’article directement sur le site du journal LA VIE.

C’est une question difficile à laquelle doivent répondre les parlementaires français. Difficile car comment répondre de façon objectif à un sujet aussi marqué par les idéologies, les sensibilité éthiques, religieuses, morales. Pourtant, il faut apporter des réponses, mais les réponses sont multiples aussi multiples que le nombre d’individus à qui cette question pourrait être posée.

Ce sujet, n’est pas dans les propositions du collectif BAMP, si déjà la recherche pouvait évoluer un peu du côté des aspects médicaux de l’A.M.P. pour les hommes et les femmes qui cherchent à comprendre pourquoi, ils ne peuvent avoir d’enfant.

Par contre nous posons la question des embryons surnuméraires qui se trouvent au fond des cuves d’azote, sans projet parental pour les en faire sortir. 

La recherche sur l’embryon s’inscrit dans une perspective de santé globale, de compréhension des mécanismes de certaines maladies, ce n’est pas juste réservé aux problèmes d’infertilité.

Bioéthique

La guerre sur l’embryon reprend au coeur de l’été

© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
© ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

La proposition de loi tendant à autoriser sous conditions la recherche sur l’embryon, actuellement interdite avec des dérogations, revient mercredi 10 juillet au soir à l’Assemblée nationale.

Un rat, un fœtus humain, un slogan : « Pour éviter la recherche sur l’animal on utilise l’embryon humain comme matériau de laboratoire, Vous trouvez ça normal ? » Avec sa campagne lancée en décembre dernier et ses visuels chocs, la Fondation Jérôme Lejeune a fait parler d’elle en prenant en main la mobilisation contre la modification des conditions de la recherche sur l’embryon, et sur les cellules souches qui en sont issues. L’un de ses encarts, publié dans le Nouvel Observateur, et interprété comme « une publicité anti-IVG », avait créé la polémique en début d’année, obligeant le directeur de la publication à présenter des excuses pour cette annonce « non conforme aux valeurs » du journal.

SI vous souhaitez lire le reste de l’article, c’est par ici