Filiation et don de gamètes : quand le gouvernement ne nous écoute pas !

Vous avez des enfants nés via un don de gamètes ?

Vous êtes en parcours d’amp avec don de gamètes ?

Vous allez avoir des enfants via un don de gamètes ?

Ce sujet vous intéresse ? 

Cet article fait le point sur ce qui se trame dans les coulisses (auxquelles nous participons) de la révision de la loi de bioéthique au sujet, notamment du don de gamètes. Il nous semble important et nécessaire de vous éclairer sur le contexte dans lequel se déroule les jeux d’influence et de pouvoir, les acteurs concernés et engagés sur ce sujet, ainsi que leur propositions pour la révision de la loi de bioéthique, propositions qui concernent nos vies, nos familles. Pour rappel, mercredi 12 juin dernier le premier ministre Edouard PHILIPPE s’est engagée sur l’ouverture de « l’AMP à toutes les femmes« . Cette ouverture nécessite une révision du mode de filiation des enfants nés via un don de gamètes. 

Pour que les choses soient claires dès le début, voici la position de notre association vis à vis de la question du don de gamètes.

  • Nous sommes POUR l’information des enfants au sujet de leur mode de conception.
  • Nous sommes pour les droits et les devoirs des parents tels qu’ils sont organisés par le droit actuel.
  • Nous sommes pour l’égalité entre tous les parents (hétéro/homo) dans l’accès à l’amp et l’établissement de la filiation.
  • Nous sommes pour la mise en place d’un dispositif permettant la diffusion vers les personnes nées via un don, d’informations non identifiantes, d’informations médicales sur les donneurs-euses et des information identifiantes pour les adultes nés via un don de gamètes qui le voudraient.
  • Nous sommes pour la reconnaissance et la valorisation du travail d’élaboration psychique que nécessite la procréation via un don de gamètes et pour le développement de l’accompagnement des parents et futurs parents. 

 

  • Nous sommes CONTRE la stigmatisation de nos enfants en fonction de leur mode de conception.
  • Nous sommes contre l’article 12 du rapport Touraine.
  • Nous sommes contre la proposition de Déclaration Commune anticipée de filiation.
  • Nous sommes contre le recul du droit actuel de la filiation.
  • Nous sommes contre la création d’un nouveau mode de filiation « engendrement par tiers donneur ».

 

QUE SE PASSE-T-IL sur le terrain ? 

En ce qui concerne l’accès à l’informations des adultes nés via un don de gamètes :

Si globalement l’ensemble des associations concernées semblent d’accord sur la nécessité de répondre aux besoins d’informations et d’accès des personnes nées via un don, à des informations (non identifiantes, identifiantes et médicales) relatives aux donneurs et aux donneuses de gamètes. Reste à se mettre d’accord sur la manière de le faire, via quels outils et quelles modifications des pratiques actuelles. 

Notre association s’est engagée positivement, avec d’autres, sur le projet de l’association ORIGINES (d’Audrey et Arthur Kermalvezen) qui propose de mettre en place une plateforme anonyme d’échange et de discussion pour les donneurs-euses et adultes nés d’un don qui le souhaiteraient? Cette plateforme serait gérer par un organisme d’état qui pourrait avoir la forme d’un Institut pour les origines et le don d’engendrement (IPODE) qui permettrait de à toutes les personnes qui en éprouvent le besoin d’obtenir des informations, voir d’échanger dans un cadre organisé et sécurisé, entre adultes nés via un don et les donneurs-euses de gamètes qui le souhaiteraient aussi. Cette proposition est très intéressante, car elle n’oblige personne. Elle permet aussi d’obtenir de centraliser les informations médicales (découverte de maladies au cours de la vie des donneurs-euses) dont, nous parents ne disposons pas pour la santé de nos enfants. Elle permet aussi d’être dans un système d’échanges sécurisés et progressifs, basé sur les volontés réciproques des adultes nés d’un don (qui bien souvent cherchent a avoir des informations sur la personne qui a donné, sans avoir le besoin de rencontrer cette personne) et des donneurs-euses. Ce dispositif permet à chacun d’agir librement en fonction de ses besoins. Si vous voulez avoir plus d’informations c’est par ici.

La question de la réforme de la filiation envisagée divise les  associations :

Il est a déploré le manque de concertation entre les associations concernées par ces questions et le gouvernement. Pour rappel, notre association demande depuis plusieurs années, la mise en place d’un groupe de travail collectif avec tous les acteurs. Certaines associations (dont BAMP après s’y être imposé car non invitée !) ont été reçu collectivement, le 24 avril par Adrien TAQUET secrétaire d’état aux droits de l’enfant. Et le mardi 11 juin par la ministre de la justice, Nicole Belloubet. BAMP n’était pas sur la liste des associations invités (comme aucune associations représentant les parents hétérosexuels d’ailleurs), pourtant la réforme de la filiation des enfants nés via un don, nous concerne aussi ! En terme de concertation, on pourrait faire mieux, pour des sujets aussi impactant sur nos vies.

Le sujet qui divise, c’est donc la question de la mise en place d’une filiation spécifique soit pour les seules lesbiennes, soit pour les couples (hétéro et homo) qui auraient recours au don de gamètes. Notre association, avec d’autres ne veut ni l’une ni l’autre. Nous voulons simplement l’application du droit actuel pour tous les parents et pour toutes les situations (avec ou sans amp, en France ou à l’étranger).

Aujourd’hui, les couples hétérosexuels qui font le choix de recourir au don de gamètes en France, doivent « au préalable donner leur consentement au juge ou au notaire, ce qui interdit par la suite toute action pour établir ou contester la filiation » ainsi établie. Voir les articles du code civil A 311-19 à A311-20 à ce sujet. C’est le « consentement pour une AMP avec tiers donneur« , qui permet d’une part d’accéder au protocole d’AMP via un don et d’établir et de sécuriser la filiation. 

Ce consentement à l’AMP avec tiers donneur est ensuite présenté au CECOS ou au Centre d’AMP ce qui permet d’engager le processus médical d’AMP avec don. Si le couple à la chance d’obtenir une grossesse et une naissance, aucune mention ne sera apposée sur l’acte de naissance de l’enfant. C’est le droit commun qui s’applique : la femme qui accouche est désignées comme la mère et le conjoint (via reconnaissance de l’enfant) ou le mari (via le principe de présomption) est désigné comme le père. 

C’est cela que les partisans de la Déclaration Commune Anticipée de Filiation (DCAF), présentée dans le rapport Touraine dans son article 12, veulent remettre en question. Avec comme objectifs fallacieux d’imposer aux parents de dire la vérité sur le mode de conception, comme s’ils ne le faisaient pas ! Et deuxième objectifs, de permettre à l’enfant d’accéder à ses origines, ce qui nous semble assez peu efficace, car une mention sur un acte de naissance ne dit rien d’une « origine ». Et si les parents n’ont pas pris conscience de l’importance de l’impact négatif du secret dans une vie de famille et dans l’éducation, ils laisserons s’installer une situation délétère pour la santé psychique de leur enfant. Car découvrir fortuitement à l’âge adulte, cette information provoque un effondrement psychique grave. 

QUE PRÉPARE LE GOUVERNEMENT ? 

Dans le rapport TOURAINE, dont nous vous avions déjà parlé ici  et ici aussi, trois propositions sont présentées au sujet de la réforme de la filiation des enfants nés via un don de gamètes. 

  • Application pour les couples de lesbiennes, ce qui se fait déjà pour les couples hétéro ayant recours au don de gamètes (consentement au don via articles 311-19 et 311-20 et filiation de droit commun). Donc pas de modification du droit actuellement applicable aux couples hétérosexuels : Passage devant le juge pour consentir à l’amp avec don et sécuriser la filiation. Puis au moment de la naissance : la femme qui accouche est désignée comme la mère et la conjointe ou la mariée est considérée comme la mère aussi.  Et surtout mise en oeuvre du principe d’EGALITE pour tous les parents sans discrimination liée à leur sexualité.
  • Mise en place d’une filiation spécifique aux lesbiennes ayant recours au don de gamètes. Le Conseil d’Etat s’est prononcé pour cette option. Mais il est surprenant de vouloir mettre fin à une discrimination dans l’accès à l’amp et de créer par ailleurs une discrimination sur la filiation. 
  • Mise en place d’une déclaration commune anticipée de filiation (DCAF, article 12 du rapport Touraine) qui s’appliquerait aux couples hétéro et homo ayant recours aux dons de gamètes. Dans cette option, il y a un recul des droits des hétérosexuels, ainsi que la mise en place d’une stigmatisation et d’une discrimination des familles, des enfants via le mode de conception, ce qui serait une première en France et qu’aucun autres pays Européens ne font. 

Le gouvernement n’a transmis au Conseil d’Etat, que les deux dernières options (filiation spécifique lesbiennes et filiation DCAF). Deux options dont 8 des associations (sur 10) reçues le 11 juin au ministère de la justice ne veulent pas !

Nous sommes évidement depuis plusieurs mois opposés à cette manière d’envisager la question du don. Nous nous mobilisons aussi fortement pour faire entendre les voix des nouvelles générations de parents d’enfants nés via un don (cf les derniers articles Libération et Causette). Il est logique, évident, normal pour nous d’informer nos enfants de leur mode de filiation, nous leur disons la vérité tout simplement à la fois sur la stérilité et sur le recours au don. Mais nous ne voulons pas de stigmatisation de nos enfants qui seraient les seuls en France à avoir leur mode de conception sur leur acte de naissance. De plus, cette information ferait rupture aussi vis à vis de la vie privée des parents en indiquant sur l’acte de naissance, leur stérilité. 

Nous ne voulons pas de l’article 12 du rapport Touraine. Nous souhaitons que le principe de droit commun s’applique à tous les parents, qu’ils soient hétérosexuels ou homosexuels et que nos enfants ne soient pas stigmatisés via cette mention de leur mode de conception sur leur état civil. Dans une réelle égalité, puisque ce principe du droit commun actuel, permet qu’il n’existe pas non plus de discrimination entre les enfants qui naissent suite à une AMP avec don réalisée à l’étranger qui ne nécessite pas de déclaration de consentement devant un notaire et une autre réalisée en France.  

Dans ce combat, nous ne sommes pas seul, en effet deux « camps » se sont constitués autour de ce sujet de la réforme de la filiation des enfants nés via un don de gamètes, mais aussi au sujet de l’accès « aux origines ». Le clivage s’organise non pas d’un côté les parents homo et de l’autre les parents hétéro. Mais bien entre les associations qui sont CONTRE la mention du recours au don de gamètes sur les actes de naissance et donc contre le fait de stigmatiser les enfants et les familles en fonction du mode de conception. ET celles qui sont POUR cette mention, qui permettrait de leur point de vue de régler du même coup l’information des enfants et l’accès aux origines. 

Aujourd’hui la situation est la suivante : 

  • CONTRE la mention sur l’acte de naissance : les associations et leurs soutiens connus à ce jour, qui regroupe des parents hétéro et homo, des adultes nés d’un don, des professionnels du droits : COLLECTIF BAMP, l’APGL (association des parents gays et lesbiens), MamenSolo, l’association ORIGINES (adultes nés via un don de spermatozoïdes).

 

  • POUR la mention sur l’acte de naissance : l’association MAIA, les Cigognes de l’espoir, PMANONYME (adultes nés d’un don), ADFH (association des familles homosexuelles), Irène THERY (sociologue), Jean-Louis TOURAINE (député) et la ministre de la santé, celle de la justice……

 

Ces dernières semaines vous avez pu voir s’exprimer ces différents points de vue dans des tribunes (voir à la fin de l’article) publiées dans de grands journaux nationaux. Pour certains, c’est la course à l’affichage des signatures d’intellectuels prestigieux, comme si leur point de vue, du moins leur signature avaient plus de valeur que nos vies de familles et que nos réflexions, nos choix et nos volontés.

Ce que nous trouvons affligeants, car c’est faire preuve de beaucoup de mépris pour nos histoires de vie, pour nos expériences de parentalité. Mépris qui s’exprime publiquement depuis de nombreuses années : « les mensonges existent mais ils sont plutôt le fait des couples hétérosexuels, emprisonné dans nos institutions » Irène THERY. 

Nous avons donc co-signé au mois mai, la tribune « PMA : de futurs enfants stigmatises par le droit » publiée par le GIAPS le 3 mai 2019 dans le journal Libération. Tribune rédigée par le Groupe d’Information et d’Action sur les questions procréatives et sexuelles (GIAPS), groupe qui rassemble des juristes, des avocats. Notre association a co-signé cette tribune, pour dire non à la stigmatisation de nos enfants nés via un don de gamètes. Le journal Libération a d’ailleurs publié, le même jour un article « Filiation : La fin du secret pour les enfants nés d’un don« 

 

MAIS les propositions des ministres (justice et santé) vont dans le mauvais sens !

  • Mardi 11 juin toutes les associations ont été reçu par la ministre de la justice, Nicole BELLOUBET, qui semblait mettre de côté l’option DCAF. Sur 10 associations reçues, 8 sont CONTRE la DCAF alors que seulement 2 associations sont POUR . Mais finalement le mercredi matin, dans les médias, elle a annoncé ne retenir que les deux autres options dont nous ne voulons pas : l’option DCAF pour tous et l’option filiation spécifique aux lesbiennes. L’option « droit commun » pourtant demandé par 8 associations sur 10, n’étant pas retenue. Propos qui seront confirmés dans différents articles au cours de la semaine passée.
  • Mercredi 19 juin, des représentants de votre association COLLECTIF BAMP ont été reçu au ministère de la Justice (car le 11 nous n’avions pas pu nous libérer de nos obligations professionnelles), pour faire entendre notre point de vue. Si l’écoute a été très attentive, nous sommes assez pessimiste, car la proposition « droit commun » qui permet de couvrir toutes les situations dans un esprit d’égalité, n’est pas retenue ! 
  • Ce dimanche 23 juin de nouvelles annonces de la ministre de la santé cette fois, nous font craindre le pire : elle confirme la mise en place de la proposition retenue dans l’article 12 du rapport Touraine, proposition d’Irène Thery de DCAF (déclaration commune anticipée de filiation), avec mention sur l’acte de naissance pour indiquer le mode de filiation et « permettre » (sic) l’accès aux origines.  Dans le Journal du Dimanche aussi. NOUS N’EN VOULONS PAS ! 

Il est urgent de faire entendre au gouvernement, à la ministre de la Justice et à la ministre de la santé que nous ne voulons pas de leurs propositions. Leur faire entendre que nous voulons autre chose de beaucoup plus moderne et égalitaire, respectant les droits et les devoirs des parents et les droits de nos enfants : sans stigmatisation et dans un réel soucis d’égalité entre tous les parents. 

Si vous vous sentez concerné par ce sujet et/ou que vous voulez être solidaire, merci de nous soutenir et de nous le faire savoir en signant et partageant cette pétition. Car lors de nos différents rendez-vous, il nous est toujours demandé combien notre association représente de personnes. Et l’impact n’est pas le même si nous disons que nous sommes 30, 300 ou 3000 ! L’article que nous avons partagé sur facebook la semaine dernière qui indiquait que les anti-pma étaient de retour, a été vu par plus de 30 500 personnes. Si nous pouvions avoir autant de signataires pour dire au gouvernement que nous ne voulons pas de leurs propositions contre les droits de nos enfants et de nos familles nés via un don, cela serait formidable.

Si notre approche de ces sujets vous correspond, n’hésitez pas, nous avons besoin d’unir nos forces pour peser dans le débat. Et c’est maintenant que cela se passe, la loi n’est pas encore déposée, nous avons jusqu’au 26 juillet pour montrer par le nombre de signataires que nous ne voulons pas des propositions du gouvernement au sujet de la filiation de nos enfants. 

Il y aura encore une possibilité de modifier les choses à la rentrée lors du débat parlementaire. Mais il faudrait là aussi, montrer qu’un nombre important de gens ne veulent pas de ses propositions.  Le message que nous vous faisons passer régulièrement : « Allez voir vos députés et vos sénateurs en circonscription » est plus que nécessaire. Si vous avez besoin d’aide pour préparer vos rendez-vous, nous sommes à votre disposition. 

 

 

PMA de futurs enfants stigmatisés par le droit

PMA et secret le mieux ennemi du bien

PMA made in Europe

La cigogne et la pipette

PMA, don et stigmate : parlons en

Filiation : non à la tyrannie de la transparence

 

#bioéthique #POURleDroitCommun #filiation #DonDeGamètes #NONàlaDCAF 

 

 

 

 

Retour sur le RDV au ministère des solidarités et de la santé

Mercredi 24 avril dernier, Virginie, pour l’association Collectif  BAMP a participé à une réunion organisée par Adrien TAQUET, secrétaire d’Etat responsable de la protection de l’enfance, depuis janvier 2019 (Nouveau gouvernement d’Edouard Philippe).

Cela ne commençait pas bien, puisque votre association n’était pas invitée, ce n’est pourtant pas faute d’avoir envoyé des courriers, des mails et ce depuis l’élection en 2017. En tout cas, BAMP n’était pas dans la liste des associations invitées . Informée de cette réunion, nous nous sommes donc invitées, considérant qu’en tant qu’association de patients infertiles, ayant recours à l’AMP, au don de gamètes, nous étions légitimes à participer à cette réunion dont le sujet était la révision de la loi de bioéthique, l’amp, le don de gamètes, donc des sujets sur lesquels nous travaillons et avons un avis depuis la création de l’association.

Au final plusieurs représentants de différentes associations étaient présents :

  • deux représentants de l’association PMAnonyme
  • deux représentants de l’ADFH (association des familles homoparentales)
  • deux représentantes de Mam’en solo
  • deux représentants de l’association ORIGINES
  • une représentante de l’inter LGBT
  • une représentante de l’association les Enfants Arc en ciel
  • deux représentants de l’APGL (association des parents gays et lesbiens)
  • une représentante de l’association COLLECTIF BAMP !

L’objectif de cette rencontre était un peu floue, ce qu’a fait remarqué tout de suite un représentant de l’APGL. Pourquoi recevoir les associations, pourtant investies depuis de nombreux mois sur ce sujet, à deux mois de la remise du projet de loi sur la révision de la bioéthique ? Et pourquoi par le secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance ?

En effet, les associations interpellent depuis de nombreux mois, les instances publiques au sujet de l’ouverture de l’AMP, de la révision de la loi de bioéthique, mais sans résultats. La mission parlementaires d’information de l’automne dernier a auditionné beaucoup de monde, pour au final proposer un rapport (dont nous vous avons déjà parlé ici), dont la proposition de déclaration commune anticipée inscrite sur l’acte de naissance intégral, pour les familles d’enfants nés via un don de gamètes, a été très controversés par plusieurs associations, dont la notre.

Chaque représentants a pu rapidement présenter son association, dans les grandes lignes. Puis Monsieur TAQUET a proposé des thèmes de discussion, sur lesquels il voulait avoir nos avis. En indiquant que son seul objectif est : « l’intérêt supérieur de l’enfant » :

  • PMA et GPA
  • Filiation et accès aux origines
  • Autoconservation des gamètes et PMA post mortem

Il a aussi indiqué que la loi serait bien présentée cet été. Mais rien sur le vote automne 2019 ? Début 2020 ?

Pour rappel, l’association COLLECTIF BAMP demande depuis des mois, que les différents acteurs de ces sujets puissent se rencontrer et travailler ensemble. Cette première réunion a permis que chacun puisse donner son point de vue sur les différents sujets proposés à la discussion.

En ce qui concerne la proposition du rapport TOURAINE de mettre en place une filiation spécifique pour les enfants nés d’un don de gamètes, la majorité des associations présentes (ORIGINES, Mam’enSolo, inter LGBT, Association Les Enfants Arc En Ciel, l’APGL, et BAMP) ont exprimé leur désaccord total avec cette proposition. Nous espérons que les arguments avancés par les uns et les autres ont convaincu ce représentant du gouvernement du caractère stigmatisant et discriminant d’une telle proposition.

Sensée lutter contre la non information des enfants nés d’un don et pour « l’accès aux origines« , c’est un marquage de nos enfants qui n’est pas possible et ce n’est pas non plus une solution efficace pour aider ceux qui n’arriveraient pas à informer leur enfant. Nous avons indiqués que les nouvelles générations de parents d’enfants nés d’un don, informent et parlent du don, de la stérilité sans tabou avec leurs enfants, citant notamment les dernières études réalisées par le CECOS de Toulouse à ce sujet. Ce qui induit de fait une manière différente de vivre le don de gamètes au sein de nos familles, sans secret ni tabou. Nous avons clairement dit qu’il n’était pas possible pour nous que nos enfants nés d’un don puissent être stigmatisés en fonction de leur mode de conception. 

Nous avons aussi indiqué que nous demandions que les lesbiennes puissent bénéficier du droit commun, comme pour ce qui se fait actuellement pour les couples hétérosexuels, en ce qui concerne l’établissement de la filiation : la mère est celle qui accouche et l’autre parent est celui qui reconnait l’enfant hors mariage ou le conjoint-e si mariage. Ouvrons l’amp aux femmes qui souhaitent en bénéficier, c’est une question d’égalité des droits. Puis traitons les questions bioéthique dans le cadre de la révision de la loi de bioéthique et il y a beaucoup à faire.

Nous avons aussi rappelé les grandes lignes de notre manifeste et de notre contribution au CCNE en insistant sur :

  • La nécessaire prévention sur la fertilité et l’infertilité, que ce sujet devienne un sujet de santé public
  • Que les questions environnementales soient prises en compte pour l’augmentation des situations d’infertilité, pour la santé reproductive des générations futures
  • Que les équipes d’AMP aient les  moyens humains et financiers pour réaliser une prise en charge de qualité et améliorer les taux de réussite.
  • Autoriser le diagnostic pré-implantatoire, comme élément de diagnostic permettant de limiter le nombre de tentatives
  • Maintenir l’AMP du côté du soin et non en faire un marché, seulement réservé à ceux qui en auraient les moyens.
  • Nous avons insister aussi sur le fait que nous ne voulons pas que le critère pathologique soit retiré de la future loi de bioéthique.
  • Nous avons aussi vraiment insisté sur le fait que les enfants nés d’un don de gamètes, dans leur grande majorité, ne sont plus élevés dans le secret de leur mode de conception. Qu’il faut aider les parents et les futurs parents pour qui cette question reste compliquée à gérer.

Cette réunion était nécessaire et intéressante, c’est ce qui a été dis à la directrice du cabine d’Agnés BUZIN qui était, aussi présente à la réunion.

Mais nous regrettons qu’elle arrive un peu au dernier moment, mais mieux vaut tard que jamais….. Il faut maintenir vos demandes de rendez-vous auprès de vos députés et sénateurs, pour aller leur parler d’AMP, de don de gamètes, de fécondation in vitro. Car tant que la loi n’est pas écrite, votée et publiée au journal officiel, tout est possible.

L’article de La Croix suite à la publication de notre article sur le rapport Touraine,

Levée de l’anonymat – le point de vue d’une donneuse d’ovocyte

En janvier dernier, Bamp! publiait un article dont le titre m’avais interpellé: « La fin de l’anonymat du don c’est pour 2020 !? ». Je me disais : ah oui ? Si vite ? Mais, est-on prêt-e? Savons-nous clairement de quoi nous parlons ? Qu’en pensent les personnes receveuses, les personnes donneuses ? Et les enfants issus du don ? Aussi, en tant que désormais ancienne donneuse d’ovocytes, il me semblait nécessaire de prendre la parole.

Je pense qu’avant de développer plus en détail sur le sujet, il est important de préciser, pour sa bonne compréhension que la question de la levée de l’anonymat des donneurs-es* de gamètes a été posée par des enfants devenus adultes issus d’un don de sperme et uniquement, -jusqu’ici- de sperme puisque les encore peu nombreux enfants devenus adultes issus d’un don d’ovocytes français, autorisé en France depuis 1994, ont, pour les plus âgés, 25 ans maximum et que statistiquement, cela constitue un nombre très restreint de personnes qui peuvent potentiellement prends la parole sur ce sujet(1). Voilà pourquoi, on entend toujours le mot « donneurs » (sous-entendu uniquement les donneurs de sperme) mais il est important de précise que cette proposition concerne les donneurs de spermes ET les donneuses d’ovocytes MAIS également, les couples donneurs d’embryon. Pour en revenir à ces personnes adultes issues d’un don sperme qui souhaitent la levée de l’anonymat des donneurs-es, le contexte dans lequel ils ont été informés de leur mode de conception fut parfois problématique et douloureux car leurs parents ne leur expliquaient pas forcément leur mode de conception, on pensait à l’époque que ce n’était pas si important et qu’il n’y avait pas lieu d’en parler (le fameux, « tu sais, en ce temps-là, ces choses-là, on n’en parlait pas et puis on croyait bien faire… ») et surtout on conseillait tout simplement de garder le secret(2). À l’inverse, aujourd’hui, il est précisément, fortement conseillé aux parents d’enfants issus d’un don de gamètes de leur expliquer leur mode de conception pour justement éviter les erreurs du passé. Cependant, si la question de la levée de l’anonymat des donneur-es concerne ces adultes, elle concerne également des jeunes voire très jeunes enfants nés dans le contexte social actuel, plus ouvert sur la question mais aussi des enfants qui naîtront dans un contexte social encore différent et que l’on ne connait pas encore. Ces enfants, lorsqu’ils seront jeunes adultes, s’interrogerons peut-être sur cette tierce personne qui, en choisissant librement de faire un don de gamètes, a contribué à leur conception. Or, comme nous ne savons pas ce qui se passera dans l’avenir ni à quoi ressemblera le contexte social dans lequel ils-elles évolueront, personne ne peut dire avec certitude que les enfants issus d’un don une fois devenu adultes auront besoin de savoir qui était leur donneur ou donneuse. Mais avec le retour d’expérience malheureux d’un certain nombre d’adultes issus d’un don de sperme qui s’expriment aujourd’hui, il est bien évidemment nécessaire d’envisager cette possibilité.

Personnellement, j’ai été donneuse d’ovocytes en 2016 et j’ai réfléchi à cette question de mon anonymat vis à vis de l’enfant qui pourrait naître grâce à un de mes gamètes. Est-il nécessaire de répéter que non, je n’ai jamais eu le sentiment d' »avoir un enfant dans la nature« , que non, je n’ai pas le sentiment d’avoir « abandonné un enfant« , que non, je n’attends pas « que mon enfant me retrouve » et autres joyeusetés malsaines. Avant même d’entrer en protocole de stimulation, je me suis interrogé et je me suis dit qu’en tant que donneuses et donneurs de gamètes, il était de notre responsabilité d’envisager cette possibilité si infime soit-elle qu’un enfant, une fois grand demande à consulter son dossier au cecos voire, qu’il cherche à entrer en contact avec nous histoire de comprendre qui a participé indirectement à sa conception. Parce que derrière les gamètes qu’on le veuille ou non, il y a bien des personnes physiques qui ont un jour fait ce choix d’être donneuses ou donneurs. En disant cela, que les parents de l’enfant se rassurent, il ne s’agit nullement de revendiquer une quelconque place dans le modèle familiale qui est le leur. Un-e donneur-se de gamètes est et reste un-e tiers donneuse-re et rien d’autre, rien de plus. Mais rien de moins non plus. Aussi, je pense qu’il est important d’interroger ce signifiant si particulier : donneur et donneuse de gamètes et d’évoquer clairement notre place et notre statut au sein de notre société. Nous ne sommes ni des fées, sous-entendu des entités magiques désincarnées ou pire, des « papa-graines », sous-entendu, des figures paternelles potentielles, expression trouble entendue dans le documentaire « L’enfant de tous les possibles » diffusé sur France 5 en janvier dernier(3). Certes, il est important voire nécessaire de rester à l’état de donneur-e symbolique pour que justement les parents et leur enfant construisent leur relation, mais il est tout aussi important que la société nous reconnaisse comme des personnes physiques ne serait-ce que pour nous sentir légitimes à prendre la parole et nous exprimer librement sur un sujet qui nous concerne en premier lieux.

Lorsque nous souhaitons faire un don de gamètes, ce choix est généralement mûrement réfléchi (pour moi en tout cas). Nous avons l’obligation de nous entretenir avec un-e psychologue avant d’être autorisé.e.s à entrer en protocole de don et à la condition sine qua none que nous soyons également déclaré.e.s aptes sur le plan médical et génétique autant dire qu’il est important de bien comprendre où est notre place dans ce processus ou en tout cas, comprendre clairement où elle n’est pas. Et en y réfléchissant bien, j’avais beau faire le tour de la question, pour moi, il n’y aurait rien de dramatique à être, comme certains disent maladroitement « retrouvé.e.s » (je lui préfère le verbe sollicité.e.s) par les jeunes adultes issus de notre don. On a tous, à un moment de notre vie besoin de creuser dans notre mémoire, de tirer le fil de notre histoire, cette histoire qui nous fait et qu’à notre tour, nous souhaitons transmettre alors, oui, comme le disait une autre jeune femme du documentaire de France 5, lorsqu’on a le sentiment qu’une « petite pièce manque », permettons simplement à cette petite pièce, c’est à dire nous, les donneurs-ses de gamètes de compléter le puzzle de cette personne selon ses besoins, selon son imaginaire et son histoire personnelle. Permettons simplement cela. Je sais que d’autres donneuses et donneurs ne partagent pas mon avis et souhaiteraient préserver le système de l’anonymat mais il ne faudrait pas céder à la panique en s’imaginant voir surgir du jour au lendemain la liste de donneurs-es en ligne avec photo à l’appui où chacun pourrait à loisir consulter nos profils et venir frapper à notre porte pour nous demander des comptes ou que sais-je. Et d’ailleurs, en tant que donneuse de gamètes, j’estime n’avoir de comptes à rendre à personne. J’ai choisi de faire cette démarche, je me suis soumise aux divers tests et j’ai fournis toutes les preuves nécessaires au cecos qui m’a accepté et a donc pris la responsabilité d’accepter mes gamètes en toute connaissance de cause.

Cependant, si j’estime ne pas avoir de « comptes à rendre », je ne nie absolument pas la question de la dette symbolique et exorbitante qu’endossent courageusement les couples receveurs en acceptant d’accueillir un don de gamètes : En effet, pour ces derniers le parcours est souvent si chaotique et douloureux qu’envisager ne serait-ce qu’une seconde que leur enfant puisse un jour leur demander qui est cet autre, ce tiers à qui on doit tellement, relève de l’impossible. Et, angoissés à l’idée de voir cette entité étrangère faire intrusion dans leur vie de famille, précisément entre eux et leur enfant, ils craignent sans doute que leur progéniture, en leur posant des questions à propos de cette personne ne finissent par leur échapper et voir leur statut de parent s’effriter… Est-ce que des personnes receveuses doutent d’être bien la mère, le père de leur enfant issu d’un don ? Je ne pense pas, mais cela ne leur a pas évité pour autant de se poser des questions lorsqu’ils ont accepté l’idée de recevoir un don de gamètes.

Qu’on le veuille ou pas, nos cellules reproductrices ne sont pas forcément que des cellules, la preuve, on se posent des questions. Comme cette femme receveuse qui, lors d’une discussion sur Facebook m’a dit texto : « je suis pour le maintien de l’anonymat parce que je ne veux pas que la donneuse se compare à mon enfant. » Sa phrase est maladroite mais nous éclaire sur cette peur enracinée chez certaines personnes receveuses, comme je l’ai exposé plus haut et qu’ils partagent avec certains donneurs-es que les enfants issus du don de gamètes aillent ou viennent un jour retrouver un père ou une mère –sous-entendu une figure paternelle ou maternelle qui leur ferait concurrence en venant « frapper à la porte » des donneurs et des donneuses, expression mainte fois lue et entendue. Pourquoi ces enfants qui ont leurs parents viendraient chercher une mère ou un père ? Ils savent qui sont leurs parents(4), comment ces derniers peuvent-ils en douter ? Ils savent qui s’occupe d’eux chaque jour depuis leur naissance, qui s’est levé la nuit et se lève encore parfois pour les consoler, qui les nourrit, les soignent, les bordent dans leur lit le soir après leur avoir lu pour la millième fois la même histoire, ces enfants savent qui les aime et qui ils aiment sans condition. Il faut leur faire confiance et se faire confiance car quand on prend soin d’utiliser les mots les plus justes et de manière apaisée, les enfants comprennent, souvent mieux que nous les adultes. À toutes les personnes qui ont conçu leur enfant grâce à un don de gamètes, soyez rassurées, on n’a pas attendu les techniques de procréation médicalement assistée pour balancer au moins une fois à nos parents lorsqu’on était petit, l’incendiaire et provocateur: « ouais, toute façon, t’es pas ma mère, t’es pas mon père! » histoire de tester leur solidité de parent d’adolescent-boulet-qui-se-pose-des-questions au risque de faire vaciller les certitudes de certains, bien loin souvent de toute considérations purement biologique.

Mais surtout, le propos de cette femme sur Facebook pointe du doigt une peur qui prend sa source dans des faits divers relayant des cas de donneurs ayant engendré parfois plusieurs dizaines d’enfants qui les ont soit retrouvé soit qui le connaissent d’emblée comme le hollandais Ed Ouben ou bien encore comme dans le film canadien Starbuck avec les fameux « 533 enfants » du géniteur David Wozniak. Bien que trouvant le film génial et forcément instructif, je suis toujours gênée comme avec les mots « père » et « mère » écrit plus haut par l’ambiguïté du mot « enfants » utilisés ici. Par l’absence d’autres mots plus pertinents que ceux-là, on continue à les utiliser faute de mieux tout en sachant que c’est précisément cela qui perturbe notre réflexion et empêche de mieux comprendre les enjeux de la levée de l’anonymat des donneur-ses. De plus, ces deux cas extrêmes nous éclairent sur la pratique du don de sperme et ses limites dans ces autres pays mais n’ont absolument rien à voir avec le système actuel français et participent malheureusement à une vision erronée du don de gamètes dans notre pays.

Je cite un autre exemple lors d’une discussion Facebook, cette fois avec une donneuse : celle-ci disait « je ne veux pas que mes enfants pensent qu’ils ont un demi-frère ou une demie-soeur quelques part…« . Quand une personne adulte décide de faire un don de gamètes, a priori, elle sait que c’est pour aider d’autres personnes à faire leur enfant, a priori elle sait et à parfaitement intégré l’idée que l’enfant ne sera pas le sien, qu’elle n’a aucun lien de filiation avec lui. Quand cette personne a fait son don, lui a-t-on donné des informations claires pour qu’elle comprenne qu’il est important d’évoquer sa démarche avec ses enfants ? Lui a-t-on donné assez d’éléments pour qu’elle puisse être capable de leur expliquer que ses gamètes ont été transmis à un couple, que ces cellules peuvent certes participer à engendrer un enfant mais que ce n’est pas pour eux une demi-soeur ou un demi-frère ? Qu’il est donc important d’évoquer le sujet avec eux pour désamorcer les craintes (les siennes et les leurs) à propos des risques infimes d’une rencontre inopinée et donc de consanguinité ? A-t-elle finalement bien pris conscience de la portée de son geste et de ses conséquences ? J’estime qu’à partir du moment où les couples receveurs et les personnes donneuses sont accompagné-e-s, écouté-e-s et informé-e-s sur la meilleure, en tout cas, la moins mauvaise manière d’expliquer à leurs enfants ce qu’est le don de gamètes et ce que cela implique constitue selon moi une base déjà solide pour envisager l’avenir sereinement avec leur progéniture.

Parler, échanger, débattre, mettre des mots sur ce que l’on ressent, prendre le temps d’interroger ses peurs et ses doutes, ce n’est qu’en continuant à faire un travail de sensibilisation que chacun pourra, en toute connaissance de cause, se forger un point de vue de manière éclairée, avec un maximum d’éléments à sa disposition pour ensuite expliquer les choses à son ou ses enfants. J’estime qu’à l’heure où la question de la levée de l’anonymat des donneurs et donneuses est posée, il est grand temps d’interroger ces peurs, ces a priori et ces angoisses légitimes mais aussi d’inventer et de mettre à disposition de tous des mots nouveaux pour que chacun puisse aborder ce sujet important en faisant preuve de discernement et en ayant le recul nécessaire pour émettre un jugement critique et éclairé essentiel à une meilleure compréhension de la pratique du don de gamètes et ses enjeux. Hors, aujourd’hui, je ne suis pas sûre que nous ayons tous les éléments à notre disposition pour aborder cette question sereinement et la tentative d’explication maladroite dont a fait preuve madame Agnès Buzyn sur BFM TV en est le triste exemple.

* Dans ce texte, le mot « donneurs-es » est une tentative d’écriture inclusive tendant à faire comprendre que le don de gamètes concerne ET les hommes ET les femmes, une manière de questionner la langue et les mots (et qui m’évite aussi certaines redondances dans le texte). Mais ce mot ne fonctionnant pas à l’oral, l’expression « personnes donneuses de gamètes » pourrait être intéressante à utiliser, cela pourrait intéresser Madame Agnès Buzyn dans sa prochaine intervention à propos du don de gamètes

(1) Je n’ai à ma connaissance pas de témoignages de personnes issues d’une FIV avec don

d’ovocytes, à bon entendeur 🙂

(2) https://journals.openedition.org/cdst/534#tocto1n1 (descendre dans la page jusqu’à la partie

A.L’évidence de la négation initiale, au point 14.

(3) Le documentaire « L’enfant de tous les possibles » complet est à voir ici ou vers ce lien déniché dans

les bas-fonds du web: https://oload.space/f/uoHkOU0q3Mc#. À propos de l’expression « papa-graines« 

entendu dans le documentaire: se caler à 32min30sec. Et le replay du débat « Le monde en face« 

animé par Marina Carrère d’Encausse est disponible ici jusqu’au 22 juillet 2020.

(4) https://www.lemonde.fr/vous/article/2006/04/04/le-mental-des-enfants-nes-d-un-don-

anonyme_757824_3238.html.

Pour découvrir les autres écrits de BELLY WESTERN PROJECT c’est par ici
et la page facebook dédiée à ce travail d’écriture, c’est par là
Merci à BELLY WESTERN de faire confiance à BAMP pour la diffusion de ses écrits

La fin de l’anonymat du don c’est pour 2020 !?

Aujourd’hui, le rapporteur Jean-Louis TOURAINE (député LREM de Lyon) de la mission d’information parlementaire sur la révision de la loi de bioéthique rend son rapport. Jean-Louis TOURAINE et Xavier BRETON lui-même président de cette commission, ont auditionné, sur différents sujets relatifs à la révision de la loi de bioéthique de nombreuses personnes, professionnels et représentants d’associations. Pour rappel, BAMP a été auditionné sur la préservation de la fertilité et l’autoconservation des ovocytes. Et oui, nous n’avons pas pu donner notre point de vue sur ces questions du don de gamètes, en dehors de notre contribution au CCNE au printemps. Les deux représentants des associations d’adultes nés grâce à un don de gamètes ont été auditionnés ensemble, vous pouvez retrouver la vidéo ici.

Voici la position de Jean-Louis TOURAINE au sujet du don de gamètes, extraits de l’article de LA VIE (publication du rapport de la mission d’informations).

« Nous avons beaucoup réfléchi sur la question de l’accès aux origines. Il est dommageable de maintenir dans le secret des enfants nés grâce à un tiers donneur. Il faut donner la possibilité à ces enfants d’avoir accès à des informations sur leur origine ». Donc en pratique qu’est-ce qui a été imaginé ? Pour le don de spermatozoïdes, pour le don d’ovocyte, pour le don d’embryon, pour les tentatives d’AMP réalisées à l’étranger ? Pour les tentatives réalisées hors cadre sanitaire ? 

Les nouveaux parents et futurs parents par don de gamètes, sont dans leur grande majorité convaincu que le secret au sujet de la conception est délétère, nos enfants ne sont donc pas élevés de la même manière, ni dans le même contexte psycho-social que ceux des générations précédentes. La culpabilité des parents vis à vis de l’infertilité et les conflits psychiques, sociaux et culturels sont mieux traités en amont du don pour que les parents ne reproduisent pas ce que les premières générations de parents ont fait. Et tout cas, c’est ce que nous conseillons aux personnes qui s’adressent à nous. (voir ici nos précédents écrits à ce sujet).

Un peu plus loin, toujours dans l’article de LA VIE, Jean-Louis TOURAINE précise :  « Nous désirons faire établir l’intérêt prioritaire de l’enfant, quel que soit le mode de sa conception. Tous, qu’ils soient nés de PMA dans un couple hétérosexuel ou homosexuel, ou encore nés de GPA à l’étranger, doivent bénéficier des mêmes droits, de la même absence de discrimination et de la reconnaissance de leurs vrais parents, c’est à dire ceux qui les élèvent et les aiment. Pour la PMA, nous préconisons une déclaration commune anticipée de filiation, qui serait effectuée au même moment que le consentement à réaliser l’AMP, chez le notaire. Cela permet de prendre pleinement en compte l’acte d’engagement des deux membres du couple, qui seront les parents. Cette déclaration valable pour tout recours à un tiers donneur, sera portée en marge de l’acte intégral d’état civil, chez les couples hétérosexuels ou homosexuels. Cela nécessite une modification des règles d’accès à l’état civil afin que seuls les parents et l’enfant devenu majeurs puissent accéder à l’acte intégral ». 

La semaine passé, c’est Agnés BUZYN qui annonçait sur BFM que le texte de loi « n’est pas totalement rédigé » mais les idées sont déjà bien élaborées sur la levée de l’anonymat des donneurs (les donneuses n’existent pas dans le discours public) : « C’est quelque chose, qui de toute façon est dans l’air du temps de tous les pays. Attention cela ne veut pas dire que l’on choisira un donneur de spermatozoïdes en fonction de son nom, de son origine, enfin voilà. Cela veut dire qu’un enfant à l’âge de 18 ans pourra éventuellement retrouver le donneur de gamètes sans que cela ne procure aucun droit ».  

Bourdin : « Donc il y aura levée de l’anonymat ? »

Buzyn : « Mais je voudrais que l’on revienne pratiquement sur ce que cela représente. Cela veut dire que des enfants nés, d’un don en 2020, puisque la loi sera promulguée et avec les décrets en 2020. Pourra à l’âge de 18 ans c’est à dire en 2038, se retourner vers son donneur pour essayer de savoir quels sont ses origines et pouvoir se construire. Or en 2038, nous savons que les bases de données génétiques à travers le monde, en fait seront très accessibles. Et la question sera probablement un peu obsolète. C’est déjà le cas, aujourd’hui aux Etats-Unis ou des gens retrouvent leur donneurs de spermatozoïdes, ou des frères ou des demi-frères uniquement en analysant des banques de données de génétiques. C’est déjà aujourd’hui accessible« .

Vous remarquerez que le discours public est concentré sur les aspects masculins du sujet : le donneur, les frères, le don de spermatozoïdes…. Comme si les donneuses n’existaient pas, comme si les couples donneurs d’embryons n’existaient pas. Où que la question n’ai pas été pensée, qu’elle soit traitée que sous cet angle masculin. Il va falloir nous expliquer comment pouvoir « se tourner vers son donneur à 18 ans permet de se construire » en tant qu’individu ? C’est dans l’enfance, la petite enfance, que les choses doivent être dites, que les rapports de confiance, de transparence au sujet du don doivent être dites, non à 18 ans. Par ailleurs faire fantasmer un enfant pendant 18 ans autour d’une potentielle rencontre avec LE donneur, nous semble vraiment odieux, si l’on se place du point de vue du développement psychique et social d’un enfant. Ne pas interroger les parents actuels, sur leurs pratiques actuelles d’éducation de leur enfant nés grâce à un don, ne permet pas d’apporter de la nuance au point de vue évoqué par Madame BUZYN. C’est assez inquiétant, d’ignorer à ce point, les conséquences psycho-sociales que risque de provoquer cette modification de la loi, sans une large concertation avec tous les acteurs.

Dans cet entretien madame BUZYN s’est dit « contre la rémunération du don de soi » au sujet de la rémunération des donneurs……rien sur les donneuses ? Elles existent les donneuses ? 

De plus, à partir de fin janvier « le gouvernement va organiser des séminaires thématiques pour présenter de façon approfondie aux parlementaires les sujets qui seront abordés dans le projet de loi bioéthique. L’objectif étant de permettre un débat apaisé sur des questions d’une redoutable complexité« . Source Olivia ELKAIM journaliste à La VIE. Donc si vous souhaitez discuter de ces sujets et notamment du don de gamètes avec votre député-e, vous avez encore quelques semaines devant vous pour lui demander un entretien et lui expliquer votre point de vue. De notre côté, aucune de nos demandes d’audiences auprès de la ministre de la santé, des députés, du 1er ministre, n’a reçu de réponse. Le projet de loi doit être déposé avant la fin mars au Conseil d’Etat et sera discuté et voté au parlement avant l’été 2019. Tout semble indiquer que la loi va changer et que les donneurs, donneuses et couples donneur d’embryon ne pourrons plus être anonymes. 

BAMP a depuis 5 ans informé et accompagné, sans jugement, en respectant la liberté de chacun à faire ses choix de vie, ses choix de parcours de don de gamètes (anonymat, non anonymat, don croisés, double don, don d’embryon, en France, à l’étranger), toutes les personnes (couples et femmes seules) qui s’interrogeaient et faisaient appel à nous. Nous continuerons à le faire sur les mêmes bases : respects des choix individuels, non jugement, informations la plus exhaustive possible, sans chercher à imposer quoi que ce soit, que la loi change ou pas. 

Il semblerait que le point de vue de notre association ne soit pas légitime à s’exprimer et qu’il soit sujet à beaucoup d’interprétations, d’instrumentalisations, voir de calomnies qui visent a attribuer à BAMP une volonté de lutter contre les droits des adultes nés d’un don. Ce qui n’est pas cas. Nous pensons pourtant être légitimes à pouvoir exprimer des nuances face au discours dominant sur ce sujet, à participer, comme tous les autres acteurs concernés, aux réflexions et débats. Les enfants nés d’un don de gamètes ne naissent pas par génération spontanée, ils ont des parents qui les éduquent. Les politiques de notre pays et certains adultes nés d’un don de gamètes nous disent que non, qu’il faut faire sans les parents.

https://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/agnes-buzin-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct-1130628.html

Vers 7 minutes 40

 

Le don de gamètes : point de vue des futurs parents et parents

Un nombre important de nos adhérents sont des parents ou de futurs parents d’enfants né-es grâce à un don de gamètes, soit par don de spermatozoïdes, don d’ovocytes, don d’embryon ou encore double don (réalisé à l’étranger). Ce sont en majorité des couples hétérosexuels et des femmes seules.

Leurs paroles et leurs points de vue sur cette question de l’anonymat des donneurs et des donneuses, est absente de l’espace public. Ils sont pourtant un des acteurs principaux de la « question du don de gamètes », car ils en sont les initiateurs, sans eux, sans leur désir d’avoir des enfants, nous ne serions pas à essayer aujourd’hui de réfléchir et tenter d’apporter des réponses pour une révision de la loi de bioéthique.

Rappel sur les derniers chiffres relatifs aux naissances par don de gamètes et aux donneurs / donneuses

Pour rappel en 2015 (les chiffres 2016 ne devraient pas tarder à arriver) l’agence de la biomédecine nous indique que 1254 enfants sont nés en France suite à un don de gamètes. Mais ces chiffres ne tiennent pas compte des nombreux enfants nés en France grâce à un don de gamètes réalisé à l’étranger. Si nous nous contentons des chiffres 2015 de l’ABM c’est donc 1 naissance sur 637 qui a lieu grâce à un don de gamètes. Plus de 70 000 personnes sont nées grâce à un don de spermatozoïdes en France depuis la création des CECOS. Beaucoup moins pour les personnes nées grâce à un don d’ovocytes (qui se pratique depuis 1984-85). Pour rentrer un peu plus dans les détails des naissances grâce à un don de gamètes en 2015 :

  • 971 enfants sont nés grâce à un don de spermatozoïdes
  • 256 enfants sont nés grâce à un don d’ovocytes
  • 27 enfants sont nés grâce à un don d’embryons

En ce qui concerne les donneurs et les donneuses de gamètes français, en 2017 il y a eu 729 femmes qui ont donné leurs ovocytes et 493 hommes qui ont donné leurs spermatozoïdes.

Le don de gamètes un sujet essentiel pour l’association COLLECTIF BAMP !

Notre association est engagée depuis 2013 sur les différents aspects du don de gamètes. Nous participons depuis cette année à un groupe de travail sur le don de gamètes mit en place par l’agence de la biomédecine. Nous publions depuis la création de notre association des témoignages de donneurs, donneuses, de parents, futurs parents par don de spermatozoïdes, d’ovocytes, double don et don d’embryons. Nous organisons des rencontres en régions sur ce thème spécifique du don de gamètes, de la parentalité par don de gamètes. Nous constatons que ce sujet revient très régulièrement même dans les rencontres non spécifiquement dédiées à ce sujet.  Nous proposons des entretiens téléphoniques aux personnes qui s’interrogent sur le recours au don de gamètes.  Nous participons à notre niveau à la diffusion de l’information (distributions ciblées ou pas, des flyers et affiches de l’agence de la biomédecine auprès des professionnels du soin, ou des individus lambda). Nous relayons la campagne d’information de l’agence de la biomédecine tous les ans. Nous participons à des conférences sur ce sujet.

Dans notre manifeste écrit en 2013 nous avions un article qui indiquait au sujet de l’anonymat du don de gamètes : « Nous souhaitons que nos enfants né-es grâce à un don de gamètes, puissent s’ils en ont besoin et l’envie, avoir des informations sur le donneur ou la donneuse ». Cet article nous a valu beaucoup de critiques de la part de parents d’enfants nés grâce à un don et de futurs parents aussi. Ces réactions et les débats qui ont eu lieu au bureau de l’association à ce sujet, nous ont amené à prendre une position moins tranchée, laissant à chacun la liberté de faire ce qui lui semble avoir le plus de sens. Car sur cette question de l’anonymat du don de gamètes, il y a autant de points de vue que de familles et même d’individus au sein d’une même famille. Les libertés individuelles des différents acteurs du don de gamètes (futurs parents, parents, donneurs-donneuses, enfants) ne coïncident pas nécessairement les unes avec les autres et dépendent essentiellement de choix individuels, très personnels. Ils nous semble important de respecter cette multitude de points de vue et de vécus.

En 2016, nous avons actualisé notre manifeste et la question du don de gamètes se trouve maintenant dans la Partie 4 : « Repenser l’organisation juridique et le cadre éthique« , dans laquelle sur ce point précis, nous demandons un débat en présence de toutes les parties prenantes : parents, futurs parents, donneurs-donneuses, enfants/adultes né-es grâce à un don de gamètes. Car il nous semble impossible de légiférer sans avoir pu mettre toutes les parties prenantes au don de gamètes autour d’une table et obtenir une loi qui ne légifère pas aujourd’hui au seul regard d’une situation antérieure. Les nouvelles générations de parents et futurs parents par don de gamètes n’ont pas les mêmes éléments et informations concernant l’anonymat, le secret, ce qui change, de fait, leur attitudes vis à vis de leurs enfants.

Contribution déposée au CCNE (février 20018) sur le sujet du don de gamètes dans la perspective de la révision de la loi de bioéthique

Le don de gamètes fait parti des 4 points que nous avons présentés et défendus lors de notre audition au CCNE au mois de février 2018. C’est ce point de vue que nous allons présenter et défendre devant les parlementaires de la commission de révision de la loi de bioéthique le 17 octobre prochain. Le point de vue des parents et futurs parents doit mieux être entendu, vous pouvez aussi individuellement aller rencontrer vos parlementaires pour leur exposer votre point de vue.

Ce qu’en pensent les parents et futurs parents d’enfants nés grâce à un don de gamètes

Dans notre pratique associative, depuis 5 ans maintenant, nous accompagnons les nouvelles générations de parents : ceux qui s’interrogent aujourd’hui sur le recours au don de gamètes, ceux qui sont de futurs parents, ceux qui ont de jeunes enfants (jusqu’à 10 ans). C’est un point important que nous voulons souligner, car les personnes qui s’engagent ou souhaitent s’engager dans la parentalité par don ne vivent pas dans le même contexte que ceux des années 60, 70, 80, ni même 90. Ces parents et futurs parents, vivent dans une époque, une société et un corps médical qui ne traitent plus de la même façon la question du don de gamètes, de l’anonymat. Le secret de la conception n’est plus la norme, comme cela a pu l’être avant. Le contexte social n’est plus le même, pour autant cette question du recours au don, reste une démarche hors norme, qui ne se décide pas à la légère.

Les caractéristiques principales de ces parents ou futurs parents grâce aux dons de gamètes sont les suivantes :

  • Le parcours d’amp souvent très long ou leur stérilité connue de longue date, leur ont permis de bien mûrir leur projet de parentalité. Ils s’interrogent plus que la moyenne des candidats à la parentalité, sur ce qu’implique d’être parents, sur les questions de transmission, d’éducation. Et donc sur le recours au don de gamètes, ce que cela implique pour l’enfant notamment. Certains y renoncent suite à cette longue réflexion.
  • Ils veulent dire à l’enfant que sa naissance a été permise grâce à un don de gamètes. Ils veulent le dire à l’enfant le plus tôt possible. Sans savoir quand exactement : dès sa naissance, lorsqu’il est petit, lorsqu’il est en âge de parler et de comprendre les mots utilisés ? Ils sont tous persuadés qu’il faut le dire le plus tôt possible et ne pas attendre qu’il soit plus âgé. Car ils ont conscience des impacts délétères d’une « révélation » tardive.
  • Ils vivent dans une société qui polémique beaucoup sur ce sujet, ce qui renforce pour certains les inquiétudes, les questions, voir le replis . Quand vous entendez par exemple à longueur de prise de parole publique que : « les parents hétérosexuels mentent à leurs enfants au sujet de la conception » où encore qu’il faut « inscrire sur l’acte de naissance : né par don d’engendrement« . Mais aussi les partisans du retrait pur et simple du recours au don de gamètes (voir les contributions au débats de bioéthique de la Manif pour tous et Alliance Vita).
  • Ils sont dans des démarches de don de gamètes en France, mais aussi pour beaucoup à l’étranger. Et pour certains dans des pays où le non anonymat est la règle.

Ces parents et/ou futurs parents ont un grand besoin d’écoute. Ils ont besoin de partager sans jugement, leur questions, leurs inquiétudes. Nous les aidons à trouver leurs propres réponses, à faire leurs propres choix de vie.

Pour rentrer un peu plus dans les détails de ce que nous disent ces couples, ces femmes, en tout cas ceux qui se reconnaissent dans le projet de l’association et font donc appel à nous.

  • Ils sont souvent désorientés face aux injonctions et à la banalisation du recours au don de gamètes, par le corps médical. C’est n’est pas, pour beaucoup un passage « naturel » et obligé en cas d’échec de l’AMP en intraconjugal et certains sont bousculés par la banalisation du recours au don, qui leur est renvoyé.
  • Ils s’interrogent vraiment beaucoup par rapport au potentiel enfant. Ce que l’enfant va vivre et va penser de cette naissance particulière. Notamment par rapport à la norme sociale (qui reste l’enfant issu des gamètes de ses parents sociaux). Par rapport aux potentielles souffrances morales, psychiques que l’enfant pourrait éprouver. Par rapport aux implications futures pour l’enfant tant au niveau médical, que social.
  • Ils se sentent souvent coupable de douter face au recours au don de gamètes. Car si « votre désir d’enfant est si fort » pourquoi ne pas accepter le recours au don, pourquoi s’interroger ? Si vous « désirez autant un enfant vous devriez accepter les yeux fermés de recourir au don de gamètes » Pourtant non, ils doutent, ils s’interrogent, s’inquiètent, ils remettent en question leur projet parental et s’en sentent en plus coupable.
  • Les points de questionnement qui reviennent systématiquement :
    • La place de l’enfant dans la famille élargie, dans la fratrie (si déjà d’autres enfants, issus des gamètes des deux parents)
    • Mais aussi la place des parents, le parent stérile, celui qui ne l’est pas. Car en fonction du type de stérilité, celle du père (qui ne porte pas l’enfant), celle de la mère (qui même stérile peut porter l’enfant). Le décalage réel et symbolique que cela peut impliquer.
    • Est-ce que cette démarche de recourir au don de gamètes est légitime, normale ?
    • Est-ce que mon enfant va me ressembler ou pas ? Est-ce que je vais le reconnaître comme mon enfant ? Est-ce qu’il va me reconnaître comme son père ou sa mère ?
    • Comment peut se dérouler l’affiliation de cet enfant dans l’histoire familiale, dans le quotidien familial ?
    • Est-ce que cette information va rester dans la famille « nucléaire » ou sera-t-elle, doit-elle être largement diffusée ?
    • Est-ce qu’il faut attendre que l’enfant informé, décide par lui même d’en parler aux autres et non les parents ?
  • Souvent les personnes nous disent qu’elles ne parlent pas de toutes ces questions avec les professionnels des CECOS, par peur d’être récusé en tant que couple receveur.
  • Beaucoup trouvent anormal de devoir « recruter » eux même des donneurs et des donneuses. Beaucoup s’en sentent incapable et se sentent donc aussi coupable de ne pas le faire. Pensant qu’ils vont donc voir passer avant eux sur la liste d’attente des couples qui viennent avec un donneur ou une donneuse.
  • Tous veulent DIRE à l’enfant qu’il est né grâce à un don de gamètes, mais QUAND le dire et surtout COMMENT ?
    • Même pour les gens qui sont déterminés à le dire, ils expriment le fait que ce n’est finalement pas si simple que cela à faire.
    • Ils ont besoin d’être accompagnés dans leurs réflexions, pour pouvoir trouver leur solution.
    • Les retours d’expériences partagées sont toujours intéressantes pour les couples.
  • Les questions qui reviennent aussi très souvent tournent autour des interférences que pourraient avoir la question du don et l’éducation. La culpabilité éprouvée ou envisagée vis à vis de l’éducation à donner à l’enfant (crainte d’être trop laxiste par culpabilité par exemple, crainte de donner trop de place à la question du don ou pas assez).
  • Souvent les couples évoquent la nécessité de donner (ovocyte ou spermatozoïdes) à leur tour. Don et contre-don (telle que le décrivent les anthropologues). Ils ont tellement reçu où envisagent de tellement recevoir avec l’arrivée d’un enfant, qu’ils ont besoin de donner en retour.
  • La question de devoir payer pour tenter d’avoir un enfant, en recourant à un don de gamètes dans une clinique étrangère est un frein moral pour beaucoup de couples.
  • Les délais d’attente pour pouvoir bénéficier d’un don de gamètes en France, sont une source de stress et d’injustice morale très importante pour de nombreux couples. Qui tentent comme ils peuvent de gérer cela.
  • Beaucoup s’inquiètent aussi du « marché des gamètes » à l’étranger, sans informations précises, les inquiétudes deviennent des freins, voir des sources de culpabilité pour ceux qui font le pas d’y recourir.

Ce que nous leur proposons dans les échanges que nous avons au sujet du recours au don de gamètes :

  • Nous commençons toujours par leur dire qu’ils peuvent renoncer, que le recours au don de gamètes n’est pas une obligation. Que s’ils constatent qu’ils ne peuvent, ne veulent pas le faire, il faut aller dans ce sens. La décision n’est pas simple lorsque vous désirez avoir des enfants depuis si longtemps, mais elle est respectable, car honnête vis à vis de leurs propres convictions.
  • Nous précisons que le don de gamètes n’est pas une démarche ordinaire, notamment parce que cela implique de se confronter aux normes dominantes de la société, aux normes familiales, aux normes personnelles. Que cela implique différents acteurs dont les enfants à naître. Il faut donc que les parents/futurs parents soient le plus au clair possible avec tout ce que le recours au don de gamètes implique. L’enfant ne va pas à sa naissance régler des choses qui n’auraient pas été réglées avant sa naissance.
  • Qu’il est nécessaire de s’interroger beaucoup et en fonction de différentes dimensions :  individuellement, en couple, par rapport à l’entourage et d’un point de vue social plus large.
  • Le recours au don de gamètes est hors norme pour nous adultes qui sommes nés de façon « classique », mais pour l’enfant c’est sa norme, sa normalité. 
  • Le don de gamètes est une donnée de l’histoire, mais elle ne doit ni ETRE, ni FAIRE l’histoire. A l’origine de la naissance, il y a le désir de ses parents d’avoir des enfant, la stérilité, les gamètes d’un donneur ou d’une donneuse ou des deux. Pour que les parents puissent s’affilier psychiquement, socialement, émotionnellement à l’enfant, il faut que la place soit libre. Le donneur ou la donneuse, ne doivent pas envahir l’espace psychique, symbolique et réel, car nous pourrions nous trouver alors dans des troubles de la parentalité (dysparentalité, voir a-parentalité), ou des dysfonctionnement des liens d’attachement. Ce qui est une crainte importante des futurs parents, le don étant déjà hors-norme, ils veulent réussir leur parentalité.
  • Qu’il est nécessaire d’inscrire l’enfant dans une narration de sa naissance, de son origine qui soit cohérente, qui fasse sens pour les parents et donc pour l’enfant. Il faut que le fond et la forme du message transmis soient cohérents pour l’équilibre psychique de l’enfant.
  • Il existe de nombreux livres qui parlent du don de gamètes, voir d’un don en particulier. Ils peuvent servir de support de narration, lorsque les parents ne savent pas comment s’y prendre. Il est aussi possible de produire votre propre support, personnalisé pour raconter l’histoire à l’enfant, pour qu’il puisse y revenir quand bon lui semble. Ce que font beaucoup les enfants entre 1 an et demi et 4 ans.
  • Nous évoquons toujours la possibilité du recours à un don non anonyme à l’étranger. Mais que cela ne peut pas se faire une France et que cela à un coût important dans les pays qui le pratique.
  • Nous rappelons aussi systématiquement qu’il existe deux associations en France d’adultes né-es grâce à un don de gamètes ; ADEDD et PMANONYME. Que ces futurs parents peuvent aussi se renseigner auprès de ces associations, pour discuter avec des adultes né-es grâce à un don de gamète.
  • Enfin, nous leur indiquons qu’ils peuvent aussi voir un psychologue pour parler de ce projet, des questions qu’ils se posent. Qu’il ne faut surtout pas faire l’économie psychique d’ignorer ce que le recours au don de gamètes provoque chez eux de négatif. Car s’ils font cela, les questions (culpabilité, peurs, ressemblance, etc….) resurgirons sous une forme ou sous une autre et viendrons perturber la relation parents/enfants.
  • Nous leur proposons aussi des informations d’ordres administratives et organisationnelles sur le don de gamètes en France et le don de gamètes à l’étranger.

Les résultats de notre questionnaire BIOETHIQUE

Au début de l’année 2018, nous avons proposé à nos adhérents et à nos lecteurs de répondre à un questionnaire bioéthique. Un peu plus de 500 personnes ont répondu.

Vous pouvez retrouver ici les résultats de ce questionnaire. En ce qui concerne le don de gamètes : anonymat, gratuité. Les réponses vont plutôt dans le sens, d’un maintien de l’anonymat des donneurs et des donneuses. La nécessité d’informer l’enfant sur son mode de procréation et de pouvoir lui transmettre, s’il en a besoin des informations non identifiantes.

La gratuité du don de gamètes en France

C’est une question importante qu’il ne faut pas négliger. Il y a des tensions intellectuelles entre les différents acteurs (état, garants de l’éthique, couples receveurs, donneurs/donneuses, adultes nés suite à un don) sur le sens à donner à la gratuité  et sur les solutions à proposer. Pour notre association, il y a une nécessité éthique à maintenir l’assistance médicale à la procréation et l’assistance médicale à la procréation avec don de gamètes du côté du soin, de la santé et à ne surtout pas tomber du côté du marché. Pour autant, la gratuité pose des questions, qui peuvent être contradictoires et rentrer en conflit les unes avec les autres :

  • La gratuité ne règle pas la dette symbolique consciente ou pas, qui existe dans l’acte de recevoir un don de gamètes pour tenter d’avoir un enfant. Régler cette dette permet de mettre à distance le donneur ou la donneuse (expérience de certains couples ayant reçu un don à l’étranger).
  • Mais pour beaucoup de couple receveur, il est difficile, voir douloureux de devoir payer (à l’étranger) pour recevoir un don pour tenter d’avoir un enfant. Pourtant en France on paye aussi, de façon indirect, via nos impôts qui financent les coûts relatifs à l’AMP avec don de gamètes. Mais l’acte symbolique n’est pas le même, car vous ne sortez pas de la clinique en ayant fait un chèque.
  • Du point de vue des donneuses, il y a un engagement physique important. D’ailleurs dans le questionnaire bioéthique cité plus haut, les personnes ont répondu OUI à 63.8% pour dédommager les donneuses d’ovocytes. Et OUI aussi pour les hommes à 49.3%, sur le principe de l’égalité de traitement.
  • Le point de vue des donneurs et donneuses sur cette question doit aussi être entendue. Est-ce que si les dons de gamètes étaient dédommagés, seraient-ils plus nombreux ? Qu’est-ce qui a le plus de valeur l’altruisme, ou le règlement financier pour solder une dette ?
  • Il nous semble important de prendre le temps de réfléchir d’un point de vue éthique aux implications psychiques, juridiques, financières de la gratuité au regard des quatre principes de la bioéthique : autonomie, bienfaisance, non malfaisance, justice. Et avec les différents acteurs du don de gamètes.

Vous pouvez retrouver dans cette vidéo, l’intervention de Virginie co-fondatrice de l’association, tirée du forum européenne de bioéthique de Strasbourg en février 2018

Conclusion

Pour notre association, il y a une urgence à parler du don de gamètes autrement que ce qui se fait actuellement, avec beaucoup de tensions et sans concertation des différents acteurs. Il nous semble important de prendre le temps de penser les différents problèmes soulevés par cette question. Il faut ensuite proposer une solution qui aurait le plus de sens pour les couples receveurs et les donneurs/donneuses avec en perspectives l’intérêt de l’enfant à naître. Il y a une forte demande d’informations, d’accompagnement.

Ce sont donc tous ces éléments que nous allons transmettre lors de notre prochaine audition, le 17 octobre avec les parlementaires de la mission d’information sur la révision de la loi de bioéthique. Si vous avez des remarques à faire, merci des les indiquer en commentaires ou de nous les faire parvenir par mail.

#bioéthique2018 #vraimentPour

Bioéthique 2018 – Maintenant c’est à vous de jouer !

Le Conseil Consultatif National d’Ethique à rendu son rapport sur la consultation des Etats Généraux de la bioéthique le 2 juillet, le Conseil d’Etat aussi mercredi 10 juillet. C’est l’effervescence médiatique, mais bizarrement sans donner la parole aux personnes infertiles concernées. Après l’été les parlementaires vont « discuter » et voter la loi de bioéthique, ils vont proposer des amendements. Les parlementaires c’est vous ! Vous les avez élus.

Une mission d’information sur la révision de la loi de bioéthique a été mise en place début juillet (voir ici tous ces membres). Les député-es vont auditionner les acteurs de l’AMP et les associations parties prenantes sur les sujets bioéthique.

L’office parlementaire des choix scientifiques et technologiques doit aussi se pencher sur cette révision de la loi de bioéthique. Cette instance est constituée de sénateurs-trices et de députés-es.

Nous en avons déjà rencontré certains parlementaires notamment des sénateurs-trices (en février et en mai). Nous avons d’ailleurs été surpris par le manque de connaissances ou des connaissances erronées de certaines des personnes rencontrés. Par exemple, il a fallu repréciser que l’AMP en France ce n’est PAS exclusivement du don de gamètes. Mais, seulement 5% de l’activité d’AMP en France (en leur précisant que beaucoup de français doivent se rendre à l’étranger) que 95% de l’AMP est bien réalisée en intraconjugal. Il y a donc un vrai travail d’information et de sensibilisation qui doit être fait au sujet de l’assistance médicale à la procréation, de l’infertilité.

Mercredi 18 juillet, nous avons rendez-vous avec Guillaume CHICHE, député de la première circonscription des Deux-Sèvres et membre de cette mission d’information qui vient d’être mise en place à l’Assemblée Nationale. Le 29 août nous avons un autre rendez-vous de prévu à l’Assemblée Nationale (Commission des affaires sociales).

Nous serons trois membres actifs de l’association à nous y rendre, pour représenter les couples en parcours d’AMP et en parcours de don de gamètes (spermatozoïdes, ovocytes et don d’embryons/ double don) et aussi les femmes ayant des pathologies impactant l’infertilité, mais sans partenaire masculin. L’objectif de ces rencontres est de parler des sujets portés par notre association et que vous pouvez retrouver dans le Manifeste de l’association et dans le document remis au CCNE. Tous les sujets ne peuvent être traités dans le cadre d’une révision de la loi de bioéthique. Nous souhaitons recentrer le débat autour des points portés par notre association et qui peuvent être traité par la révision de la loi de bioéthique : recherche sur l’embryon, autoconservation, don de gamètes, ouverture de l’AMP.

Notre action en tant que représentants d’une association de patients de l’AMP est certes nécessaire, mais pas suffisante. Vous pouvez, que dis-je, vous devez vous aussi aller rencontrer vos élus locaux (enfin si vous en avez envie) : député et sénateur, pour leur dire les yeux dans les yeux, ce que vous vivez et ce que vous attendez de cette loi de bioéthique, en ce qui concerne :

  • l’amélioration des résultats de l’AMP en France (plus de moyens humains et technique, utilisation de nouveaux dispositifs de diagnostic et thérapeutique)
  • la recherche sur l’embryon
  • le dépistage des aneuploidies (il faut mettre fin aux transferts d’embryons non viables)
  • Le don de gamètes en France (le manque d’informations, l’anonymat, la gratuité, etc.)
  • la préservation de la fertilité et l’autoconservation des ovocytes
  • l’environnement et la santé reproductive
  • l’ouverture de l’amp
  • etc…..

Si vous avez besoin d’aide pour organiser votre rendez-vous, pas de soucis, BAMP peut vous proposer une aide logistique. Prenez rendez-vous, pour rencontrer votre député, votre sénateur ou ses assistants parlementaires. La loi n’arrivera à l’Assemblée Nationale qu’à l’automne, cela vous laisse un peu de temps pour obtenir ce rendez-vous.

Vous pouvez retrouver par ici, la liste des députés ainsi que les adresses de contacts que vous devez utiliser pour solliciter un rendez-vous en circonscription les parlementaires ont des permanences.

Idem pour les sénateurs

Nous vous rappelons que ce sont vos démarches qui avaient permis en 2016 d’obtenir les autorisations d’absence. Certains d’entres vous aviez, en plus de nos démarches associatives, rencontrer leurs élus locaux, qui pour certains se sont saisis de nos demandes pour les défendre à l’Assemblée Nationale. Nous avions rédigé des amendements que la députée qui s’était engagée auprès de nous avait défendu en commission et en séance et qui avaient été votés.

A vous de jouer, maintenant !

 

Sans partenaire masculin mais………………. avec des pathologies impactant la fertilité – Témoignage

Mon portrait
A 10 ans, règles douloureuses, je ne savais pas que ce jour-là bouleverserait à jamais mon destin de femme.

Ce passage de petite fille à jeune fille fut radical, non pas vers une quelconque émancipation mais vers un combat contre les autres et au bout du compte surtout contre moi-même.
J’ai fait à la manière de M. Jourdain de la prose sans le savoir…

Chaque mois, une bonne dizaine de jours, sans répit, arrachages, crampes, hémorragies,  jour comme nuit, fatigues chroniques, douleurs de dos et articulaires…

Dans l’indifférence générale. Du moins, je disais poliment « je suis indisposée ». Il fallait accepter de se tordre de douleurs, de s’évanouir et de s’excuser d’être tout le temps malade. De consulter des médecins ébahis : « Y en a qui ont mal… d’autres non, c’est comme ça. Vous verrez tout s’arrêtera au premier enfant. »
De voir mes parents démunis.
Pathologies hormonales en tout genre. Mauvais côté de la barrière. La faute à pas de chance.
Cacher, faire comme si. Le diagnostic correctement posé par des médecins compétents il a fallu attendre longtemps, longtemps attendre. Colère.

Dernièrement une soignante m’a dit : « Vous savez que maintenant l’endométriose, on la considère comme une vraie maladie ! » Etat de sidération.

L’enfant, les enfants, le couple ne sont pas venus comme dans mes rêves de petite fille.
Je suis compliquée parait-il. Les douleurs gynécologiques transforment votre quotidien et changent votre rapport au monde, à l’autre… Puis, il y a eu la vie avec son lot de joies et de malheurs.
Mes amours se font attendre et m’ont rendue spectatrice du bonheur des autres. Celles qui tombent enceintes mais « ce n’était pas prévu ! » A plaindre. « La pauvre, elle va faire comment avec ses trois enfants… » Par contre, celles qui n’ont pas d’enfant, peu d’empathie envers leur sort.

Je me suis tournée vers la procréation médicalement assistée tardivement car je ne me sentais pas de faire un enfant toute seule. Je rêvais toujours de former famille. Faire les choses dans l’ordre.
Je pensais rentrer en PMA la fleur au fusil.

Je savais que j’allais devoir être forte, supporter le regard des autres et les réflexions. « Un enfant c’est le fruit de l’amour » pas d’un donneur de sperme, d’un géniteur inconnu… « Tu veux fonder une famille monoparentale ! » Non un choix par défaut, vous connaissez l’horloge biologique ?

Je ne pensais pas que j’allais autant devoir rembourser ma banque, je ne pensais pas à tous ces allers retours non pas pour faire du tourisme mais pour faire une FIV avec ponction et des transferts.

Je ne pensais pas à toutes ces analyses, ces biopsies, scratching, aux hystérosmachin truc, à ces traitements invalidants qui vous mettent en difficultés professionnelles.

En Espagne, on passe par enchantement du courage à la chance. Pour une française, présenter sa carte bleue au lieu de sa carte verte vitale… c’est juste inacceptable.

3 échecs, le miracle se fait attendre. Je sais maintenant que tous les enfants ne mettent pas 9 mois à venir au monde. Un désir qui se transforme en chemin de croix. Au-delà du courage.
Je ferai tout pour que cet enfant soit heureux, être un parent et faire famille. Je sais qu’un jour un père viendra pour reprendre le titre d’un article du journal Libération !

Il y aura filiation, il y aura éducation, il y a aura beaucoup d’amour à donner et … le destin décidera.