Sans partenaire masculin mais………………. avec des pathologies impactant la fertilité – Témoignage

Mon portrait
A 10 ans, règles douloureuses, je ne savais pas que ce jour-là bouleverserait à jamais mon destin de femme.

Ce passage de petite fille à jeune fille fut radical, non pas vers une quelconque émancipation mais vers un combat contre les autres et au bout du compte surtout contre moi-même.
J’ai fait à la manière de M. Jourdain de la prose sans le savoir…

Chaque mois, une bonne dizaine de jours, sans répit, arrachages, crampes, hémorragies,  jour comme nuit, fatigues chroniques, douleurs de dos et articulaires…

Dans l’indifférence générale. Du moins, je disais poliment « je suis indisposée ». Il fallait accepter de se tordre de douleurs, de s’évanouir et de s’excuser d’être tout le temps malade. De consulter des médecins ébahis : « Y en a qui ont mal… d’autres non, c’est comme ça. Vous verrez tout s’arrêtera au premier enfant. »
De voir mes parents démunis.
Pathologies hormonales en tout genre. Mauvais côté de la barrière. La faute à pas de chance.
Cacher, faire comme si. Le diagnostic correctement posé par des médecins compétents il a fallu attendre longtemps, longtemps attendre. Colère.

Dernièrement une soignante m’a dit : « Vous savez que maintenant l’endométriose, on la considère comme une vraie maladie ! » Etat de sidération.

L’enfant, les enfants, le couple ne sont pas venus comme dans mes rêves de petite fille.
Je suis compliquée parait-il. Les douleurs gynécologiques transforment votre quotidien et changent votre rapport au monde, à l’autre… Puis, il y a eu la vie avec son lot de joies et de malheurs.
Mes amours se font attendre et m’ont rendue spectatrice du bonheur des autres. Celles qui tombent enceintes mais « ce n’était pas prévu ! » A plaindre. « La pauvre, elle va faire comment avec ses trois enfants… » Par contre, celles qui n’ont pas d’enfant, peu d’empathie envers leur sort.

Je me suis tournée vers la procréation médicalement assistée tardivement car je ne me sentais pas de faire un enfant toute seule. Je rêvais toujours de former famille. Faire les choses dans l’ordre.
Je pensais rentrer en PMA la fleur au fusil.

Je savais que j’allais devoir être forte, supporter le regard des autres et les réflexions. « Un enfant c’est le fruit de l’amour » pas d’un donneur de sperme, d’un géniteur inconnu… « Tu veux fonder une famille monoparentale ! » Non un choix par défaut, vous connaissez l’horloge biologique ?

Je ne pensais pas que j’allais autant devoir rembourser ma banque, je ne pensais pas à tous ces allers retours non pas pour faire du tourisme mais pour faire une FIV avec ponction et des transferts.

Je ne pensais pas à toutes ces analyses, ces biopsies, scratching, aux hystérosmachin truc, à ces traitements invalidants qui vous mettent en difficultés professionnelles.

En Espagne, on passe par enchantement du courage à la chance. Pour une française, présenter sa carte bleue au lieu de sa carte verte vitale… c’est juste inacceptable.

3 échecs, le miracle se fait attendre. Je sais maintenant que tous les enfants ne mettent pas 9 mois à venir au monde. Un désir qui se transforme en chemin de croix. Au-delà du courage.
Je ferai tout pour que cet enfant soit heureux, être un parent et faire famille. Je sais qu’un jour un père viendra pour reprendre le titre d’un article du journal Libération !

Il y aura filiation, il y aura éducation, il y a aura beaucoup d’amour à donner et … le destin décidera.

Accès à l’AMP pour toutes les femmes !

Voici, enfin (désolée, mais en ce moment le temps nous manque beaucoup) vos réponses sur le questionnaire bioéthique BAMP sur l’item « l’ouvrir l’AMP aux femmes seules et en couple homosexuel ».

57,9 % des 290 personnes ayant répondu à cet item, sont POUR l’accès des femmes célibataires et homosexuelles à l’AMP et SANS CONDITION !

15,2% des personnes ayant répondu, sont d’accord mais seulement pour les femmes ayant des pathologies médicales de reproduction.

10,1% sont d’accord mais seulement pour les femmes en couple

 

EGALITE et NON DISCRIMINATION sont les deux principes qui vous semblent les plus importants !

47,3% des personnes ayant répondu se retrouvent sur le principe d’EGALITE (accès à la parentalité et accès aux soins).

 

Prise en charge financière, la réponse est OUI sans condition pour 46.2% et 36.6% des personnes sont d’accord avec la prise en charge dans le cadre de la solidarité nationale, mais seulement pour les femmes ayant des pathologies médicales.

 

OUI à la méthode ROPA à 51,4% (une femme du couple donne ses ovocytes et l’autre femme porte l’enfant).

37.6% ne savent pas, peut-être parce que cette méthode de reproduction n’est pas vraiment connue en France. Car c’est interdit

#bioéthique2018 #vraimentPour

 

 

L’Assistance Médicale à la Procréation (A.M.P.)  pour tou·te·s ? Débats en Pays de la Loire

Dans le cadre des débats publics pour la révisions de la loi de bioéthique, l’espace de réflexion éthique des Pays de la Loire (ERELP) propose plusieurs débats au mois de janvier et de février sur le thème de l’assistance médicale à la procréation pour tou.te.s ? Caroline responsable de l’antenne BAMP des Pays de la Loire participera aux différents débats.

  • Quelle est la pertinence et la légitimité des normes et des critères d’accès à l’assistance médicale à la procréation aujourd’hui ?
  • Comment concilier la reconnaissance et le respect des choix individuels (être accompagné médicalement dans un désir d’enfant) et l’évaluation des risques (médicaux, psychologiques, …) pour les femmes, les hommes, les enfants ?
  • Comment concilier liberté individuelle et principe d’équité dans la distribution de ressources rares (ovocytes et spermatozoïdes issus du don) ?
  • Comment concilier liberté individuelle et organisation d’un système de solidarité collectif ?
  • L’AMP doit-elle devenir un nouveau mode de procréation pour les infertilités non médicales ?

Mardi 30 janvier 2018 de 18h30 à 20h30 à Angers

Salle Daviers : 5, Boulevard Daviers  49100 Angers

Débat citoyen gratuit et ouvert à tous dans la limite des places disponibles

Intervenants :
– Dr Pascale MAY-PANLOUP (Maître de conférences des Universités, Praticien Hospitalier – Responsable de l’Unité Fonctionnelle de Biologie de la Reproduction du CHU d’Angers)

– Magali BOUTEILLE-BRIGANT (Maitre de conférences en droit privé – Le Mans-Université)

– Caroline DELAVOUX (association Collectif BAMP)

– Dr Miguel JEAN (Maître de conférences des Universités, Praticien Hospitalier au CHU de Nantes – Directeur de l’Espace de Réflexion Ethique des Pays de la Loire)

Mercredi 21 février 2018 de 18h30 à 20h30 à Nantes

Salle de la Manufacture des Tabacs
10 bis, boulevard Stalingrad – 44 000 Nantes

Débat citoyen gratuit et ouvert à tous dans la limite des places disponibles

Intervenants :
– Pr Paul BARRIERE (Professeur des Universités, Praticien Hospitalier – Chef du pôle hospitalo-universitaire (PHU) 5 « femme-enfant-adolescent » – Responsable du centre AMP du CHU de Nantes)

– Magali BOUTEILLE-BRIGANT (Maitre de conférences en droit privé – Le Mans-Université)

– Caroline DELAVOUX (association Collectif BAMP)

– Aurélien DUTIER (Philosophe, Chargé de mission de l’Espace de Réflexion Ethique des Pays de la Loire)

– Animateur du débat : Antony TORZEC (journaliste)

 

L’espace de réflexion éthique des Pays de la Loire, vous propose de participer aux débats en répondants à différents questionnaires relatifs aux débats de bioéthique. Pour y répondre, il faut vous rendre sur le site de (EREPL)