Kisita……….kesako ?

Laissez moi d’abord vous racontez deux, trois petites histoires, qui ont inspiré ce projet :

Un jour, j’ai parlé avec Adjowa (le prénom a été modifié), elle était à deux semaines de la ponction de sa donneuse. Car Adjowa et son mari, également originaire du Togo (le pays aussi), ne peuvent avoir d’enfant avec les ovocytes d’Adjowa. A deux semaines de cette ponction, Adjowa ne va pas bien, elle panique, pourtant elle attend cela, depuis des mois.

Sa donneuse est blanche.

Quelques mois plus tôt, cette proposition lui a été faite : « c’est ça ou rien, nous n’avons pas de donneuse de type africain. Mais vous savez, elle est très brune« . Alors Adjowa avait dit « Oui », car le métissage ne lui posait pas plus de problème que ça. Surtout parce qu’elle attendait depuis trop longtemps cette possibilité d’un don d’ovocyte et ce possible enfant qui pourrait en découler. Mais à deux semaines de la ponction, rien ne va plus, car la donneuse est blanche. Et si par bonheur un enfant arrive, « que va dire la famille au pays ? Que va dire ma mère ? » C’est l’inquiétude, la panique, car cela va se voir………..que l’enfant vient d’ailleurs. Que vont comprendre les gens, comment expliquer la démarche ? Pourtant, Adjowa veut cet enfant, métisse, noir, blanc, elle s’en moque, « mais les autres que vont-ils penser de moi, de lui ?

L’histoire d’Adjowa, soulève deux questions : Comment et pourquoi l’institution a-t-elle fait cette proposition ? Et comment est-elle passée à côté des tourments d’Adjowa ?

Puis j’ai rencontré Sandrine « ovocyte moi« , qui met toute son énergie à faire parler du don de gamètes pour et par la communauté noire et métisse en France. Il n’y a pas assez de donneuse d’ovocyte en France, encore moins pour des phénotypes autres que caucasiens. Il faut donc mettre en place des actions d’informations, de sensibilisation. Au début de l’année, j’ai proposé à Sandrine de rejoindre BAMP pour ne pas rester toute seule dans son combat. Elle a accepté.

Savez-vous que les femmes afro-antillaises, sont les plus touchées par les fibromes utérins ?

« Kisita » c’est le mot de la langue Lingala, qui dit « stérilité », ou « stérile ». Mot que mon ami Bona, originaire du Zaïre, a entendu trop souvent à son goût, de la part de ces connaissances, alors qu’un second enfant n’arrivait dans son couple.

« KISITA », «EKOMBA»

 Les différentes langues africaines possèdent toutes un ou des mots pour parler de la stérilité, qui d’un point de vue traditionnelle est systématiquement du fait de la femme.

Il nous a semblé important de mettre en lumière les différents sujets évoqués dans ces petites histoires introductives, via une conférence, toujours dans le but de témoigner, informer et agir.

RDV pour cela le samedi 28 octobre à Paris à partir de 14 heures

L’infertilité : l’AMP intègre-t-elle une France plurielle ? 

Cette conférence souhaite remplir plusieurs objectifs :

  • Informer et sensibiliser, les personnes issues de cultures différentes sur l’infertilité, l’AMP, sur le don de gamètes pour et par les différentes communautés en France
  • Apporter des éléments d’analyses croisés entre ce qui se passe en Afrique et ce que vivent les personnes Africaines ou d’origines Africaines, mais aussi les personnes issues d’autres communautés en France, dans le rapport à l’infertilité et le recours à l’AMP.
  • Montrer que l’infertilité est une situation qui touche tous les peuples. Montrer aussi que le recours à l’AMP est soumis à des déterminants sociaux, économiques, culturels et biologiques dont il faut pouvoir tenir compte pour proposer une médecine au plus près des besoins du patient.

Pour cela nous avons invités deux anthropologues qui viennent de publier un ouvrage « Procréation médicale et mondialisation. Expériences africaines » aux éditions l’Harmattan, collection anthropologies et médecines :

  • Doris BONNET : Directrice de recherche émérite à l’Institut de Recherche pour le Développement, anthropologue
  • Véronique DUCHESNE : Maître de conférences en anthropologie, Université Paris Descartes, Faculté des Sciences sociales et humaines

Mais aussi trois femmes qui pour des raisons différentes sont investies en France, au Cameroun et au Kenya sur des actions associatives de sensibilisations, d’informations et de changements en rapport avec l’infertilité :

Une gynécologue qui travaille au centre d’AMP Bichat à Paris.

  • Sylvie EPELBOIN : Gynécologue obstétricienne, coordonatrice du Centre d’AMP Bichat-Claude Bernard, Hôpitaux Universitaires Paris Nord Val de Seine Université Paris Diderot

 

Rendez-vous à Paris le samedi 28 octobre à partir de 14 heures, au 45 rue des Saints-Pères Université Paris Descartes Paris

Nous vous attendons nombreuses et nombreux pour ce rendez-vous Parisien !

Conférence gratuite – entrée sur inscription

Merci de nous confirmer votre présence, en prenant contact avec Sandrine : Ovocytemoi@gmx.fr

 

Merci au chef pâtissier-boulanger Emmanuel MADUDA fondateur de l’association UN JEUNE, UN METIER   pour le buffet qui pourra être dégusté à l’issu de la conférence.

 

 

 

Participez à une étude sociologique sur la parentalité

Sage-femme à la maternité des Bluets à Paris, je mène actuellement une thèse de sociologie à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales sous la direction d’Irène Théry sur l’enfantement dans trois contextes spécifiques : le don d’ovocyte, les couples de femmes et la gestation pour autrui. En effet, l’hypothèse de départ de ce travail est qu’il n’existe pas une mais plusieurs façons de devenir parent, selon que l’on est une femme qui reçoit un don d’ovocyte, que l’on devient mère grâce à sa compagne qui porte son enfant, ou bien encore lorsqu’une femme porte l’enfant d’autrui (que ce soit pour un couple d’homme ou pour une femme qui ne peut pas porter son enfant). Ces diverses possibilités, loin d’être problématiques, sont selon nous une réelle chance, et la nécessité de faire avancer la recherche dans ce domaine est cruciale afin de dépassionner les débats et de faire émerger l’expérience des personnes plutôt que les discours idéologiques déconnectés de la réalité concrète.
Ce que l’on appelle en anthropologie le « travail de parenté » passe par différents gestes, paroles, actes, qui permettent de donner un sens et de désigner les parents de l’enfant, et qui permettent aussi de reconnaître celui-ci comme l’enfant des personnes qui ont souhaité sa naissance. On ne pourrait donc ni réduire la filiation au simple lien génétique (dans le cas du don d’ovocyte), ni au fait d’avoir accouché de l’enfant (dans les couples de femmes, ou pour les « mères porteuses »).

Mon étude consiste d’une part à mener des entretiens avec les parents qui ont eu recours à une technique de PMA dans l’un des trois cas (don d’ovocyte, couple de femmes, GPA), et d’autre part avec les professionnels en contact avec ces couples. Cette recherche se donne pour principal objectif de donner la parole aux personnes directement concernées par ces grands sujets de société, trop souvent traités sans prendre en compte l’expérience de celles et ceux qui sont devenus parents grâce à l’assistance médicale à la procréation et au don, ni celle des professionnels qui les ont accompagnés.

Dans ce cadre, je suis à la recherche de personnes qui accepteraient de partager leur expérience du don d’ovocyte au cours d’un entretien sociologique d’une durée d’environ une heure, entretien qui sera entièrement anonymisé et qui portera essentiellement sur le temps de la grossesse et l’accouchement.

Si vous (ou votre compagne) êtes enceinte ou avez accouché suite à un don d’ovocyte et que vous souhaitez participer à cette recherche, ou que vous connaissez des personnes susceptibles d’être intéressées, merci de me contacter à l’adresse h.malmanche@ehess.fr.

Semaine de Sensibilisation sur l’Infertilité – 2ème édition

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Du 25 au 30 avril 2016, l’association COLLECTIF BAMP organise la deuxième édition de la Semaine de Sensibilisation sur l’Infertilité.

Nouveau cette année :

  • A Angers :
    • Exposition d’œuvres dans le hall de la maternité du CHU d’Angers,
    • Mardi 26 avril Table-ronde au CHU d’Angers « Quelles conséquences dans la vie des patients des parcours d’AMP ? » avec le docteur Catherine Morinière (médecin biologiste de la reproduction) et Madame Havet, psychologue). date à confirmer pendant la semaine.
    • Samedi 30 avril
      Au Goût thé en libr’air (Montsabert-49320 Coutures)
      15h thé BAMP entre patients
      20h Table ronde sur le thème : Quel accompagnement pour les patients en PMA ? avec Pierre Lecompte (acupuncteur), Lidwine Delaunay-Brétécher (Shiatsu maternité).

 

  • A Mulhouse : Une table-ronde le samedi 30 avril, entre patients, en présence d’un ostéopathe et d’un acupuncteur. Nous attendons aussi la confirmation de la présence d’un spécialiste de l’AMP. Plus d’informations et pour vous inscrire merci de prendre contact sur collectifbampalsace@gmail.com

 

  • A Toulouse, Limoges, Grenoble, Clermont-Ferrand, Marseille et en Belgique,  des thé bamp pour les patients amp et les personnes infertiles, sont organisés le samedi 30 avril. Prenez contact avec les référents sur les différentes boites mails régionales, pour plus d’informations et pour vous y inscrire.

 

A Caen, comme l’année dernière vous pourrez pendant une semaine rencontrer des adhérents de l’association, ainsi que les associations partenaires (EndoFrance, ADEDD). Vous pourrez voir dans le hall du FEH une exposition d’œuvres réalisées par les patients pour parler d’infertilité, de leur parcours, de leurs corps, de leurs espoirs, de leurs souffrances, etc.

  • Trois tables rondes sont prévues pendant la semaine, comme l’année dernière elles vont rassembler, des professionnels de l’AMP, des chercheurs en sciences sociales, des patients et des personnes infertiles.
  • Le jeudi après-midi, Monsieur René Frydman, nous fais l’honneur de revenir pour la seconde fois pour une conférence à la faculté de médecine.
  • Le samedi 30 avril, une conférence sur POLLUANTS ET REPRODUCTION de Monsieur Gilles-Eric SERALINI biologiste moléculaire à l’université de Caen.
  • Le samedi après-midi une rencontre autour des médecines complémentaires, avec des praticiens Normands en acupuncture, hypnose, ostéopathie, sophrologie.
  • Le samedi soir, venez assister à la lecture d’une pièce de théâtre en création, sur l’infertilité. « Terre d’espérance » de Sandrine Le Mevel – Hussenet, mise en scène Jérémy Colas.

 

Parler d’infertilité autrement c’est possible et nécessaire.

Retrouvez le programme complet dans les prochaines semaines. En attendant écoutez donc les enregistrements de l’année passée.

Si vous souhaitez participer sous une forme ou sous une autre à cet événement, prenez contact avec le bureau de l’association via collectif@bamp.fr

 

Cet article nous donne l’occasion de vous faire écouter ou ré-écouter les sons de 2015  :

  • Le montage sonore réalisé par Laetitia Peyre lors de la première journée de la SSI 2015
  • Ainsi que l’interview de Ludovic et Virginie réalisée l’année dernière sur la radio TSF98