L’INFERTILITÉ C’EST AUSSI UNE AFFAIRE D’HOMME!

Coucou, c’est Glhope, je me suis enfin décidé à laisser un petit bout de moi sur la toile. Vous connaissez peut-être un peu notre histoire par ma femme…

Je vais reprendre un peu notre parcours vu de mon cerveau.

L’envie d’être père me travaille déjà depuis un long moment, quand j’ai rencontré ma femme, je me suis tout de suite dit que celle là fallait pas la laisser filer, au bout de quelques années nous avons voulu fonder notre famille, un enfant, et pourquoi pas même deux, assez rapproché pour qu’ils grandissent et qu’on puisse les regarder jouer ensemble… Ça c’était il y a 5 ans!!!

Au bout d’un moment (même si certains diraient : « c’est bon y a le temps, t’as que 25 ans!!) après des essais infructueux, malgré une étude poussée des cycles de ma femme (enfin ça vous connaissez tous!), ne voyant rien arriver, elle est allée voir sa gynéco. Elle lui a prescrit une série d’examen afin de déceler ce qui ne fonctionnait pas (chez elle avant tout…!) Ayant récolter de bonnes notes partout et voulant s’assurer que nous savions bien faire la chose…on a eu le droit au test d’Hühner. Ceci pour voir la réactivité, entre autre de mes spermatozoïdes dans son dedans de elle. Le résultat fut assez, comment dire, inquiétant… 1 seul petit nageur a été détecté et pas en grande forme à vrai dire, il avait coulé!! immobile! (pourquoi n’a-t-elle pas prescrit cet examen plus tôt???!!!)

Donc au vu de ces résultats, sa gynéco, toute gênée, lui a dit « il devrait peut-être, enfin si il veut bien…faire un spermogramme? » (elle n’osait même pas le demander!) Ben ouais j’veux bien!!! Et puis ça aurait pu être fait avant!! (enfin bon la logique c’est pas leur fort).

Donc bon (ça c’est pour ma part et ça n’engage que moi) beaucoup d’homme dans les reportages que l’on voit (mais heureusement pas tous) disent que le prélèvement c’est compliqué, il y a de la tension, non mais « ALLO!! » t’as jamais eu 15 ans ou quoi? en plus là t’as qu’à penser à ta superbe femme (car elle reste magnifique malgré les kilos PMA) en plus viser un pot c’est pas trop dur, t’as juste à la mettre devant (heureusement qu’on t’as pas sondé toi aussi, sinon où tu en serais…! 🙂 ) Alors compliqué NON, si ça avait pu tout résoudre, ça aurait été parfait, suite au prélèvement on a eu confirmation que mes nageurs étaient « juste » peu nombreux, très faignants, peu résistants et pas de superbes gravures de mode, en gros les seuls qui pouvaient bouger tournaient en rond.

Donc face à cela, FIV ICSI : SUPERBE! plus qu’à mélanger et hop! on est parents, en plus de jumeaux 😉     Désillusion… et ben non!ça marche pas comme ça.

Première tentative, stim pas super, un embryon pas top au dire du biologiste. Ben espoir de débutant, « on le met », Ah ben ça a pas marché! (pour eux, pas TOP ça voulait dire fragmenté mais ils ne se sont pas attardés là dessus!).

Deuxième tentative, tiens Madame tu vas prendre des doses plus grosses, et ça va durer plus longtemps, c’est vrai que la 1ère t’avait fatiguée mais bon là, ça va marcher, allez sois forte je suis avec toi. Bon ben là pareil, pas de bon résultat de la stim.  Pas super, mais mieux, du coup espoir te revoilà, seulement au final des ovocytes dysmorphiques,  2 embryons pas top eux aussi (là on nous explique mieux la dysmorphie et le fait qu’ils étaient comme ça aussi à la 1ère) mais on les met quand même car il y a eu des bébés avec ces embryons. Mais non, ça n’a pas marché non plus.

Bon ben troisième tentative, on augmente encore, elle est au bord de l’évanouissement à chaque activité, ça réagit pas super mais encore un peu mieux (enfin normal on la gave avec des doses de cheval) et au final 3 embryons… MAIS… et ben non pas de mais, toujours fragmentés. Dépités!

Ils nous avaient proposé d’en implanter 3 si on en avait assez lors des rdv précédents cette FIV, donc on s’était dit ben  les 3 si ça se passe comme ça! Mais SURPRISE!! On implante pas cette fois, on va étudier l’évolution des embryons…pour voir s ils s’améliorent avec les jours. Alors suspens, on attend, on espère et AU FINAL : ben non c’est la merde, pas d’implantation (ils ont arrété d’évoluer). Alors rdv avec le gynéco PMA, qui prescrit un nouveau examen chirurgical (coelioscopie) … et moi petite pièce ne servant pas à grand chose dans ce parcours (d’un point de vue médical car on ne peut pas agir sur mon soucis)…mais étant un moteur d’espérance (parfois agaçant pour ma femme) je demande au gynéco (car il faut me dire les choses sinon je comprend pas!) « les embryons cette fois-ci, ils étaient encore moins de bonne qualité que ceux d’avant? » « ben non, c’est pareil » dit-il simplement.

Bon ben là j’ai réellement pris conscience de la PMA. J’étais plein d’espoir : « c’est de la médecine, ils s’y connaissent » et ben non c’est plus des expériences sur nos femmes, car en fait ils pigent que dalle!

Alors je vous avoue qu’on repart dans une torture de plus pour elle, avec , plus de produit, plus de dose et toujours peu d’espoir et j’en ai marre.

Encore une fois je ne pourrais être là que pour l’amener et la ramener aux rendez-vous échographiques et la regarder souffrir avant, pendant et si ça marche pas, aprés.

Pour moi, ne pas fonder ma famille c’est une chose mais voir ma femme souffrir physiquement (en plus de moralement) c’est ça le plus dur!

Alors je croise les doigts, et j’hope pour qu’il n’y ai pas de flope!

GLHOPE

Notre parcours : Entre deuils et (dés)espoirs…

C’est l’histoire de ma vie de fertile et d’infertile, de belle-mère et de mamange, de fausses couches et d’infertilité secondaire, de FIV et de toute la complication liée à la PMA…

Depuis que j’ai rencontré mon homme tout est allé très vite. En juin 2009 j’arrêtais la contraception et je tombais enceinte en août. Plutôt fertile la fille… Nous étions heureux et insouciants, tout marchait comme sur des roulettes.

J’allais passer de belle-mère à mère et faire de ma famille une belle famille recomposée unie.

Et puis un jour le drame nous tombe dessus : Au 6ème mois de grossesse je déclare une pré-éclampsie sévère qu’on appelle hellp-syndrome. Ma vie est en jeu et c’est un sauvetage maternel qu’il faut faire au plus vite. Malheureusement, mon petit garçon, trop petit à ce stade de la grossesse, naît sans vie. Il ne survit pas à cette césarienne d’urgence. Mon petit Léo est parti rejoindre les Anges.

C’est le début de l’enfer. La médecine m’a sauvé la vie, mais mon bébé n’était plus là. Mon corps vit, mais mon âme est morte depuis ce jour de janvier 2010.

Après tout un travail de deuil périnatal, des séances de psy, un congé maternité sans bébé, j’ai voulu recommencer les essais bébé. Nous nous disions que tout viendrait très vite comme pour la 1ère grossesse. Mais ce n’était pas le cas du tout : Après tout, mon corps devait se remettre de ce traumatisme et après une césarienne il est nécessaire de ne pas aller trop vite.

Je suis retombée enceinte 10 mois après le début des essais, en mars 2011. Le début de grossesse se passait bien et ne présageait pas le pire. C’est à 13 SA au moment de faire la déclaration de grossesse qu’on s’apérçoit que la grossesse s’est arrêtée. Le pire c’est que la grossesse s’était arrêtée 4 semaines auparavant sans même que je me rende compte : je vivais avec un embryon mort dans mon ventre et je n’ai même pas été capable de déceler ça. Pire, les médecins ne m’ont pas suivi comme ils auraient du le faire.

Le ciel nous tombe sur la tête. Vivre une fausse couche est une expérience douloureuse qu’on a tendance à banaliser. La souffrance est certes moins importante que celle de la perte de mon bébé, mais c’était tout comme. Et mon entourage ne comprenait pas. Il faut le vivre pour le comprendre.

Et toujours en parallèle, je remplissais chaque jour mon rôle de belle-mère en cachant à mes beaux-fils ma tristesse et mon désarroi pour ne pas les angoisser. Ils avaient déjà été traumatisés par la mort de leur demi-frère, il ne fallait pas en rajouter.

On ne s’est pas découragé pour autant. On redébute les essais 1 mois après le curetage. C’est à ce moment que je demande à mon gynéco une aide pour stimuler les ovaires. Le clomid fonctionne bien : je retombe enceinte en octobre 2011. Cette fois ma grossesse est hyper contrôlée avec échographie toutes les 2 semaines. C’est à 10 SA qu’on voit que l’activité cardiaque de l’embryon s’est arrêté. Je repasse par un curetage.

De nouveau, je sombre. Je passe par une période de dépression, ma vie n’a plus de sens, pourquoi le sort s’acharne contre nous ?

Je me remets sur pied 3 mois plus tard. Toujours en essais avec le clomid, mais cette fois ça ne fonctionne pas.

Autant mon gynéco était fort sympathique mais le bilan de FC qu’il m’a fait faire était incomplet. Selon lui, pas besoin d’hystérographie et d’hystéroscopie car j’étais déjà tombée enceinte donc il n’y a pas de problème du côté des trompes ni de l’utérus. Pour lui il fallait attendre, et passer aux IAC si le clomid ne fonctionnait pas.

Je change tout de même de gynéco pour avoir un 2ème avis médical… et j’ai eu raison. Je complète mon bilan en faisant une hystéroscopie qui révèle une infertilité secondaire. Mon utérus était rempli de synéchies : c’est la conséquence des curetages. En gros, les parois intérieures de l’utérus étaient collées entre elles donc la nidation ne pouvait pas se faire. J’aurais pu rester comme ça longtemps, et sans l’opération, il aurait été difficile de concevoir. Merci le nouveau gygy !

Une fois la levée des synéchies effectuée, les médecins sont confiants… nous aussi.

Je retombe enceinte naturellement 3 mois après, en septembre 2012 mais cette joie fût de courte durée car à 5 SA, une semaine après avoir eu mon test +, je perds du sang. C’est ma 3ème FC et c’est la première fois que ma FC est « naturelle ». Je laisse faire la nature, les HCG diminuent petit à petit. J’attends que mon cycle se remette en place… au bout d’un mois toujours pas de RDC et chose incroyable mon test de grossesse est positif ! Je suis tombée enceinte 15 jours après cette FC précoce!

Nous sommes ravis, même si angoissés.

C’est à 9 SA que, de nouveau, nous perdons l’activité cardiaque de cet embryon qui était en train de se développer.

C’en est trop : 5 grossesses, un bébé décédé et 4 FC.

Le gynéco me propose une FIV. Je rentre officiellement dans le monde de la PMA. Selon lui, la cause des FC à répétitions est inconnue. Mes examens sont tous Ok, il semblerait que mes ovocytes ne sont pas de bonne qualité. Alors pourquoi j’ai réussi à tenir mon fils pendant 6 mois ? aucune explication : le hellp syndrome est complétement indépendant des FC suivantes.

Ma FIV est prévue pour mars 2013. Ma pds est positive, mais c’est le début des complications : syndrome HSO (hysperstimulation ovarienne), puis ma grossesse s’arrête. On croit tous (les médecins et nous même) à une GNE. En fait, je faisais une GEU rare : le contour de l’œuf était resté dans l’utérus (enlevé par curetage car le cytotec n’a pas fonctionné) et les cellules issues de l’œuf se sont fait la malle à l’extérieur de mon utérus. Ces cellules se sont logées sur mon ovaire gauche et se développaient bien tranquillement sans me provoquer des saignements comme une GEU « classique ». L’amas de cellule, invisible à l’écho (seulement visible au doppler) était de la taille d’une balle de ping pong. J’ai donc été opérée en urgence (et à temps !) par coelioscopie et j’ai perdu ma trompe gauche.

Cette opération était un mal pour un bien : les médecins ont constaté que ma césarienne avait fait beaucoup de ravages : adhérences utérus-vessie, utérus-ovaire-intestins. Ils en ont profité pour tout décoller.

Était-ce une cause de FC ? Dans tous les cas, je suis certaine que cette césarienne a détraquée « la machine ».

Mon médecin me parle de FIV DO, surement car aucune cause d’infertilité n’a été identifiée : je n’ai pas d’OPK, je ne suis pas en insuffisance ovarienne, ma trompe droite est parfaite, mon utérus (intérieur et extérieur) est niquel, les zozos de mon mari ont une vitalité de 80% et sont plus que parfaits, les cariotypes sont bons, bilan sanguin et hormonal OK…

Les causes peuvent être :
– la mauvaise qualité ovocytaire
– la détérioration de mon appareil génital suite au gros traumatisme lié à ma césarienne et mon hellp-syndrome
– psychosomatique car l’aspect psychologique n’est pas négligeable après tout ce vécu dramatique

Avant d’envisager la FIV DO, nous tenterons une autre fIv ICSI en septembre 2013, et pourquoi pas une grossesse naturelle avant septembre (encore faut-il réussir)… au risque d’avoir de nouveau une FC.

Bref, je vis mon deuil, je vis entre espoirs et désepoirs, je vis dans ce monde de la PMA où :
– il faut trouver sa place,
– il faut accepter le monde médical,
– il faut subir la souffrance à même le corps,
– il faut apprendre à accepter les échecs
– le couple est mis à rude épreuve,
– il faut accepter le DO dont le patrimoine génétique ne sera pas le même que moi,
– il faut se poser la question de l’éventualité : « et si ça ne marche pas : on fait quoi ? »

En attendant, je « sur »vis depuis le décès de mon bébé… tout en vivant ma vie de belle-mère et de femme meurtrie par la tristesse de ne pas réussir à concevoir et surtout avec l’image de mon bébé qui aurait du avoir 3 ans cette année.