Faites des grands-mères – Témoignage

Faites des grands-mères, l’amp c’est aussi une histoire de famille. En devenant parent ou en cherchant à le devenir, nous inscrivons notre désir dans une généalogie familiale. Nos propres parents deviennent des grands-parents. Aujourd’hui, nous vous proposons le point de vue d’une grand-mère sur l’amp, le don d’ovocyte.

 

1. Pouvez-vous présenter rapidement, âge, profession, nombre d’enfants, de petits enfants.
J’ai 68 ans, je suis une retraitée, j’ai trois enfants et six petits-enfants.

 

2. A quel âge avez-vous eu vos propres enfants ?
Ma première fille est née j’avais 22 ans et mes jumelles sont nées lorsque j’avais 27 ans.

 

3. Est-ce que vous les avez eus facilement, quand vous le désiriez ?

Oui

4. A l’époque où vous avez eu vos enfants, est-ce que vous connaissiez des personnes qui n’arrivaient pas à en avoir ?
Oui, dans les années 70, je connaissais des gens qui n’arrivaient pas à avoir d’enfant. Mais on n’en parlait pas comme aujourd’hui.

 

5. Saviez-vous quelles réponses la société et la médecine pouvaient leur apporter ?
Je ne savais que très peu de chose. Je voyais juste ma belle-sœur et mon beau-frère courir faire des analyses chaque fois que c’était le moment de l’ovulation mais en fait on ne savait pas grand-chose dans les années 70. Ils ont erré pendant 10 ans, dans leur désir d’enfant. On leur disait que tout allait bien. C’était très perturbant, mais maintenant que j’y pense il n’y a jamais eu de vrai diagnostic. C’était assez confus, mais je n’ai pas entendu parler de traitement qu’ils auraient pris. Et puis dix ans après le début de leurs essais, quand ils avaient perdu tous espoirs, ils ont eu deux enfants, l’un après l’autre…

 

6. Était-ce important pour vous d’avoir des petits-enfants ?
Oui, c’est formidable d’avoir des petits enfants.

 

7. Combien avez-vous de petits enfants, combien sont nés grâce à l’aide de la médecine procréative ?
J’ai six petits-enfants dont deux qui sont nés grâce à l’aide de la médecine procréative.

 

8. Quels âges ont-ils ?
Ils ont quatre ans.

 

9. Que pensez-vous de la médecine procréative ?
Vaste question, pour moi c’est un progrès, mais en même temps les résultats sont faibles, ce qui fait que de très nombreuses personnes passent un temps interminable en parcours. Ce qui provoque beaucoup de souffrances, chez des couples jeunes qui devraient ne pas avoir à subir autant de difficultés, pour une chose si essentielle.

 

10. Quand, qui et comment les difficultés d’infertilité de votre fille vous ont-elles été annoncée ? Est-ce que vous vous sentiez à l’aise pour en parler avec elle ?
Quand ? Je ne sais plus trop, ça s’est fait petit à petit. Non je ne me sentais pas mal à l’aise, plutôt impuissante à soulager les douleurs morales et physiques de ma fille.

 

11. Quand et qui vous a annoncé le mode de conception (Inséminations intra-conjugale ou avec don de sperme, Fiv intra-conjugale ou avec don, double don, don d’embryons) ?
Comme la question 10, cela s’est fait au fil du temps. On en parlait régulièrement, des protocoles intra-conjugal qui échouaient. Puis lorsque la question du don de gamètes est arrivée, c’est même moi qui a un moment ai évoqué, le don croisé entre mes filles cadettes et ma fille ainée. Bon c’était idée n’a pas été retenue au final. Mais cela a permis que nous puissions en discuter tous ensemble. La question du don, ce que cela implique surtout pour les enfants à naitre.

 

12. Est-ce que ce mode de conception était opposé à vos idées ? Si oui, avez-vous réussi à dépasser certains blocages intellectuels, moraux ?
Non, ce mode de conception n’était pas opposé à mes idées.

 

13. Est-ce que le parcours d’AMP vous a semblé long ?
Oui, il m’a semblé trop long.

 

14. Est-ce que cette attente était douloureuse pour vous ? Pourquoi ?
Oui, c’est douloureux de voir son enfant souffrir et de ne rien pouvoir faire pour le soulager. Je me suis sentie très impuissante pendant toutes les années d’attente et de protocole et pendant la grossesse aussi, qui n’a pas été facile pour des problèmes de santé pour ma fille.

 

15. Que connaissez-vous des traitements médicaux contre l’infertilité ? Est-ce que vos enfants vous ont parlé des examens subis, des piqûres, des effets secondaires, des émotions qu’ils ont éprouvées ?
Je connais peu de chose sur les traitements. Oui, nous avons parlé de tout cela.

 

16. Est-ce que vous avez été gêné lorsque votre enfant vous a parlé de son infertilité ? Expliquez
Non, je n’ai pas été gêné, mais par contre, j’ai éprouvé beaucoup de peine.

 

17. Y aviez-vous pensé avant qu’ils ne vous en parlent ? Pourquoi ?
Non, je n’y avais pas pensé avant.

 

18. Savez-vous quelle technique d’AMP vous a permis d’avoir des petits enfants ?
Oui, ma fille a reçu les ovocytes d’une autre femme.

 

19. Qu’en pensez-vous ?
De la technique : je ne peux que m’en réjouir.
De mes petits-enfants : ils sont merveilleux, normal ce sont mes petits-enfants !

 

20. Est-ce que c’est quelque chose dont vous pouvez parler facilement avec votre entourage ?
Oui, j’en parle facilement.

 

21. Est-ce tabou, pour vous ou pour votre enfant qui ne souhaite pas que cela sorte du cercle familial ?
Non ce n’est pas un tabou.

 

22. Pensez-vous qu’il faut dire aux enfants qu’ils sont nés grâce à une technique d’AMP, grâce à un don de gamètes ?
Oui, il faut leur en parler c’est une question de confiance. Mais il ne faut pas non plus en faire une montagne.

 

23. Êtes-vous prêt à répondre à ses questions s’ils vous en posent ?
Oui

 

24. Est-ce que vous vous êtes renseigné de votre côté sur l’AMP, avez-vous lu des livres sur ce sujet, sur la manière d’en parler aux enfants ?
Oui, je me suis renseignée.

 

25. Que pensez-vous du don de gamètes ?
Je pense que c’est une bonne chose

 

26. Est-ce que c’est votre fille ou votre fils (ou le couple) qui est infertile et qui a eu recours à un don de d’ovocyte ou de sperme, double don ou don d’embryons pour avoir ses enfants. Qu’est-ce que cela provoque chez vous, comme question, doutes, inquiétudes, peurs, émotions ?
C’est ma fille. Des émotions oui, mais pas de peur, ni de doutes ni d’inquiétudes.

 

27. Est-ce que vous vous êtes imaginé à sa place ? Ou à la place de son/sa conjointe ?
Oui, je me suis imaginée, ou du moins j’ai essayé de m’imaginer à la place de ma fille.

 

28. Est-ce que c’est important pour vous que vos petits-enfants vous ressemblent et/ou possèdent les mêmes gènes que vous ?
Non, ce n’est pas important, d’ailleurs aucun de mes six petit-enfants ne me ressemblent. Ce n’est pas ça l’important. Quant aux gènes, je suis sûre que nous avons des gênes en communs, puisque nous sommes tous des humains. Ce qui est important, c’est l’amour, rire avec eux, les gronder, les regarder évoluer, grandir, vivre.

 

29. Trouvez-vous que vos petits-enfants nés grâce à un don de gamètes, ressemblent à leurs parents ?
Oui, mais pourquoi revenir sur cette question de ressemblance, cela ne veut pas dire grand-chose.

 

30. Est-ce que cela change quelque chose pour vous dans votre relation avec vos petits-enfants ?
Non, rien je n’y pense même pas.

 

31. Vous sentez-vous attaqué ou mal à l’aise quand vous entendez des propos dans les médias ou dans votre entourage contre l’AMP, le don de gamètes ?
Oui, je me sens agressée, quand j’entends de tels propos. Mais tant de gens parlent s’en s’être renseignés. Puis il y a les gens malveillants, les méchants, les ignorants.

 

32. Êtes-vous inquiète de l’avenir pour vos petits-enfants ?
Oui, je suis inquiète pour l’avenir de TOUS mes petits-enfants mais ça n’a rien à voir avec la manière dont ils sont venus au monde.

 

33. Est-ce que vous vous investissez dans une association pour vous informer, pour faire changer les choses en France pour vos petits-enfants ?
Oui, un petit peu, dans l’association collectif bamp. J’en parle aux personnes dans mon entourage, pour les informer, leur indiquer qu’une association existe. Je parle du don de gamètes, du besoin en don de gamètes.

Sans partenaire masculin mais………………. avec des pathologies impactant la fertilité – Témoignage

Mon portrait
A 10 ans, règles douloureuses, je ne savais pas que ce jour-là bouleverserait à jamais mon destin de femme.

Ce passage de petite fille à jeune fille fut radical, non pas vers une quelconque émancipation mais vers un combat contre les autres et au bout du compte surtout contre moi-même.
J’ai fait à la manière de M. Jourdain de la prose sans le savoir…

Chaque mois, une bonne dizaine de jours, sans répit, arrachages, crampes, hémorragies,  jour comme nuit, fatigues chroniques, douleurs de dos et articulaires…

Dans l’indifférence générale. Du moins, je disais poliment « je suis indisposée ». Il fallait accepter de se tordre de douleurs, de s’évanouir et de s’excuser d’être tout le temps malade. De consulter des médecins ébahis : « Y en a qui ont mal… d’autres non, c’est comme ça. Vous verrez tout s’arrêtera au premier enfant. »
De voir mes parents démunis.
Pathologies hormonales en tout genre. Mauvais côté de la barrière. La faute à pas de chance.
Cacher, faire comme si. Le diagnostic correctement posé par des médecins compétents il a fallu attendre longtemps, longtemps attendre. Colère.

Dernièrement une soignante m’a dit : « Vous savez que maintenant l’endométriose, on la considère comme une vraie maladie ! » Etat de sidération.

L’enfant, les enfants, le couple ne sont pas venus comme dans mes rêves de petite fille.
Je suis compliquée parait-il. Les douleurs gynécologiques transforment votre quotidien et changent votre rapport au monde, à l’autre… Puis, il y a eu la vie avec son lot de joies et de malheurs.
Mes amours se font attendre et m’ont rendue spectatrice du bonheur des autres. Celles qui tombent enceintes mais « ce n’était pas prévu ! » A plaindre. « La pauvre, elle va faire comment avec ses trois enfants… » Par contre, celles qui n’ont pas d’enfant, peu d’empathie envers leur sort.

Je me suis tournée vers la procréation médicalement assistée tardivement car je ne me sentais pas de faire un enfant toute seule. Je rêvais toujours de former famille. Faire les choses dans l’ordre.
Je pensais rentrer en PMA la fleur au fusil.

Je savais que j’allais devoir être forte, supporter le regard des autres et les réflexions. « Un enfant c’est le fruit de l’amour » pas d’un donneur de sperme, d’un géniteur inconnu… « Tu veux fonder une famille monoparentale ! » Non un choix par défaut, vous connaissez l’horloge biologique ?

Je ne pensais pas que j’allais autant devoir rembourser ma banque, je ne pensais pas à tous ces allers retours non pas pour faire du tourisme mais pour faire une FIV avec ponction et des transferts.

Je ne pensais pas à toutes ces analyses, ces biopsies, scratching, aux hystérosmachin truc, à ces traitements invalidants qui vous mettent en difficultés professionnelles.

En Espagne, on passe par enchantement du courage à la chance. Pour une française, présenter sa carte bleue au lieu de sa carte verte vitale… c’est juste inacceptable.

3 échecs, le miracle se fait attendre. Je sais maintenant que tous les enfants ne mettent pas 9 mois à venir au monde. Un désir qui se transforme en chemin de croix. Au-delà du courage.
Je ferai tout pour que cet enfant soit heureux, être un parent et faire famille. Je sais qu’un jour un père viendra pour reprendre le titre d’un article du journal Libération !

Il y aura filiation, il y aura éducation, il y a aura beaucoup d’amour à donner et … le destin décidera.

Une histoire PMesque !

Il fait rêver le bambin aux yeux bleus de la couverture, non ?
Le rêve de Sandrine Derohr, auteure du livre « PMA pour mon ange« , était « juste » d’avoir un enfant, peu importe qu’il ai les yeux bleus, les cheveux bruns ou des tâches de rousseur !
img_0377Cliquez ici pour se procurer ce livre

Dans cette ouvrage, l’auteure nous raconte son parcours PMA qui a duré une dizaine d’année.
Elle : IOP (insuffisance ovarienne prématurée)
Lui : OATS extrême (oligo-asthéno-tératospermie)
Inséminations avec donneur, FIVs avec donneur, FIVs avec accueil d’embryons, elle a exploré une large gamme de possibles en PMA.
Hélas, un seul embryon s’est accroché et cette grossesse s’est soldée par un curetage un jour de veille de Noël suite à un arrêt de l’activité cardiaque de l’embryon…

Ce livre est lu très rapidement (moins d’une heure pour ma part), mais Sandrine Derohr aborde les réactions de l’entourage, le soutien de celles qu’elle appelle « ses bonnes âmes » (les ami(e)s au courant de leur parcours du combattant), sa prise en charge au centre d’AMP, sa position sur l’adoption,…

J’ai particulièrement retenu une phrase dans cet ouvrage :
 » La difficulté de la PMA réside dans le fait de pouvoir s’arrêter.
Et si la prochaine était la bonne !? »


C’est exactement ça, une fois que nous nous trouvons dans ce cercle infernal, on continue toujours et encore avec l’espoir que « ce sera la bonne » !

Comme inscrit sur la couverture « Un espoir déçu », l’auteure ne connaîtra pas le happy-end souhaité par toute » PMette » digne de ce nom, elle exprime ses doutes, ses craintes et ses revendications !

Revendications qui sont fondées et soutenues par notre association !

Elle aborde l’autoconservation ovocytaire et déclare que cela devrait être proposé en dehors de tout contexte de risque d’altération de la fertilité (chimiothérapie par exemple) !
Une femme devrait pouvoir congeler ses ovocytes « par convenance personnelle » mais cela est interdit en France à l’heure actuelle.

La question de la GPA est rapidement traitée à la fin de ce livre.

Témoignage  complet de l’auteure sans toutes fois rentrer dans des détails médicaux et techniques typiquement issus du monde de la PMA !
Ouvrage abordable aux initiés comme aux novices de l’AMP.

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Vous pouvez ensuite rajouter tous les achats que vous souhaitez et c’est une manière différente de soutenir votre association préférée !