Expliquer l’inexpliqué ?

En France, l’infertilité est caractérisée d’inexpliquée dans 10 % environs des situations. C’est bien trop souvent, une formule qui loin d’aider les patients infertiles, les plongent dans un grand désarroi. Car sans explications, que faire ? Quel traitement prendre ? Comment faire aboutir le projet de maternité ? Les médecins disent que tous les paramètres sont normaux et qu’il n’y a aucune explication à l’infertilité. Mais pour autant aucune grossesse ne débute et l’AMP ne peut rien faire……. Les couples se trouvent face à plusieurs vides : l’enfant qui ne vient pas, infertilité qui ne s’explique pas, la médecine qui ne peut rien faire. Les émotions comme l’injustice, la colère, la culpabilité peuvent en être renforcées. Pourtant, ce qui ne s’explique pas aujourd’hui, pourrait s’expliquer demain, nous disons toujours que l’infertilité est dite inexpliquée « en l’état actuel des connaissances de la science ».

La science justement, fait des découvertes ! Des chercheurs Italiens ont observé la présence d’un virus dans l’endomètre de certaines femmes infertiles. Ce virus fait partie des virus Herpès humain de type 6. Les chercheurs ont réalisé une étude à une petite échelle qui leur a permis de mettre en évidence un lien entre l’infection par ce virus et une situation d’infertilité chez les femmes infectées.

Pour le moment, c’est une étude sur un petit nombre de femmes, elle doit être confirmé par des études sur une cohorte plus importante. Mais c’est quand même, de notre point de vue, un sérieux pas dans la compréhension de l’infertilité inexpliquée et dans la compréhension de ce que les médecins continuent à appeler la boite noire : c’est à dire l’utérus et les interactions utérus/embryons.

L’équipe Italienne a aussi mis en évidence un taux d’œstradiol plus élevé chez les femmes infertiles ayant participé à leur étude. Les femmes infectées par le virus HHV-6A avaient un taux d’œstradiol supérieur aux femmes (infertiles) non infectées. Ils pensent que cette infection virale à un impact délétère sur la fertilité féminine.

L’infection viral déclenche une « réponse immunitaire anormale ce qui induit un environnement utérin dysfonctionnel non propice à l’implantation d’un embryon« .

Cette information sortie au mois de juillet, nous semble importante, car elle ouvre des perspectives de compréhension et de traitement pour les femmes dites en « infertilité inexpliquée ».

Cette étude, dont nous parlerons avec les médecins que nous allons prochainement rencontrer lors des FFER à Paris, relance, toujours de notre point de vue, la pertinence des biopsies de l’endomètre qui sont proposées dans le cadre de deux protocoles Français : MATRICELAB et WIN TEST. Ces deux protocoles, permettent d’évaluer d’un point de vue immunologique et génétique, le niveau d’inflammation de l’endomètre et sa potentielle réceptivité. Malheureusement, ces examens ne sont pas pris en charge par la sécurité sociale et ne font pas consensus chez les médecins AMP. Les médecins ne sont pas d’accord sur leur efficacité à porter un diagnostic et à proposer un traitement permettant l’arrivée d’une grossesse.

Mais pour nous c’est un élément que l’on ne peut pas négliger, c’est pour cette raison que dans le Manifeste de notre association, nous demandons que ces examens soient généralisé (en cas de nécessité) et remboursés.

Source le site PLOS ONE, article en anglais

Un biomarqueur pour améliorer les taux de réussite

L’équipe INSERM unité 1203 Inserm/Université de Montpellier, IRB – Hôpital Saint Eloi dirigée par le Professeur Samir Hamamah., cherche depuis des années à améliorer le taux de réussite des FIV en France. Lors d’une conversation que nous avions eu avec lui en 2014, il nous avait dit qu’il ne pouvait pas se contenter d’un taux de réussite de 20% par FIV, qu’il fallait que les couples ne soient plus dans l’accumulation d’échecs dans leur parcours d’AMP.

En septembre 2014, son équipe avait présenté l’embryon en 3D permettant de mieux voir les caractéristiques physiques d’un embryon pour pouvoir mieux choisir celui a réimplanter.

Lors des FFER 2014, Monsieur le professeur HAMAMAH avait présenté aussi son dispositif WIN-TEST qui permettait, via un prélèvement de l’endomètre de déterminer si l’utérus était apte à recevoir un embryon ou pas. Dans la négation, cela permet de vitrifier les ovocytes, pour les réimplanter sur un utérus moins inflammé, lors d’une prochaine tentative. Tout cela dans le but de réduire les échecs et d’augmenter les taux de réussite.

Aujourd’hui, ils proposent un nouvel « outil » de prédiction, via un biomarqueur sanguin ou via le liquide folliculaire. Ils annoncent un pronostic fiable à 88%. Nous pouvons dire que cette équipe travaille depuis des années à l’amélioration des taux de réussite des FIV en France, en proposant des outils censés améliorer les résultats des FIV.

Nous saluons ce nouvel outil en espérant qu’il puisse être réellement efficace. Si c’est le cas, nous souhaitons qu’il soit utilisé partout en France, pour offrir à tous les couples en parcours de FIV des taux de réussite plus élevés.

La semaine prochaine, lors de FFER auxquels Monsieur Samir Hamamah nous a invité, nous allons donc parler plus en détail de ce sujet et des deux autres outils cités plus  haut, pour voir si effectivement les taux de réussite des FIV à Montpellier connaissent une réduction des échecs et si d’autres équipes d’AMP en France sont susceptibles d’utiliser ces nouveaux outils.

Un nouveau biomarqueur pour prédire les chances de succès d’une FIV

14 septembre 2015

Un biomarqueur présent dans le sang et le liquide folliculaire permet de prédire les chances de succès d’une procréation médicalement assistée avec une fiabilité de 88%. Un résultat inédit qui ouvre la voie à un test de routine pour rationaliser les tentatives.

Un biomarqueur pourrait bientôt permettre de connaître les chances réelles de donner naissance à un enfant au moment d’une fécondation in vitro, à en croire les travaux conduit par une équipe Inserm* au CHU de Montpellier. Les chercheurs ont en effet découvert un marqueur biologique identifiable de manière très peu invasive, permettant de savoir si une FIV a de bonnes chances d’aboutir ou non. Le résultat de ce test semble fiable à 88%. Le Pr Samir Hamamah, responsable de ces travaux, l’utilise depuis 2011 : il a ainsi doublé les taux de naissances issus de procréation médicalement assistée dans son service.

A la recherche d’un marqueur biologique

Tout démarre vers 2009, quand le Pr Samir Hamamah ne peut plus se satisfaire des 20% de chances de conception à l’issue de chaque tentative de conception in vitro. « Ce taux est très insatisfaisant. En outre, des milliers d’embryons sont éliminés chaque année sur des critères morphologiques qui ne permettent pas de connaître leur viabilité réelle. Et impossible de rechercher les anomalies chromosomiques chez les embryons en routine, comme cela se fait dans les pays anglosaxons : cette pratique est interdite par la loi française. Il fallait donc partir sur autre chose et trouver un bon marqueur pour réduire le nombre de tentatives se soldant par des échecs et dont le prix est très élevé pour la collectivité », explique-t-il.

POUR LIRE LA suite de l’article c’est par ici sur le site de l’INSERM