L’Inhabitée – Maia BRAMI

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Aujourd’hui nous vous présentons « L’INHABITEE », le dernier roman de Maia BRAMI. Roman qui va sortir le 26 février, aux Editions de l’Amandier. 136 pages

 

« Une jeune femme aspire de tout son être à donner la vie mais son utérus s’y refuse. En miroir, une autre jeune femme, sa sœur dépressive, ne tient plus à la vie et menace de se détruire mais le lien vital est plus fort et l’en empêche. La non-vie réfléchit la vie. Hors de toute dualité. Ici, la mort n’a pas son mot à dire, jamais. C’est la maternité qui parle. (…) Chez Maia Brami, le corps féminin, méticuleusement, crûment, opiniâtrement, par poussées d’authenticité à nu, enfante le réel précaire de l’origine, dépouillé de tout idéalisme, de tout intellectualisme, et presque, même, de tout filtre du langage, pour dévoiler l’endurance et la force de toute vie ». Extrait de la préface de Chantal Chawaf

 

Un roman poignant sur le désir d’enfant et la maternité interdite. Maïa Brami, sublime la douleur du manque pour donner naissance à un texte littéraire intense, intime et rare, résolument tourné vers la vie.

 

Ecrivain, photographe et animatrice d’ateliers d’écriture. Elle est l’auteur de plus d’une quinzaines de livres pour enfants et adultes. Son premier roman, Norma (éditions Folies d’encre) a reçu le Prix du festival du Premier Roman de Chambéry en 2007 En 2012, elle a organisé et mis en espace l’exposition « Dans le ventre des femmes » à la Galerie 59 Rivoli à Paris, inspirée de son anthologie éponyme. Sur le même sujet elle a publié un carnet de grossesse 9 mois pour moi (Aubanel), un recueil de poèmes Pour qu’il advienne (Caractères, 2010) et un monologue La vie refusée (Ixcéa, 2012). Derniers titres parus : Lettre au poète, Cocteau à Milly la Foret (Belin, 2014), Les princes charmants n’existent pas (Nathan, 2014).

maiabrami

BAMP a pu lire ce roman en avant première au mois de janvier. Roman d’une jeune femme, qui travaille depuis plusieurs années sur le thème de l’infertilité, de la maternité et de l’enfant qui n’arrive pas, puisque son premier livre sur ce sujet date de 2007 « 9 Mois par moi« , puis en 2010 un recueil de poèmes « Pour qu’il advienne« . En 2012 « La vie refusée » et « Dans le ventre des femmes » exposition d’œuvres d’artistes internationaux et anthologie. Et enfin en 2015 « L’Inhabitée« . Elle travaille la matière créative, malaxant les mots, les images, les sons pour déjouer le vide de sa matrice procréative.

 

Le point de vue de Virginie : « Je ne connaissais pas Maïa Brami, elle écrit pourtant sur le thème de l’infertilité, depuis plusieurs années. Ces premiers écrits sur le sujet sont sortis en 2010, alors que j’étais moi même en plein marasme d’infertilité, vide, en colère, mais à l’époque je ne les ai pas trouvé. J’ai lu ce livre en une soirée, hypnotisée par l’écriture ciselée, par les mots portés à l’épure de leurs sens. Écriture glaciale et chaude à la fois, comme les émotions éprouvées sur les chemins infertiles, comme le sang qui indique, cycles après cycles que OUI, c’est mort encore pour cette fois-ci. Les mots de Maïa BRAMI viennent dire un peu de la folie qu’éprouvent les femmes perdues dans leur désir de maternité. Associer, dissocier, espérer, désespérer. Comment continuer à vivre, à créer quand l’utérus reste désespérément vide, tentative après tentative, cycles après cycles ? De l’émotion, des sensations, du vécu, voilà ce qui se trouve dans le livre de Maïa BRAMI.  Nous perdons notre langage, car comment dire, comment décrire, les douleurs, les absences, l’intensité des émotions ? Maïa Brami y arrive. Elle met en mot, la folie du vide, la froideur et la violence de l’acte médical, la poésie de l’amour qui persiste malgré tout « ça » ou qui resurgit là où on ne s’y attend plus, trop tournée que nous sommes à guetter dans les moindres gouttes de notre vie, un autre surgissement, celui de l’enfant au creux de la matrice. Une belle écriture pour parler d’une situation laide et détestable : l’infertilité qui dure des années« .

 

 

Nous avons posé quelques questions à Maïa BRAMI : BAMP : Est-ce que votre besoin d’écrire sur l’infertilité, sur le désir de parentalité, sur l’absence de l’enfant est corrélé à votre parcours d’assistance médicale à la procréation ? Ou cela a-t-il d’origines plus lointaines encore ?

Maïa BRAMI : Oui, c’est corrélé à mon parcours personnel de femme confrontée à son infertilité.

BAMP : Vos premiers romans ne parlent pas d’infertilité. Ils sont quand même tournés vers l’enfance, les passages de l’enfance vers l’adolescence.

Maïa BRAMI :  Vous avez raison, d’ailleurs beaucoup sont destinés à un public jeunesse — enfants ou adolescents.

BAMP : C’est à partir de 2010 avec votre recueil de poèmes « POUR QU’IL ADVIENNE » que vous commencez à parler de ce manque, de cette absence.

Maïa BRAMI : Oui, mais déjà, en 2006, j’ai publié avec la dessinatrice Karine Daisay un carnet de grossesse à remplir, « 9 mois par moi » aux éditions Aubanel. Au départ, je l’avais imaginé pour moi.
BAMP : Est-ce que ce travail d’écriture est une nécessité vitale, suite aux échecs des tentatives d’assistances médicales à la procréation ?

Maïa BRAMI : Ma survie en dépendait. Imaginez le tableau : une femme empêchée de devenir mère et un écrivain qui n’arrive plus à écrire. Que me restait-il ? Un sursaut vital, c’est sans doute lui qui m’a remise à l’écriture et à la vie. Je me suis dit : redeviens fertile dans ta tête, peut-être que ton corps suivra.

 

BAMP : Comment réussissez-vous à trouver assez de concentration pour fournir « l’effort » d’écriture dans ces moments qui doivent être très douloureux ?

Maïa BRAMI : Mon recueil de poèmes « Pour qu’il advienne » est arrivé alors que j’étais dans le silence depuis au moins un an et demi, incapable d’entendre quoi que ce soit dans ma tête, incapable d’écrire. Soudain, des poèmes ont surgi comme une évidence. Je n’avais jamais connu cette sensation et cela ne m’est plus arrivé depuis. « L’inhabitée » s’est écrit sur neuf mois — sans que je le fasse exprès —, puis il y a eu plusieurs années de réécriture. A l’origine, conçu comme une enquête dont j’étais l’objet, je voulais le faire tenir comme un fil jusqu’à ce que cet enfant advienne, m’y accrocher de façon magique, tel un cordon ombilical de mots. Mais, pendant que j’écrivais, au fil de ma vie, des examens qui rythmaient les jours, les médecins ont fini par trouver la cause de mon infertilité, ce qui m’a orienté vers la PMA et un certain soulagement s’est fait sentir — Non, je ne subissais aucun blocage psychologique et oui, il y avait des solutions. En parallèle, j’ai compris que le roman que j’écrivais n’avait pas pour but de faire advenir cet enfant, mais de me remettre moi, Maïa, à la vie, de renaître, de m’assumer femme dans mon infertilité. Ce roman m’a sauvée.
J’ajouterai que les cycles de FIV ne m’ont jamais permis d’écrire. Le bouleversement chimique lié aux injections d’hormones atteignent mon cerveau et inhibent ma capacité créatrice. Je ne peux plus me concentrer, synthétiser, je perds mon orthographe etc. Un vrai bonheur ! Sous cette influence chimique, j’ai toujours eu l’impression de devenir quelqu’un d’autre. Ça fait pas mal réfléchir d’ailleurs : on se dit que, l’air de rien, les hormones ont une incidence certaine sur l’équilibre mental et la personnalité.
BAMP : Avez-vous eu des réticences ou des inquiétudes par rapport à votre « carrière », en publiant ces « histoires d’infertilités » sous votre nom d’auteur Jeunesse ?
Maïa BRAMI : Absolument pas. Maïa Brami n’est pas mon nom d’auteur jeunesse, mais mon vrai nom. Je suis écrivain, j’écris tantôt pour les petits, tantôt pour les grands. Il n’y a pour moi aucune différence.
BAMP : Vous inscrivez-vous dans une démarche militante ? Écrire sur l’infertilité, en faire de la littérature pour contribuer au changement des considérations encore négatives de cet « état » qu’est l’infertilité ?
Maïa BRAMI : Ma première démarche, pour ce roman, était celle de la survie et en tant qu’écrivain, de réussir à dire au mieux la vérité et la détresse liées à l’infertilité, dire le corps, le couple, l’amour. Dans un coin de ma tête, il y avait aussi l’ambition de parler d’un problème qu’on n’aborde pas en littérature, d’éclairer ce phénomène de société. Mon monologue « La vie refusée », écrit après, est lui, clairement militant, en ce qu’il dénonce la façon dont on considère le corps de la femme en PMA et la toute puissance de certains médecins, qui jouent tout de même avec le feu en se prenant pour dieu. C’est un texte qui s’interroge sur la place des femmes dans la société, les limites de la PMA et se demande jusqu’où doit-on aller pour avoir un enfant ?

BAMP : Pensez-vous avoir fait le tour du sujet, créativement parlant ?

Maïa BRAMI : J’en doute. Mon écriture se nourrit de ma vie. Et puis, la femme, son corps, sa sensualité, sont au cœur de mes préoccupations artistiques.
Merci d’avoir répondu à nos questions

Vous pourrez retrouver une autre  interview sur le site 1001 Fécondités, avec l’interview de Maïa BRAMI, réalisée par Estelle. Pour aller plus loin, nous vous présentons les autres livres écrits par Maia Brami, sur le thème du ventre vide, de la douleur de l’absence de l’enfant. Une « œuvre » qui s’élabore touche par touche, autour de textes et d’une exposition d’œuvres (en 2012)  sur le thème de l’infertilité. « L’INHABITEE » est donc le 5ème livre de Maïa BRAMI sur ce sujet.

 

la vie refusée_
« Je suis retournée dans la salle d’attente, la grande. Elle était presque vide. L’horloge marquait 11h. J’avais soif. Je me suis dirigée vers la fontaine et j’ai bu au moins quatre verres d’eau glacée. Je voulais me vider vite et rentrer chez moi. La douleur a commencé. J’ai couru dehors et j’ai appelé l’homme de ma vie, celui duquel la même semaine, j’avais transporté le sperme dans un thermos prêté par l’hôpital, un thermos rempli d’azote liquide. Ce que je n’avais pas compris au début, c’est qu’il me faudrait dans la même journée, une fois finies mes ablutions matinales avec les infirmières, prendre deux bus, puis une ligne de métro entière pour arriver à la clinique parisienne où il avait émis sa précieuse semence, attendre qu’on me prépare les paillettes et refaire le chemin inverse pour arriver avant 16h30 à l’hôpital, 16h30 dernier délai pour ne pas me retrouver dehors, porte du pavillon fermée, le thermos sur les bras. Je me souviendrai de cette journée. De la tête du chauffeur de bus qui refusait de me laisser monter me prenant pour une terroriste, que j’ai dû supplier car il n’y avait aucun autre moyen de transport pour quitter la non-zone, où même les taxis se perdent. Je me suis assise au fond.  » extrait de La vie refusée, collection « A bout portant », édition de L’Ixcéa, septembre 2012.

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pour qu'il advienne_
Avec Pour qu’il advienne, Maïa Brami signe son premier recueil de poèmes. Il s’inscrit dans la nouvelle collection « Arts en résonance » — qu’elle dirige — des éditions Caractères, qui propose de mettre en écho mots, images et musique. Les dessins abstraits de son grand-père, le peintre Emanuel Proweller — publiés ici pour la première fois —, dialoguent avec ses mots de poète, et répondent aux notes de la partition de Sarah Nemtsov, compositrice berlinoise, qui a mis en musique cinq des textes du recueil. Derrière ce titre en forme de prière, il y a une femme qui se débat avec son désir contrarié d’enfants et qui tente de dompter la souffrance, en cherchant à lâcher prise : « à ne plus espérer… pour qu’il advienne ».
9 mois_
Un livre à écrire mois après mois, au fil de la grossesse. Ce carnet d’écriture tout de couleurs et d’or sera, pendant plus de 9 mois, le refuge magique et inspirant de celle qui vit l’expérience unique de porter un enfant. On trouvera à l’intérieur toute une série de petites surprises : de nombreux emplacements photo et 60 coins autocollants à positionner où l’on veut ; une mini-enveloppe à messages secrets à ouvrir plus tard pour l’enfant ; une languette permettant de choisir un prénom parmi une centaine de prénoms du monde ; un majestueux dépliant or pour la Naissance ; un petit carnet  » Symboles et divination « , ainsi que mille et un secrets de beauté et grigris…

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Couverture Dans le ventre des femmes
Dans le ventre des femmes, qu’y a-t-il ? De textes en images, dans ce livre choral, 57 écrivains et artistes du monde entier font ricocher le mot « utérus » sur les tabous et les clichés pour approcher le mystère de la création. Ouvrir un dialogue inédit entre des écrivains et des artistes, hommes et femmes, toutes générations et nationalités confondues, faire résonner voix, formes et couleurs autour d’un mot, UTERUS, d’où jaillissent un tas de notions fondamentales : origine, identité, création, féminité, maternité…

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Le site de Maia BRAMI La page facebook de Maia BRAMI Vous pourrez retrouver une autre  interview sur le site 1001 Fécondités, avec l’interview de Maïa BRAMI, réalisée par Estelle début février.

 L’Inhabitée sortie le 26 février

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