De père en FIV – William ROY

Voici une bande dessinée  sur un parcours
d’assistance médicale à la procréation,
raconté par un homme.
Sortie programmée le 19 juin 2014,
Vous pouvez déjà la trouver sur différents sites de vente en ligne.


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La semaine dernière nous avons posés quelques questions à William ROY, nous le remercions pour ces réponses.

Bamp : Pouvez-vous vous présenter ?

William ROY : Oui, j’ai 38 ans, je vis à Paris où j’exerce depuis près de 15 ans les métiers de monteur et réalisateur. Essentiellement des documentaires, mais aussi parfois quelques fictions.
Je suis marié et depuis bientôt 7 mois, papa d’un petit garçon.

 

Bamp : Cette BD est-elle 100 % autobiographique et/ou aussi un objet artistique constitué des expériences d’autres personnes ?

W. R. : On peut dire que c’est 100% autobiographique, puisque entièrement et exclusivement inspiré de l’expérience de notre couple. Bien sûr, pour les besoins de l’histoire, et pour préserver certains moments de notre vie, j’ai pris la liberté de romancer quelques scènes. Mais je me suis toujours scrupuleusement appuyé sur les différentes étapes de notre parcours.

 

Bamp : Qu’elle a été ou qu’elles ont été les motivations à la création de cette BD ? Témoignage brut ? Mise à distance d’une situation difficile ? Créer une chose positive dans un moment négatif ? Partage d’expérience sur un mode différent ?

W. R. : J’ai appris mon infertilité en novembre 2009, et ça a été un coup très rude. Heureusement ma femme m’a beaucoup porté dans cette épreuve, et nous avons choisi de rester positif tout au long du parcours qui nous attendait.
Moi, j’ai eu besoin, pour supporter tout ça, d’en faire un objet artistique. Mais il fallait que ce soit spontané, que je puisse immédiatement me libérer du poids que cela pouvait représenter certains jours.
Les films ne permettent pas cette spontanéité, car le processus est souvent long, et ils passent entre les mains de nombreux intervenants avant de voir le jour.
J’ai toujours dessiné, en dilettante, et je suis un grand amateur de bandes dessinées. J’ai donc décidé de coucher mes émotions, et notre expérience, sur papier. C’était au départ une sorte de journal de bord illustré, qui racontait, étape par étape, notre parcours médical, en choisissant l’humour et l’autodérision pour prendre de la distance par rapport au poids de la situation.

 

Bamp : Combien de temps de l’idée à l’objet ?

W. R. : J’ai d’abord envisagé de faire un blog à partir de ces dessins, pour partager notre expérience.
Puis, sur les conseils d’un ami, j’ai proposé quelques planches à des éditeurs.
J’ai été très vite contacté par la Boîte à Bulles, que ces quelques pages intéressaient, et je me suis lancé dans l’aventure avec eux en décembre 2012.
Mon rythme d’écriture s’est alors sérieusement accéléré.
J’ai fini de dessiner la dernière page en octobre 2013, et la bande dessinée sort le 19 juin 2014.

 

Bamp : Quand vous avez réalisé cette BD, pendant ou après votre parcours d’AMP ?

W. R. : J’ai commencé à dessiner quelques mois après l’annonce de mon infertilité, et j’ai fini 3 semaines avant la naissance de notre enfant.
Au départ, je m’accrochais scrupuleusement aux évènements, tout en prenant une certaine distance.
Puis pour les besoins de l’édition, et également pour me préserver d’une issue incertaine, j’ai décidé d’imaginer une fin, et de m’y tenir quoi qu’il arrive. Il s’avère qu’à peu de choses près, la réalité a rejoint la fiction !

 

Bamp : Est-ce que cette mise à nue de votre situation, de vos émotions et sentiments, vous a aidé dans le parcours d’amp ?

W. R. : Ca a été vital! Bien sûr, nous nous soutenions mutuellement avec ma femme, mais à certains moments, le couple est sérieusement mis à mal, usé par les échecs et l’attente.
Je suis de plus quelqu’un d’assez pudique, et j’ai eu beaucoup de mal à parler de ça à mon entourage.
La BD a été un vrai exutoire!… Et en plus, elle m’a obligé à me tenir sans cesse informé sur ce qui nous attendait. Je n’aurais peut-être pas été aussi curieux des différents processus de FIV, et de toutes les étapes, si je n’avais pas eu à le raconter à des gens qui potentiellement n’y connaissent rien, comme moi avant d’y être confronté.

 

Bamp : Est-ce que l’ensemble de la BD se passe du point de vue de l’homme ?

W. R. : C’était au départ mon intention, car j’avais quand même la sensation de me mettre à poil, et je ne voulais pas imposer ça à quelqu’un d’autre que moi. Et puis c’était alors l’histoire de l’infertilité masculine. Mais le parcours d’une FIV se vit à deux, et par la force des choses, cette BD est devenue l’histoire d’un couple. Le narrateur en reste l’homme, car c’était bien sûr le point de vue le plus facile à adopter pour moi, et également le regard le plus candide sur les évènements. Ma femme est dans le milieu médical, et le contact avec les différents intervenants a moins été un choc pour elle.

 

Bamp : Voulez-vous faire passer un message particulier dans cette BD ?

W. R. : Quand nous avons décidé de passer des examens et comprendre pourquoi nous n’arrivions pas à avoir d’enfant, une chose m’a frappée: on a fait passer tous les examens possibles à ma femme avant d’envisager que je puisse être la cause du problème.
Je me suis rendu compte qu’il y a encore un vrai tabou autour de la stérilité masculine, et qu’elle est assez peu évoquée, voire pas du tout, lorsqu’on parle de FIV et d’AMP.
Quand j’ai commencé à me renseigner sur mon problème, j’ai réalisé que j’étais loin d’être le seul dans ce cas, et que cette situation méritait bien un modeste témoignage.

 

Bamp : A qui s’adresse cette BD au plus grand nombre, aux couples infertiles ?

W. R. : Depuis tout à l’heure, je vous réponds sur un ton très sérieux, mais « De père en FIV » est quand même un bouquin plutôt marrant! J’ai essayé qu’il soit le plus drôle et ludique possible, et qu’il se lise comme un roman d’aventures, car j’aimerais qu’il sensibilise le plus grand nombre.
Bien sûr les couples infertiles vont probablement se retrouver dans notre expérience, (même si je pense que chaque cas est unique et que chaque couple vit la FIV à sa manière), mais je souhaite vraiment que tout le monde puisse s’identifier à cette histoire.
Je ne voulais surtout pas l’appesantir de détails trop techniques ou trop théoriques, et garder au maximum une sorte de candeur par rapport aux évènements.

 

Bamp : Pensez-vous que cette BD puisse servir de porte-parole des hommes infertiles, stériles ?

W. R. : Je n’aurai pas la prétention de penser ça, non. J’ai simplement voulu apporter ma contribution, car je trouve trop rare les œuvres qui évoquent le sujet. Mais j’espère vraiment que des dizaines d’autres histoires pourront exister. J’aime bien l’idée d’être l’une des pierres de l’édifice , plus que celle d’être le porte-parole de quelque chose.
J’ai d’ailleurs l’impression que la parole est en train de se libérer, et que cette problématique investit de plus en plus de fictions ou d’essais, dans toutes sortes de domaines artistiques. Et c’est bien.

 

Bamp : A qui pensiez-vous lors de la réalisation de cette BD, aux hommes dans la même situation ?A votre couple ? A vos futurs enfants ?

W. R. : La pensée qui ne m’a bien entendu jamais quitté, c’est celle de mon futur enfant.
Car en plus d’être l’histoire d’un couple confronté à la FIV, j’ai voulu que cette BD soit une réflexion plus vaste sur la paternité. C’est pour ça qu’il y a deux histoires mises en parallèle: celle de mon hypothétique paternité, et celle de ma relation compliquée avec mon propre père. C’est une vraie saga!

 

Bamp : Que vous apporte sur le plan personnel, la publication de votre BD ?

W. R. : Une réelle fierté!
Vous savez, ça n’est pas vraiment mon métier, et je ne sais pas encore si l’occasion d’écrire une autre BD se présentera. Alors là, quand j’ai reçu mon premier exemplaire imprimé, et que je l’ai tenu dans mes mains, ça m’a sacrément ému. Je l’ai fait! 4 ans de boulot, mais j’y suis arrivé !

 

Bamp : Quel parcours espérez-vous pour cette BD ?

W. R. : Bien sûr, qu’il soit lu par le plus grand nombre! Mais surtout que les gens y prennent du plaisir, se marrent bien, et le referment en se disant avoir appris deux-trois trucs.

 

Bamp : Allez-vous participer à des salons du livre et de la bande dessinée ? Si oui, lesquels ?

W. R. : J’aimerais beaucoup, et j’espère vraiment.
Ce qui est sûr, ce que je serai présent le 28 juin prochain au Festiv’ Nation, un festival de bande dessinée organisé à Paris.
Pour la suite, c’est encore un peu tôt: le BD ne sort que le 19 Juin.

 

Bamp : Est-ce que les couleurs que vous avez utilisées jouent un rôle essentiel dans la scénographie de l’histoire ? Les couleurs chaudes pour le passé joyeux et les verts-jaunatres pour le présent douloureux ?

W. R. : L’idée de départ était de détacher le couple du décor et des évènements en les laissant en noir et blanc dans un univers coloré.
Ensuite, effectivement, j’ai cherché une dominante de couleur selon les atmosphères: les scènes de famille et d’amis tirent plutôt sur les couleurs chaudes (rouge, orange, jaune,…), tandis que l’univers hospitalier va plutôt sur le bleu ou le vert. Et les teintes se refroidissent également à mesure que s’ajoutent les épreuves.

 

Bamp : Est-ce votre première BD ?

W. R. : Oui.
J’ai alimenté un blog pendant quelque temps avec des strips comiques, mais c’est ma première expérience sérieuse !

 

Bamp : Avez-vous d’autres projets artistiques sur le thème de l’infertilité ?

W. R. : J’ai d’autres projets de BD, mais sur des thèmes très différents.
J’ ai envisagé pendant un temps d’écrire un film sur le sujet. Je le ferai peut-être, mais pas tout de suite. J’ai besoin de me plonger dans quelque chose d’autre après 4 ans passés là-dessus.
Et puis je vais profiter de mon fils!

 

Pour vous donner un aperçu du travail de William ROY, vous pouvez aller sur le site de la maison d’édition, La boite à bulles  vous y trouverez quelques planches. Elles donnent envie de lire l’ensemble.

De plus Miss Our Infertility a fait un article très bien écrit (avec des planches tirées de la BD)  ainsi qu’une interview de WIlliam ROY que vous trouverez ici.

Également chez Lutine, un article qui parle du contenu de cette BD.

 

 

7 réflexions au sujet de « De père en FIV – William ROY »

  1. J’ai cédé à l’achat compulsif il y a quelques jours chez le revendeur installé dans la gare, j’ai dévoré quasiment le tout pendant le trajet.
    Fort heureusement, j’étais seul dans le comportement pour sécher pudiquement les larmes qui me montaient sur tant de passage me renvoyant à ma propre expérience.
    Si j’avais eu cette oeuvre entre les mains avant notre FIV, j’aurais peut-être été plus détendu et je me serais peut-être évité le burnout de fin de protocole.
    Quoi qu’il en soit un bouquin magnifique à mettre entre toutes les mains: celle des couples infertiles qui trouveront de quoi les rassurer et se sentir compris et celle des couples « normaux » pour les aider à comprendre ce que traversent certainement en silence nombre de leurs amis.

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  2. Commandé !
    j’ai lu les premières planches et je pense que ça va vraiment me plaire.
    je la ferai lire à mon mari car nous sommes dans le même cas : OATS mais sévère « seulement »…
    Je pense que ça lui fera du bien. Pas évident pour nos hommes d’avoir ce diagnostique et de se sentir souvent « impuissants » face aux traitements que l’on subit et ses nombreux effets…

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