Un biomarqueur pour améliorer les taux de réussite

L’équipe INSERM unité 1203 Inserm/Université de Montpellier, IRB – Hôpital Saint Eloi dirigée par le Professeur Samir Hamamah., cherche depuis des années à améliorer le taux de réussite des FIV en France. Lors d’une conversation que nous avions eu avec lui en 2014, il nous avait dit qu’il ne pouvait pas se contenter d’un taux de réussite de 20% par FIV, qu’il fallait que les couples ne soient plus dans l’accumulation d’échecs dans leur parcours d’AMP.

En septembre 2014, son équipe avait présenté l’embryon en 3D permettant de mieux voir les caractéristiques physiques d’un embryon pour pouvoir mieux choisir celui a réimplanter.

Lors des FFER 2014, Monsieur le professeur HAMAMAH avait présenté aussi son dispositif WIN-TEST qui permettait, via un prélèvement de l’endomètre de déterminer si l’utérus était apte à recevoir un embryon ou pas. Dans la négation, cela permet de vitrifier les ovocytes, pour les réimplanter sur un utérus moins inflammé, lors d’une prochaine tentative. Tout cela dans le but de réduire les échecs et d’augmenter les taux de réussite.

Aujourd’hui, ils proposent un nouvel « outil » de prédiction, via un biomarqueur sanguin ou via le liquide folliculaire. Ils annoncent un pronostic fiable à 88%. Nous pouvons dire que cette équipe travaille depuis des années à l’amélioration des taux de réussite des FIV en France, en proposant des outils censés améliorer les résultats des FIV.

Nous saluons ce nouvel outil en espérant qu’il puisse être réellement efficace. Si c’est le cas, nous souhaitons qu’il soit utilisé partout en France, pour offrir à tous les couples en parcours de FIV des taux de réussite plus élevés.

La semaine prochaine, lors de FFER auxquels Monsieur Samir Hamamah nous a invité, nous allons donc parler plus en détail de ce sujet et des deux autres outils cités plus  haut, pour voir si effectivement les taux de réussite des FIV à Montpellier connaissent une réduction des échecs et si d’autres équipes d’AMP en France sont susceptibles d’utiliser ces nouveaux outils.

Un nouveau biomarqueur pour prédire les chances de succès d’une FIV

14 septembre 2015

Un biomarqueur présent dans le sang et le liquide folliculaire permet de prédire les chances de succès d’une procréation médicalement assistée avec une fiabilité de 88%. Un résultat inédit qui ouvre la voie à un test de routine pour rationaliser les tentatives.

Un biomarqueur pourrait bientôt permettre de connaître les chances réelles de donner naissance à un enfant au moment d’une fécondation in vitro, à en croire les travaux conduit par une équipe Inserm* au CHU de Montpellier. Les chercheurs ont en effet découvert un marqueur biologique identifiable de manière très peu invasive, permettant de savoir si une FIV a de bonnes chances d’aboutir ou non. Le résultat de ce test semble fiable à 88%. Le Pr Samir Hamamah, responsable de ces travaux, l’utilise depuis 2011 : il a ainsi doublé les taux de naissances issus de procréation médicalement assistée dans son service.

A la recherche d’un marqueur biologique

Tout démarre vers 2009, quand le Pr Samir Hamamah ne peut plus se satisfaire des 20% de chances de conception à l’issue de chaque tentative de conception in vitro. « Ce taux est très insatisfaisant. En outre, des milliers d’embryons sont éliminés chaque année sur des critères morphologiques qui ne permettent pas de connaître leur viabilité réelle. Et impossible de rechercher les anomalies chromosomiques chez les embryons en routine, comme cela se fait dans les pays anglosaxons : cette pratique est interdite par la loi française. Il fallait donc partir sur autre chose et trouver un bon marqueur pour réduire le nombre de tentatives se soldant par des échecs et dont le prix est très élevé pour la collectivité », explique-t-il.

POUR LIRE LA suite de l’article c’est par ici sur le site de l’INSERM

21 réflexions au sujet de « Un biomarqueur pour améliorer les taux de réussite »

  1. Ce qui me dérange c’est qu’on dirait que tout repose sur Mme: les marqueurs c’est dans son sang et dans son liquide folliculaire. Or je suis en première ligne pour savoir que ça n’est pas du tout la règle. Et puis il faut pas oublier de réfléchir à ce qu’on fait de Mme à qui on dit « on ne vous prend pas car votre FIV a trop peu de chances de réussite »: l’orienter systématiquement en don d’ovocytes ne sera pas forcément moins cher pour la collectivité (sauf bien sûr si la collectivité ne paye pas).

    Trop souvent on oublie qu’une manière de réduire drastiquement les prix pour la collectivité est de faciliter le don de sperme: les médecins et les couples préfèrent trop souvent un don d’ovocyte à un don de sperme (p.ex dans les cas d’infertilité masculine ou inexpliquée), pour des raisons socio-culturelle qu’on devrait essayer de dépasser.

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    1. Ce qu’il dit, c’est que la qualité ovocytaire fluctue, et que du coup un mauvais résultat sanguin un mois ne veut pas dire stop, mais plutôt il vaut mieux faire la Fiv dans 2-3 mois, après avoir essayé d’améliorer la qualité des ovocytes via un traitement.
      De mon point de vue, ça ne signifie pas que tout se passe chez la femme, mais il faut bien travailler sur les deux aspects, et là en l’occurrence c’est côté femme. D’ailleurs, je me trompe peut-être, mais l’ICSI permet déjà de répondre à beaucoup de soucis masculins, alors que les soucis côté féminin sont moins évidents à diagnostiquer (hors AMH qui je pense a ses limites, et hors problèmes de trompes bien sûr, qui sont souvent « simples » à gérer).
      En tout cas, perso je suis en infertilité inexpliquée, avec un très bon taux d’AMH, et j’aimerais bien être suivie par le Pr Hamamah!

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      1. Ce win-test ne pourra non plus éviter les ovocytes immatures (j’avais tendance à produire des ovocytes immatures ce qui réduisait le nombre de fécondation ICSI et la « rentabilité » et donc l’efficacité de la FIV forcément). Dans notre cas, l’infertilité étant masculine, après les ovocytes immatures, on se coltinait les embryons qui ne se développer plus au delà de J3 et c’était essentiellement dû à des facteurs d’ordre masculins…

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      1. Si réellement ils arrivent à déterminer quels ovocytes parmi ceux ponctionnés ont la meilleure chance de se développer, ou alors déterminer le cycle le plus favorable pour la Fiv en termes de qualité ovocytaire, alors oui ça devrait sacrément augmenter les taux de réussite! (ça me donne envie de déménager à Montpellier ça tiens! )

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  2. ça fait rêver… Mais je me demande comment ils font pour déterminer les chances d’aboutir quand parfois le problème vient de l’endomètre lui-même qui ne peut accueillir des embryons. Pour ma part j’ai eu la chance par la FIVDO d’avoir les plus beaux embryons mais sans succès d’implantation avec l’endométriose

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  3. je voulais juste encourager le professeur Hamamah et son équipe … toutes les recherches et avancées sont bonnes … (et c’est grâce à eux que j’ai une petite famille !).

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  4. Je pense que tout reste à faire en France dans le domaine de la recherche…
    Nous sommes tous et toutes des cas différents… nous ne pouvons nous comparer les uns les autres…
    La France ne met pas les moyens pour améliorer les résultats de l’AMP ; il y a encore trop d’inconnus quant aux échecs d’implantations.

    Cette équipe à le mérite depuis des années à faire des recherches et améliorer les taux de réussite…
    Il y en a trop peu en France.. Saluons leur travail.

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  5. Petits rappels sur le fonctionnement de la recherche en France :
    Les chercheurs travaillent sur un sujet et pas sur 36 en mêmes temps. Ils reçoivent des financements au compte goutte, quand ils en reçoivent et pour un sujet précis. Chercher et trouver prend du temps.

    L’équipe Inserm dirigé par le professeur HAmamah, travail sur les biomarqueurs, avec un financement reçu d’un labo pharmaceutique privé. D’autres équipes travaillent sur d’autres aspects, comme les facteurs masculins.

    En tout état de cause, cette équipe cherche depuis de nombreuses années sur des sujets qui tournent autour des facteurs féminins. De plus ils communiquer sur leurs recherches, ce que sont loin de faire les autres équipes, beaucoup doivent faire des études sur les animaux (ovocytes de lapin, lignés de lapin, embryons de lapins, etc) car les études avec du matériel génétique humain est interdit.

    L’équipe de Montpellier, travail directement sur l’endomètre de la femme (WIN-test), qui est un prélèvement endométrial quelques heures avant un transfert pour voir si l’endomètre n’est pas trop inflammatoire et donc réceptif pour un embryon. Cette nouvelle proposition thérapeutique via la recherche de l’ADN libre, s’occupe certes de l’aspect féminin (stress ovocytaire) car c’est le coeur de leur recherche ce pourquoi ils ont reçu un financement.

    L’objectif étant d’améliorer les outils à la dispositions des équipes, pour améliorer dan s le réel les taux de réussite des FIV qui se situent en moyen en France autour de 20% par tentatives, ce qui est vraiment très peu. Offrir différents dispositifs pour répondre aux différentes infertilités, est l’objectif premier. Ensuite les équipes doivent pouvoir en fonction du profil médical du couple proposer les outils d’analyse et thérapeutiques les plus adaptés à la situation.

    Pour rappel, le WIN-test se réalise à Montpellier, mais toutes les équipes d’AMP de France peuvent réaliser le prélèvement endométrial, l’envoyer à Montpellier, qui donne un résultat. Le tarif de cet acte est d’environ 400 euros. Qui s’est vu proposé ce genre de chose ?

    C’est comme la proposition Matrice lab, qui n’est pas une fin en soi, mais qui peut apporter des explications à des taux d’échec important, il faut souvent en parler soit même à l’équipe qui nous accompagne pour pouvoir en bénéficier et certaines équipes pensent que cela ne sert à rien……Il y a encore un sacré boulot à faire pour faire évoluer la manière de faire en AMP en France.

    Il nous semble donc important de valoriser et soutenir les équipes qui cherchent à comprendre « comment ça marche », puis à proposer des alternatives thérapeutiques certes limitées à un facteur féminin ou masculin, (ovocyte, endomètre, spermatogénèse, milieu de culture, et), que toutes les équipes d’AMP devraient pouvoir reprendre à leur compte, pour proposer un protocole de soin vraiment adapté au profil médical du couple.

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  6. A la lecture de tout ça, je m’interroge… J’ai fait 4 FIV à Montpellier au CHRU, entre 2011 et 2013. 4 FIV, 4 transferts et à la clé deux grossesses biochimiques et rien de plus…

    On ne m’a jamais proposé cette ponction de liquide folliculaire pour rechercher ces fameux marqueurs, et la première fois qu’on m’a proposé le win test, et bien c’est à Paris !!! (Après les 3 ans de PMA à Montpellier, je précise…)

    Alors au risque de jeter un pavé dans la mare, je crois qu’il ne faut pas idéaliser le suivi à Montpellier. En tout cas quand je lis toutes ces recherches et avancées et que je vois que sur place jamais cela ne m’a été proposé et qu’on s’est contenté de me dire « ah ben ça a pas marché, peut être que vous devriez passer au don d’ovocytes, mais on est pas sûrs », je suis vraiment déçue…

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    1. Bonjour Marie

      Il y a toujours du Pour et du Contre, c’est important que cela puisse s’exprimer. Moi aussi à la lecture de ton mail, je m’interroge. Le Win-test a été présenté en 2014 lors des FFER. Pour ce qui est du biomarqueur de l’adn libre dans le liquide folliculaire, l’annonce date de début septembre 2015. Je pense qu’ils ont commencé à travailler sur ces sujets dans les année précédentes. Donc je m’interroge sur le fait que tu n’en ai pas entendu parler. Pour le win-test ils avaient expliqué qu’ils avaient constitué 2 groupes de patientes. Un groupe ok pour expérimenter et un groupe témoin.
      Mais je vais demander à Monsieur HAMAMAH lorsque je vais le voir pendant FFER, des précisions sur le point que tu mets en avant.

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      1. Bonjour
        Avez vous obtenu un positif avec le win test ? Vous avez été prise facilement par un centre sur Paris ? Quel centre pratique le win test?
        Moi je suis sur Caen et il ne le font pas. Ils m’ont juste proposé le diagnostic de réceptivité utérine (matricelab) au bout du 6eme échec. J’aurai des cellules utérines Nk pas matures au moment de la phase se réceptivité donc ils m’ont prescrit des piqûres d’hcg à j4, j7 et j9 après transfert. ..mais les deux derniers transferts avec ce traitement se sont soldés encore par des échecs et plus d’embryons congelés, et 43 ans passés. ..solution don d’ovocytes, adoption, vivre sans enfants. ..et je viens de voir que passé 43 ans on pourrait quand même tenté une autre ponction en totalité à notre charge…avant de me lancer dans un nouvel espoir et redonner espoir à mon conjoint j’essaye de voir tout ce qui existe et vers qui m’orienter pour étudier mon dossier

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  7. Bonjour,
    Ces recherches ont-elles abouti ? Le professeur obtient -il de meilleurs résultats ?
    Je me pose plein de questions, il y a tellement de tests à gauche, à droite mais non proposés par tous les centres de pma. Les recherches sur ce biomarqueur, le win test, le diagnostic de réceptivité utérine par MatriceLab. ..Pour une personne ignorante comme moi tout semble identique…
    Nous avons fait nos 4 ponctions avec transfert + 4 TEC et un total de 14 embryons transférés pour aboutir à des échecs à chaque fois , aucune nidation. J’étais partie dans l’idée que passé 43 ans plus aucune ponction n’était possible même en les payant. ..mais il semblerait que l’âge de 43 ans soit uniquement l’âge limite pour la prise en charge…
    Notre cas était présenté comme simple juste mes trompes abîmées suite à une péritonite à 24 ans. ..chez monsieur tout est ok, et ma réserve ovocytaire semblait bonne et nos embryons (en méthode icsi) étaient de bonne qualité selon le labo…

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