Quand la télé parle…. mal du don de sperme

Le don de sperme, un sujet qui comme le don d’ovocyte, ou le don d’embryon, pose des questions pour les donneurs/donneuse, pour les personnes qui doivent passer par cette étape pour espérer avoir une famille, pour les enfants nés grâce à un don de gamètes. Ce sujet mérite que l’on lui consacre du temps, de la réflexion.
La semaine dernière, BAMP a été interpellé par une adhérente, qui a regardé le reportage consacré au don de sperme dans le magazine Envoyé Spécial. Diffusion jeudi 16 juin 2016, le magazine s’ouvre sur ce sujet. Si vous voulez regarder c’est par là https://www.youtube.com/watch?v=cwQHPIKCwMo
« Hier soir je tombe par hasard sur le début de l’émission « envoyé spécial  » sur france 2, je vois dans le sommaire un reportage sur le don de gamètes, je me dis intéressant, je vais regarder.
Au début de ce reportage la mise en scène d’une fiction qui se déroule en 2060, le scénario : les gamètes se font rare et on y voit un donneur qui fait un énième don de gamètes (1000 ème peut-être je ne me souviens plus du chiffre).
En fait ce reportage parle surtout du business autour du don de gamètes ce qui n’est pas le cas en France.
Le ton est donné plein d’ironie, je ne dois pas avoir d’humour, Frigide Bargeot aurait-elle participé à l’élaboration de ce reportage ?
On parle du CECOS de Lille, on y suit entre autre un donneur de sperme que l’on qualifie de termes comme « champion »etc…
Bref tout ça pour dire qu’à part le cecos de Lille et la petite phrase de la fin qui parle du manque de donneurs en France et bien on dirai que c’est presque un caprice de bénéficier d’un don (certes ce n’est pas le sujet du reportage).
De mon humble point de vue ça ne va pas faire avancer l’opinion et les confusions en tout genre que font déjà énormément de personnes sur le don.
Et ça ne va pas favoriser non plus l’augmentation du nombre de dons.
Merci l’équipe d’envoyé spécial de france 2.
Une femme ayant bénéficier d’un don suite à la stérilité de son mari.
Une femme pas objective sans doute puisque très marquée par son histoire personnelle.
Une femme en colère quand même !!! »
Je suis donc allée regarder le replay. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vu un reportage traitant d’infertilité sous un angle aussi « négatif ». Cet article est donc en quelque sorte un droit de réponse, dans lequel nous allons expliquer nos arguments sur la mauvaise qualité de ce reportage.
Ça commence déjà avec le titre :  « l’étonnant commerce du sperme ». Ok, oui dans certains pays, les gamètes se vendent et s’achètent, et cela depuis des décennies, mais en France le don est anonyme et GRATUIT. Effectivement en France beaucoup de couples se rendent à l’étranger. Les délais d’attente très longs en France (entre 2 et 5 ans) et les conditions du don en France, font que certains décident de passer le pas hors de nos frontières. Certains couples le font par choix, d’autres par contraintes, d’autres encore font le choix de ne pas aller à l’étranger et d’attendre en France. Donc voyons voir ce qu’en disent les journalistes.
Et là on tombe de Charybde en Scylla et l’on se dit, pourquoi avoir traité ce sujet sous cet angle ? Avec l’utilisation de ces propos « humiliants », « goguenards », ironiques. En mélangeant allégrement la fiction, les exemples étrangers, de façon dominante avec quelques minutes sur un couple en attente et un donneur au Cecos de Lille (ils doivent être contents au Cecos de Lille, de se trouver au milieu de ce reportage, à charge [de notre point de vue] sur le don de sperme), on peut dire que le reportage cherche sa cohérence. Elle se trouve finalement dans la prédominances des exemples étrangers, qui mettent à jour les dérives d’une pratique : la vente et l’achat du sperme au niveau mondial.
De notre point de vue, Franco-Français on peut s’interroger sur le pourquoi et le pourquoi faire de ce reportage ? Au moment où l’agence de biomédecine relance une campagne d’information sur le don de gamètes en France. Il nous semble que ce type de reportage vient brouiller le message hexagonal. Il vient aussi et surtout, agresser, violenter les couples infertiles qui s’interrogent sur le recours au don de sperme, où qui s’y sont engagés, les hommes (donneurs et receveurs dans le même panier, car finalement le message est : ce n’est vraiment pas bien ce que vous faite et comment vous le faite) et les enfants nés grâce à un don. Il vient aussi donner une image erronée, au grand public français, qui n’y connait rien à tout ça et qui peut donc prendre au pied de la lettre, ce qui est dit à la télévision ! Mélangeant allégrement les situations étrangères avec ce qui se pratique en France, ce reportage joue non pas sur l’information, mais sur le sensationnalisme.
Détaillons un peu nos arguments à charge sur ce reportage :
– « Aujourd’hui« , « ce marché naissant« , « ce nouveau marché« ……..euh, non depuis des décennies les gamètes se vendent et s’achètent, d’ailleurs cela est aussi dit dans le reportage, une des entreprises citée existe depuis 1977. En France, le don de gamète n’est pas un marché, car la pratique est strictement encadrée par les lois de bioéthique. Sauf si vous sortez volontairement du cadre des lois de bioéthique (choix personnel d’aller à l’étranger, réduire les délais d’attente), où si vous ne pouvez pas y avoir accès (femmes célibataires et couples de femmes) ou si vous ne pouvez plus en bénéficier (couples hétéro sortis des parcours d’AMP français).
– Le sujet fiction qui ouvre le reportage sur un « super donneur, meilleur donneur de France avec 1000 enfants à son actif« , à quoi sert d’utiliser cet angle fictionnel ? A faire peur ? Peut-être, mais en tout cas il peut inquiéter voir affoler, ceux qui ne connaissent rien à l’infertilité, la stérilité et son traitement en France. Car on s’y croirait. Le ton est donné, on le retrouvera dans tout le reportage : dédain vis à vis des donneurs qui se font payer pour ça, sans vraiment trop réfléchir à leurs actes. Mais aussi vis à vis des personnes (couples, femmes) qui font gonfler ce marché via leurs demandes exponentielles de sperme. Le pire est à venir, car cela va s’aggraver à l’avenir, la télévision vous le dit.
– Le reportage s’ouvre sur un couple français qui attend un don de sperme en France. Ok, donc on va parler du don en France…… Mais finalement, non, un couple en attente, un donneur et hop, le reportage enchaine sur les exemples étrangers. Mélanger les situations étrangères et la situation française, vient il nous semble brouiller le message. De plus, le reportage ne fait pas de distinction entre les couples hétérosexuels, les femmes célibataires, les couples de femmes, qui sont dans des configuration d’accès à une Assistance Médicale à la Procréation en France, très différentes. Cela créée des situations sanitaires, financières, juridiques très variables sur lesquelles, il faudrait vraiment que la France se penche.
– Les termes utilisées pour parler des donneurs de sperme « accueilli comme le messie« , « compétiteur« , « l’écurie des donneurs« , « ce champion« , « prince charmant« , nous semble soient ironiques, voir dégradants. Donc un homme stérile, vous le décririez comment mesdames les journalistes, comme un looseur, un crapaud baveux ? Bon à reformer sur l’échelle de la compétition masculine ?
– Les exemples très fouillés sur les pratiques relatives aux banques de sperme à l’étranger, « pour éviter d’attendre. Je paie 1000 euros…….. » Exemples Danois, Américain, présentations des entreprises qui récoltent et vendent dans le monde entier. Présentation aussi des « affaires » difficiles vécues par les couples receveurs, vis à vis des entreprises de ventes de sperme, vis à vis des donneurs. Pas de législation en Amérique, business is business. Ok cela fait partie de la réalité, nous n’avons pas encore trouvé le moyen de n’avoir que des bons côtés à nos actes, mais là franchement, nous pensions que si vous vouliez dégouter des potentiels donneurs, et des couples receveurs d’avoir recours à don, vous ne vous pourriez pas vous y prendre mieux.
– L’ode délirante à Ed Houbben, un hollandais (dont dont son histoire à déjà été mainte et mainte fois racontée 2013), qui se targue d’avoir plus de 120 enfants, via des dons directs par relations sexuelle. Mais comment peut-on encore faire des reportages sur cet homme ? Humiliation pour lui, que l’on décrit comme un homme ayant vécu sa première relation sexuelle à 34 ans,qui aime les femmes qui mettent des bottes pour faire l’amour avec lui, humiliation pour les femmes ayant des enfants avec lui et les enfants……. D’ailleurs tous les médias sur le net reprennent à l’envie ce seul aspect du reportage : « l’avantage charnel du don de sperme…... ». Comme quoi, le sensationnel est toujours et encore ce qui fait le plus parler. Vraiment dommage et encore une fois, merci pour l’image très négative donnée au don de sperme. Mais dans ce cas là, faut-il encore parler d’un don de sperme ? Qui manipule qui dans cette histoire ? Les femmes qui ont trouvé la « bonne poire », le « tombeur de ces dames » fournissant gratuitement ce qu’elles espèrent tant ? Ou lui qui se voit régulièrement à la télévision pour une bonne séance de publicité gratuite. En France, nous avons aussi des hommes du même acabit, ce que nous trouvons plutôt inquiétant et qui décrédibilisent le don altruiste.
– Le reportage se termine (40 secondes)  sur les chercheurs Lyonnais qui ont créé des spermatozoïdes in vitro. On revient à la fiction du début, science fiction…. ? C’est tellement court que l’on ne saura pas qu’elle était l’intention des journalistes. Mais pour rappel, les chercheures Lyonnais, ou Chinois en sont au stade expérimental et avant que cela puisse se réaliser en France, de l’eau va couler sur les ponts.
– En plateau, la journaliste parle (rapidement là aussi) de la dernière campagne de l’Agence de biomédecine sur le don de sperme. Disant que la France manque de donneurs………………mais avec un tel reportage, nous ne pensons pas que les donneurs vont se précipiter dans les différents Cecos de France. C’est vraiment dommage, car ce sujet : le don de sperme, sous tous ses aspects mériterait qu’on puisse en parler d’une façon différente de ce qui est proposé dans ce reportage. Car là, le traitement de ce sujet et la violence (sans doute pas volontaire) des propos, vis à vis des hommes stériles, des donneurs, des couples, des femmes ayant eu recours, où s’interrogeant sur le don de sperme, ainsi que vis à vis des enfants nés grâce à un don de sperme est assez choquante.
Il nous semble que les thèmes abordés, qui posent des questions intéressantes, auraient vraiment pu être traités autrement. Ce sont d’ailleurs des thèmes que notre association souhaite mettre au cœur d’une réflexion collective  :
  • La baisse inquiétante de la fertilité humaine (causes et conséquences). Avant de faire culpabiliser les gens sur le recours à un don, idem pour le donneurs, pourquoi ne pas interroger les causes de cette baisse de la qualité et de la quantité de spermatozoïdes chez les hommes ?
  • Les aspects psychologiques et sociaux du recours au don de gamètes (pour les donneurs/donneuses, les couples, les enfants). Avoir recours à un don de gamètes n’est jamais une démarche que l’on fait à la légère, sans réflexion, sans s’interroger sur ce que cela va engager pour les enfants à naitre, pour soi dans la famille, dans la société. D’ailleurs certaines personnes y renoncent.
  • Le cadre juridique et éthique français, l’organisation médicale du don en France. Oui la France manque de donneurs et de donneuses, mais ce n’est pas ce genre de reportage qui va permettre de faire évoluer positivement cette situation. Oui ce sujet mérite réflexions, positionnement éthique, modifications de certains aspects. Par contre, le cadre juridique français à le mérite d’exister et de protéger les donneurs, les receveurs et les enfants nés grâce à un don.
  • La question de l’anonymat ou pas du don de gamètes. Qui est un autre aspect essentiel des questions psychologiques et sociales soulevées par le don de gamètes en France.
  • L’internationalisation des échanges humains, qui fait que les gens s’informent, voyagent, sont libres de faire ce qu’ils souhaitent.
  • La marchandisation d’éléments du corps humain : la loi du marché, tout peut-il être acheté et vendu ?
  • Les dérives, réelles, liées à la situation française (manque de donneurs, délais d’attente, exclusion des certaines personnes de l’accès à l’AMP en France), qui fait se développer des pratiques parallèles et à notre avis risquées, du don de sperme. En effet, nous avons déjà alerté sur certains sites internets qui proposent des dons moyennant relations sexuelles, ou qui proposent la vente du don de sperme. Ces dons se réalisent hors du cadre médical protecteur, soumis à la loi du marché, profitant du désarroi profond dans lequel se trouvent les couples, les femmes en désirent d’enfant.
 Voilà ce que ce reportage nous a inspiré : mélange des genres, traitement particulier d’un sujet qui mériterait pourtant que l’on en parler sérieusement, culpabilité, violence, humiliation pour les couples ayant recours à un don de sperme, idem pour les donneurs et sans parler des enfants nés grâce à un don de sperme. Mais nous ne sommes peut-être pas vraiment objectives, dites nous ce que vous en pensez.

13 réflexions au sujet de « Quand la télé parle…. mal du don de sperme »

  1. Bonjour,
    Tout comme la première réactionnaire à ce reportage je suis aussi une bénéficiaire du don de sperme heureuse car enceinte de 6 mois grâce à ce don généreux et fabuleux après 8 ans de pma. J’ai aussi croisé ce « reportage  » qui m’a en plus de déçue, mise en colère contre le sentiment qu’ il en ressort et qui n’a pourtant rien à voir avec la réalité française et donc sans grand intérêt si ce n’est comme vous le dite, perdre le message et gagner en confusion.
    Rien qu’ en France il y a des disparités:si à Lille c’est 2 ans d’attente, à Bordeaux je n’en ai eu qu’ 1 et même moins d’un an à Toulouse…
    Le minimum aurait été de parler du contenu de la loi de bioéthique: l’aspect STRICTEMENT anonyme où l’on nous fait passer au tribunal pour casser tout lien avec le donneur, toutes les analyses et la rigueur médicale qui sont prises pour chaque don et donneur … bref tout l’inverse des contrexemples de l’étranger avec des enfants qui recherchent leur géniteur ou les problèmes de maladies génétiques. Un minimum de mots auraient dus être employés à l’évolution toute fraîche de cette loi comme la possibilité du don alors que l’on n’a pas d’enfant. Si cela avait été le cas ne serait ce qu’ 1 an plus tôt j’aurais eu la fierté de faire alimenter le CECOS de 3 dons potentiels féminin et masculin.
    Et pour finir, le don de gamète ne s’arrête pas au don de sperme mais il y a aussi le don d’ovocytes.
    Le seul point positif que j’en ressort avec tout le recul que je peux en avoir, es qu’avec tous ces exemples qui font peur des situations étrangères nous avons de la chance de vivre dans un pays qui a su se poser les bonnes questions pour contourner les obstacles tout en protégeant donneurs, enfants et receveurs.
    Bon courage à tous et surtout ne lachez rien!

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  2. Je viens de regarder ce reportage.
    C’est juste hallucinant… Tout est mélangé… Je ne sais même pas quoi dire tellement c’est écœurant. Je suppose que les journalistes bien pensants qui ont pondu ce truc n’ont jamais mis les pieds dans un service de PMA et ne se sont jamais mis dans la peau de nous autres couples infertiles qui avons connu tous ces examens plus ou moins invasifs, passages au bloc, attente, échecs mais heureusement parfois le bonheur d’un résultat positif.
    Les donneurs ou donneuses, du moins en France, savent je pense faire la différence entre faire don de ses gamètes et non pas don d’enfants…
    Et que dire de cette fiction en 2060 ???
    C’est à pleurer tellement c’est débile.
    Voilà pour mon coup de gueule.
    Pour terminer sur une note positive, merci à BAMP pour tout votre travail, votre implication, et toutes les vraies informations que vous nous relayez… Continuez comme ça !
    😊💕

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  3. Merci pour cet article. J’ai également vu ce reportage et nous qui passons par le don de sperme, ça nous a fait réagir. Le sujet a vraiment mal été interprété et c’est bien dommage pour tous les couples concernés par le don.

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  4. Avez-vous pu faire un droit de réponse directement à Envoyé Spécial?
    Il me semble que c’est assez symptomatique du traitement journalistique de certaines « professionnels » : pas d’enquête approfondie ni fondée sur des recherches. Ils piochent ici où là des images diffusés dans d’autres pays et les montent ensemble ensuite. Pas d’investigation. C’est dommage pour Envoyé Spécial qui se targue de traiter des sujets avec plus de temps que dans un JT mais vraiment regrettable pour la campagne pour le don de l’ABM…

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  5. J’ai été assez choquée aussi par le traitement plus que léger du sujet assimilant les couples infertiles et les donneurs à des consommateurs. Le service public ne s’honore pas avec ce type de reportage putassier qui tire cette vraie question de société vers le bas.

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  6. Que dire ? Reportage assez affligeant, digne des émissions « à sensations » … Ils n’ont exploré que la voie du business, du sexe facile reléguant toutes les vraies questions ( éthique, réflexions des familles, conditions légales françaises, nouvelle loi, vécu des enfants issus du don ) bien plus intéressantes … Pas digne de cette émission que je croyais plus sérieuse
    Merci BAMP , leur avez-vous transmis votre article ?

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    1. J avais regarde le reportage car je m etais dit que pour une fois qu on parle d infertilite, de sterilite a une heure de grande ecoute, je m etais dit yes on ecoute les personnes en pma. Bon apres l avoir vu, il y a des choses a redire mais je trouve que le point positif c est que ca montrait que les banques de sperme avaient des donneurs car remuneres et que la France peinait a en avoir car le don est gratuit. Je pense que ca souleve cet aspect la encore plus vrai pour les ovocytes. Actuellement les femmes enceintes qui fument se voient proposer des bons d achat pour les inciter a arreter. Pourquoi ne pas s inspirer de ca pour attirer les donneurs? On trouvera toujours des gens genereux pour donner mais je pense qu il faut un coup de pouce.

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  7. Tout est relatif : si on évalue le reportage à l’aune de la PMA IAD actuelle en France, il s’agit d’une daube. En revanche,si on l’évalue à l’aune de ce qui se prépare avec les PMA et GPA pour tous, il s’agit d’une façon assez habile d’alerter les consciences. Le fait que notre pays soit un cas très isolé avec sa PMA IAD conçue autour de la stérilité masculine, doit faire prendre conscience que par le biais de l’europe ou des accords commerciaux, il risque fort d’en être autrement demain : dès lors que l’infertilité de Mr X ne pourra être traitée, la suite ne sera plus du ressort de la médecine mais des circuits commerciaux de gamètes (cf la logique qui prévaut au canada) et tout porte à croire que les couples infertiles ne pèseront pas lourd sur ce marché (de 15% à 30%) structuré autour du désir idéalisé de l’enfant. Par exemple, l’anonymat du donneur trouve sa raison d’être dans le préservation du père receveur dans les épreuves que sa stérilité lui fait traverser; dès lors qu’il n’y a plus de père receveur, les récipiendaires (femmes célibataires ou couples de femmes), souhaitant le meilleur pour leur enfant, pousseront à la levée de l’anonymat. L’étape suivante sera la sélection de plus en plus drastique des caractéristiques des donneurs, avec in fine la culpabilisation des parents qui ne se seraient pas astreints à la recherche du donneur/enfant parfait. Il ne me semble pas fabuler : ces comportements sont déjà observables dans les pays les plus libéraux.

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  8. Mon épouse et moi sommes tombés par hasard sur ce reportage.
    Nous faisons partie de ces heureux parents qui à un moment de leur histoire ont fait le choix de donner pour que des couples puissent mener à bien leurs projets de familles. Nous avons fait un don de sperme dans un CECOS au cours de ces 5 dernières années.
    Comme la majorité d’entrevous nous avons trouvé que ce reportage était très caricatural et que les auteurs de cette enquêtes utilisaient de nombreux raccourcis donnant une image bien loin de la réalité du problème de l’infertilité. En aucun cas, nous ne serions accepter le fait d’être comparé à « un champion » quand bien même ce commentaire nous a bien fait rire.
    Nous regrettons que les journalistes n’aient pas consacré plus de temps au système du don en France. Pour autant faut-il le réduire à un reportage de seconde zone ? Nous n’en sommes pas convaincus. Le système de don à la Français fait figure d’exception dans le monde entier, hors celui-ci connait aujourd’hui des difficultés à commencer par une raréfaction des donneurs. (l’année où nous avons fait ce don on compte 2 donneurs dans le cecos où nous nous sommes rendus). Si rien n’est fait, devant un nombre toujours plus importants de couples en attente que va devenir notre système de solidarité ? N’y a t-il pas un risque à voir arriver en France des pratiques commerciales de pays d’Europe du Nord ou d’Amérique du Nord ? C’est pourquoi nous pensons que ce reportage à au moins un mérite, celui de nous alerter afin de faire en sorte de mettre tout en œuvre pour que les générations futures à commencer par celles de nos enfants puissent bénéficier de services tels que les CECOS sans notion d’argent et de profit.

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  9. Des propos me font réagir ici (“Pas de législation en Amérique, business is business.” / “des pratiques commerciales (…) d’Amérique du Nord”). Faites attention de ne pas généraliser la pratique du don de sperme rémunéré à l’ensemble de l’Amérique… 😉 Au Canada, la loi interdit d’être rémunéré pour un don de sperme (voir notamment le site de Santé Canada, lequel donne un lien vers la Loi de la procréation assistée: http://canadiensensante.gc.ca/healthy-living-vie-saine/pregnancy-grossesse/donations-don/become-devenir-fra.php).

    Cela peut être un peu blessant de lire des propos qui sous-entendent que « en France, c’est bien mieux »…. 😦

    Allez, sans rancune. 🙂

    D’une Québécoise (aussi Française!)

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